Albi. Une famille de deux enfants dont un bébé, SDF depuis un mois


l’essentiel
Un couple de trentenaires albanais et leurs deux enfants de 7 ans et 16 mois sont sans domicile fixe depuis début juillet. Ils appellent chaque soir le 115 pour avoir un abri la nuit.

Une petite famille installée dans l’herbe sur les berges du Tarn, venue tôt le matin, comme bon nombre d’Albigeois et de touristes rechercher la fraîcheur et occuper les enfants.

Deux garçons, un aîné, Gliors, bientôt 7 ans, qui ne tient pas en place, et Gledis, 16 mois, son petit frère curieux de tout. Une petite famille comme les autres ? Pas vraiment. Arrivé en France en bus en septembre 2019, le couple cherchait juste « à avoir une chance de vivre normalement ».

Gliors a fait sa rentrée à l’école à Montpellier où la famille est restée un an et demi avant d’être transférée à Montredon-Labessonnié, dans un logement du CADA d’Albi (centre d’accueil de demandeurs d’asile). En décembre 2021, leur demande de titre de séjour a été rejetée, un mois avant la naissance de Glédis.

Le petit garçon qui souffre d’épilepsie est suivi par l’hôpital d’Albi où la famille a été transférée en février dernier, logée dans différents hôtels jusqu’au Terminus face à la gare. Gliors poursuit sa scolarité à l’école Jean-Jacques Rousseau où il s’est bien intégré et a très vite appris à parler français. Il s’est même fait, avec Adam, 7 ans, un super copain de classe. Un bonheur et une fierté pour Dilore, la maman et Festim, le papa, maçon, qui désespère de trouver du travail.

À la rue du jour au lendemain

Dès la fin de l’année scolaire, la famille est informée qu’elle n’est plus prise en charge à l’hôtel ni aidée et se retrouve à la rue du jour au lendemain. Commence alors, en pleine canicule, un parcours du combattant où chaque soir les parents doivent appeler le 115 pour trouver un hébergement d’urgence, qu’ils doivent quitter chaque matin.

Ils ont pu entreposer une partie de leurs affaires chez Merryl, la maman d’Adam, et son compagnon qui travaille dans le bâtiment. Pour l’instant, ce dernier a eu beau chercher de son côté, impossible de trouver du travail pour le papa de Glior. Le couple d’Albanais s’organise avec les deux enfants pour aller, le plus souvent à pied, aux Resto du cœur. À défaut de pouvoir cuisiner, les parents trouvent de quoi nourrir les petits.

Tous les matins en quittant l’hébergement d’urgence du 115 à Cantepau, la famille se rend au Centre d’accueil de jour pour déposer ses valises. Jour après jour elle cherche un endroit au calme et au frais pour le repos du bébé et les jeux de l’aîné. Le plus souvent, Merryl et Adam les rejoignent sur les berges du Tarn.

« Ils sont bloqués, très stressés et sans trop d’espoir. Mais ils veulent rester là pour les enfants, pour que le grand continue l’école et que le petit soit soigné » explique Merryl, très éprouvée par la situation de cette famille.

Mobilisé, le Réseau éducation sans frontière 81, en lien avec un avocat toulousain, attend la décision du tribunal de Toulouse de lever ou non l’obligation de quitter le territoire français (OQTF). L’association va déposer un référé pour demander un titre exceptionnel de séjour pour enfant malade. Une demande qui aurait déjà été faite en octobre dernier mais dont la préfecture n’aurait aucune trace. Interrogée sur cette question, la préfecture n’a pas, pour l’heure, répondu à nos sollicitations.