Antilles : le gouvernement « prêt » à parler de l'autonomie de la Guadeloupe


Publié le 27 nov. 2021 à 8:41L’option n’est pas écartée. Le gouvernement s’est dit « prêt » à parler de l’autonomie de la Guadeloupe, a indiqué vendredi le ministre des Outre mers, Sébastien Lecornu. « Certains élus ont posé la question en creux de l’autonomie », a déclaré Sébastien Lecornu alors que l’île est en proie à une violente crise sociale.« D’après eux, la Guadeloupe pourrait mieux se gérer d’elle-même. Ils souhaitent moins d’égalité avec l’Hexagone, plus de liberté de décision par les décideurs locaux », a-t-il poursuivi. « Le gouvernement est prêt à en parler, il n’y a pas de mauvais débats du moment que ces débats servent à résoudre les vrais problèmes du quotidien des Guadeloupéens », a indiqué le ministre.

Report de l’obligation vaccinale

Sébastien Lecornu a également annoncé le financement de « 1.000 emplois aidés pour les jeunes, avec un accompagnement spécifique et une formation, dans le secteur non marchand, pour soutenir les collectivités ou les associations sociales, sportives, environnementales du territoire ». En Guadeloupe, 34,5 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté national, avec un fort taux de chômage (19 %), notamment chez les jeunes (35 % en 2020 contre une moyenne nationale de 20 %).Pour tenter d’apaiser les esprits et mettre fin aux violences, le gouvernement avait auparavant indiqué qu’il repoussait au 31 décembre la mise en oeuvre de l’obligation vaccinale des soignants et pompiers en Guadeloupe comme en Martinique, où la contestation a fait tache d’huile. Par ailleurs, le préfet de Guadeloupe « a décidé la prorogation du couvre-feu de 18 heures à 5 heures jusqu’au lundi 29 novembre 2021 à 5 heures ».Jeudi, le préfet de Martinique avait, lui, instauré un couvre-feu « de 19 h 00 à 5 h 00 jusqu’au retour au calme ». Ce qui avait commencé il y a quelques jours dans ces deux îles avec des blocages et des piquets de grèves a vite dérapé en violences contre les forces de l’ordre, incendies et pillages.

Des tirs en Martinique

Forces de l’ordre et journalistes ont été ciblés par des tirs dans la nuit de jeudi à vendredi en Martinique, où les violences ont fait dix blessés parmi les policiers, dont cinq par balles. Une dizaine d’interpellations ont eu lieu dans la nuit en Martinique, selon le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. Il « y a eu près de 150 interpellations depuis le début de cette situation en Guadeloupe et en Martinique », a déclaré de son côté le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.Toujours pour calmer les esprits, Sébastien Lecornu et le ministre de la Santé, Olivier Véran, ont annoncé la levée des suspensions pour les personnels qui accepteraient un accompagnement individuel. Par contre, ceux qui refuseront « poursuivront leur suspension », ajoute le texte. Cette annonce « ne change rien : nous ne sommes pas satisfaits de cette décision. Nous demandons le retrait de l’obligation vaccinale car notre liberté de choisir est bafouée », a réagi auprès Sormain Sandrou, secrétaire général adjoint de l’UTS-UGTG du CHU de Pointe-à-Pitre.


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