Après la chute, sensibiliser les jeunes aux conduites à risque


raconte sa mère

Juste avant d’en tomber. Le jeune homme aurait dû fêter ses 20 ans quatre jours plus tard.Pour se relever, cette formatrice en communication et management a décidé de sensibiliser les jeunes à la prise de risque.

Après la chute, sensibiliser les jeunes aux conduites à risque

Elle a créé l’association Un instant, une vie, écrit un livre, Mon zèbre s’est tué, et une pièce, Adrénaline (1).→ ENTRETIEN. « À l’adolescence, l’autonomie est une question de prise de risque »« Waouh, c’est beau Lisbonne, la nuit… » Ces mots, le jeune comédien qui interprète Jean les prononce dans la pièce, présentée surtout dans les lycées et établissements supérieurs.

« Jean a toujours été à la recherche de sensations fortes, faire du hors-piste par exemple, raconte sa mère endeuillée. Il n’imaginait pas pouvoir mourir. Des accidents comme le sien, il y en a beaucoup, liés à la hauteur, ou à l’eau aussi… »

Il ne connaissait pas l’échec

Impossible », affirme sa maman. Même si, selon elle, il pressentait peut-être d’une manière inconsciente que sa vie serait courte.

Folie des hauteurs

« Jean est mort à 2 000 km, au Portugal, on a mis treize jours à rapatrier le corps, raconte cette grande femme brune dotée d’une belle force de caractère. Le Covid a mis tout le monde à l’arrêt, chaque jour on nous imposait de nouvelles restrictions.

C’était démentiel… » Ces circonstances inédites lui dictent d’écrire, un livre puis la pièce. « Le théâtre me porte, j’en fais depuis des années. Après le décès de Jean, tout s’est très vite imposé à moi, il fallait que je fasse de la prévention.

»→ ANALYSE. Comment faire face au deuil en famille ?Ce seul en scène de trente-cinq minutes, accompagné au piano, est un concentré de vie et d’amour. Un cri d’alerte aussi : prendre des risques, oui, mais pas à n’importe quel prix.

Pas question de moraliser, culpabiliser ou distiller des peurs auprès de jeunes qui ont besoin d’expérimenter par eux-mêmes. « La vie est un risque, l’amour est un risque », rappelle la formatrice. L’autopsie a révélé que Jean avait un peu bu.

Mais pour ses parents, plus que l’alcool, c’est bien cette folie des hauteurs, ce besoin de se dépasser sans cesse, qui l’a tué. Enfant précoce, leur fils avait deux ans d’avance. « Il était sans doute immature par certains côtés.

»

Provoquer les discussions

Son mari et ses deux filles empruntent leur propre chemin de deuil. Celui d’Hélène Decherf-Défossez passe par ce besoin viscéral de bousculer les jeunes, de provoquer la discussion : « Éduquer les jeunes à la conscience d’eux-mêmes, pour qu’ils y réfléchissent à deux fois avant de prendre un risque. Le théâtre est une excellente catharsis : l’émotion ressentie permet au cerveau de marquer dans la mémoire cette notion de risque et de s’en souvenir longtemps.

»Elle n’a pas toutes les réponses, ne les aura jamais. « La pièce se suffit à elle-même. Je préviens, je sensibilise mais je ne suis pas psy, je n’ai pas la science infuse.

Juste la certitude qu’il vaut mieux faire plus que moins pour éviter de mourir à 20 ans, comme Jean, dans un accident d’une bêtise terrifiante. Car il n’y a pas de deuxième chance. »———-

Son inspiration : les montagnes et la lumière de Nice

« Nice est une vraie source de réconfort pour moi », confie Hélène Decherf-Défossez.

Cette fille du Nord est tombée amoureuse de cette ville du sud, « pour le bleu du ciel et de la mer, les montagnes et la lumière ». Une lumière qui manque au plat pays pendant l’hiver. Il y a trois ans, avec son mari, ils y ont acheté un appartement.

Pour admirer l’immensité de la mer, profiter du patrimoine de cette ville « italienne » et faire le plein de soleil. « Jean y est allé peu avant sa mort, raconte la mère. Lorsque je l’ai récupéré à l’aéroport de Lesquin avec son amie, il m’a dit combien il avait aimé se baigner et même plonger dans la Méditerranée.

On était en plein mois de février… »

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