100 000 bouteilles d’eau préréservées et des questions autour de la gestion de la ressource


« Si des villes plus importantes devaient être concernées, nous ne pourrions pas ravitailler à nouveau », signale l’élu communautaire chargé de l’eau, Emmanuel Alzuri. « Cette précommande est en fait un engagement de mise à disposition des bouteilles sous 24 heures, au cas où », précise de son côté le directeur du service eau et assainissement de l’Agglomération, Thierry Patouille.Reste à savoir si ces bouteilles seront un jour distribuées. « Ce ne serait pas bon signe, mais à ce jour, tout va bien mieux. Après cette séquence pluvieuse, le débit de la Nivelle est passé de 0,60 litre d’eau par seconde au double, décrit Thierry Patouille. Par chance, les gros abats ne sont pas intervenus les premiers, si bien que l’eau a rejoint les sols sans ruisseler. » Rappelons tout de même que la consommation d’eau (arrosage des jardins, nettoyage des véhicules, remplissage des piscines) reste réduite. Bien que cette restriction soit passée du niveau « crise » au niveau « alerte », à la fin du mois de septembre, elle demeure activée dans 95 communes du Pays basque.

« Mieux vaut prévoir »

« Je comprends tout à fait la décision d’Agur, reprend Emmanuel Alzuri. Bien sûr, il faut se montrer réaliste  : 100 000 bouteilles, c’est vite consommé. Cela ne peut répondre qu’à un problème très ponctuel, dans le cas d’un scénario catastrophe. Mais mieux vaut prévoir. » Olivier Briard ne l’ignore pas. Représentant de l’Association agréée de pêche et de protection des milieux aquatiques (AAPPMA) Nivelle Côte basque, il n’a donc rien à redire à l’achat préventif de bouteilles d’eau… Si ce n’est qu’il voit dans cette mesure extrême une preuve que l’enjeu de la gestion de l’eau n’est pas suffisamment pris en compte par l’Agglomération.Le président gestionnaire des bassins-versants de la Nivelle, de l’Untxin et de l’Uhabia, y pêche une occasion de déplorer à nouveau que les « vigies des AAPPMA » ne soient pas davantage associées aux décisions. Il déplore notamment la mise en place de sacs de sable type big-bags sur le secteur aval du Lurgorietta, le 17 août, sans information ni mesure préventive, « semble-t-il dans le but de rehausser la ligne d’eau en amont, afin de ne pas mettre en péril la distribution de l’eau potable sur ce site ».

Les big-bags ont cédé

Olivier Briard n’aurait certainement pas pris la plume si certains de ces sacs n’avaient pas cédé sous l’effet des précipitations des 18 et 19 août, « entraînant un important colmatage du substrat en aval et la destruction d’habitat d’intérêt communautaire réprimée par le Code de l’environnement ». Le premier adhérent de l’AAPPMA s’en est ému. Et s’est plaint directement auprès du président de l’Agglomération. Son courrier en date du 29 août reste à ce jour sans réponse (1). Mais l’heure n’est plus à l’assèchement des relations.« J’espère que nous passerons un automne tranquille, poursuit Thierry Patouille. D’autant que novembre est le mois le plus humide au Pays basque. Je sais que les bouteilles d’eau ont fait parler, mais je rappelle que dans le Morbihan, cette disposition a aussi été prise. Fournir de l’eau au public est une obligation réglementaire. »