Au procès de Valérie Bacot, le déni d’une mère et le calvaire des frères et sœurs du « monstre » Polette


Jusque-là, elle ne laissait rien paraître. Pendant les deux premiers jours d’audience de la cour d’assises de Saône-et-Loire devant laquelle elle comparaît pour l’assassinat de son mari, Valérie Bacot est restée immobile. Assise, tête baissée, épaules rentrées, mains jointes sur les cuisses.

Elle n’a bougé que pour aller témoigner. Elle n’a flanché que lorsqu’elle a témoigné. Mercredi matin 23 juin, changement d’attitude.

Dès les premières minutes, elle ne tient pas en place, secouant la tête à plusieurs reprises, pivotant sans cesse pour murmurer à l’oreille de ses avocates. Le motif de cette agitation ? Sa mère est à la barre. accusée du meurtre d’un mari qui la battait et la prostituait Joëlle Aubagne, 65 ans. son adolescence, sa rencontre avec Daniel Polette, dit « Dany », l’homme qui fut son compagnon avant de devenir celui de sa fille ; l’homme qu’elle allait voir en prison avec Valérie Bacot alors qu’il purgeait une peine de quatre ans – il n’en fera que deux et demi – pour avoir violé cette dernière lorsqu’elle avait 12-13 ans ; l’homme qu’elle avait de nouveau accueilli chez elle à sa libération ; l’homme que sa fille a tué d’une balle dans la nuque après un peu moins de vingt ans de violences conjugales et quatorze années de prostitution forcée.

Valérie Bacot sort libre de son procès pour le meurtre de son mari violent

« Emmener sa fille voir en prison l’homme qui l’a violée ? Cette femme n’a rien compris  ! », s’indigne un peu plus tard à la barre Mireille Polette, l’une des sœurs de « Dany ». « Votre fille a été violée par l’homme avec qui vous viviez  ! Comment pouvez-vous imaginer qu’il puisse revenir à la maison ? », l’interpelle l’avocat général. Un petit gabarit, Joëlle Aubagne, comme sa fille, une femme antipathique aussi, un ton sec, un air pincé.

Debout, les bras tendus de part et d’autre du pupitre, face à la présidente du tribunal, la retraitée semble davantage soucieuse de se dédouaner de toute responsabilité dans le calvaire vécu par sa fille que désireuse de prendre sa part et la soutenir. « Elle a grandi sans soucis particuliers », affirme-t-elle en préambule, « oubliant » de mentionner son divorce, sa dépression, ses hospitalisations en psychiatrie, l’abus sexuel commis par son fils aîné sur sa cadette, et niant tout problème d’alcoolisme, comme l’a pourtant affirmé sa fille et comme pouvait le laisser supposer les conclusions de l’enquête sociale menée à la suite d’une demande de garde du père. Il vous reste 71.

La suite est réservée aux abonnés. .