Alber Elbaz, itinéraire mouvementé d'un génie de la mode


Publié le 26 avr. 2021 à 10 :14Mis à jour le 26 avr. 2021 à 10 :23Alber Elbaz aimait créer la surprise.

En 1997, lorsqu’il décroche son premier poste de directeur artistique à la tête de la maison Guy Laroche, il rajeunit sans délai le propos via des coupes souples et des couleurs vives. A partir de 2002 chez Lanvin qui est la plus ancienne maison parisienne de couture, il surprend de nouveau dès le premier défilé en twistant ses codes et modèles avec des finitions brutes, des galons industriels et des bords francs apportant une modernité folle. Et en janvier 2021, la toute première collection de sa marque personnelle AZ Factory se révèle également dans un registre renouvelé, inattendu et juste par rapport à l’époque.

Alber Elbaz le génie créatif, passionné, perspicace, bon vivant, brillant et drôle en interview, timide et facétieux au final de ses défilés, a malheureusement surpris contre sa volonté. Il est décédé des suites du Covid-19, le 24 avril dans sa cinquante-neuvième année, après trois semaines de lutte dans un hôpital parisien « J’ai perdu non seulement un collègue, mais aussi un ami bien-aimé », a immédiatement réagi Johann Rupert, grand patron du groupe suisse Richemont qui s’était associé, à l’automne 2019, au styliste disparu pour le lancement de sa marque AZ Factory. Et d’ajouter : « Alber avait la réputation d’être une des personnalités les plus brillantes et appréciées du milieu.

J’ai toujours été séduit par son intelligence, sa sensibilité, sa générosité et sa créativité débordante. C’était un homme d’une chaleur et d’un talent exceptionnels… Ce fût un grand privilège de le voir s’investir dans son dernier rêve de créer une marque intelligente et concernée. Sa vision inclusive allait permettre à différentes femmes de se sentir belles et à l’aise grâce à un mélange d’artisanat et de technologie.

».