Basket-ball : Ousmane Dieng ne veut pas s'arrêter là et veut devenir "champion de NBA"


Il est près de 17 heures à Miami, presque 23 heures en France. À peine sorti de son entraînement, Ousmane Dieng affiche un magnifique sourire à quelques jours de la Draft NBA. Un véritable tournant dans la vie du Lot-et-Garonnais qui a débuté le basket à Villeneuve-sur-Lot. Il évoque, sans pression, ce rendez-vous, et la suite de sa carrière déjà phénoménale. il répond longuement aux questions de notre rédaction. 

Comment allez-vous depuis votre arrivée aux États-Unis ? Comment se déroule la journée d’un jeune homme qui se prépare à la draft NBA ?

Je vais plutôt bien, tout se passe parfaitement. Je suis à Miami depuis le 1er mai. Je me lève à 7 h pour l’entraînement de basket à 8 h. Après je reviens, j’ai séance de musculation à midi. Et après, entraînement de 14 h à 15 h 30. Je suis coaché par un entraîneur de Miami et j’ai aussi des entraîneurs de mon agence (NDLR : Ousmane Dieng collabore avec un team spécifique qui l’entoure dans son quotidien). 

Dans la nuit de jeudi à vendredi. On imagine que vous ne connaissez pas encore votre future franchise ?  Avez-vous déjà la pression sur les épaules ?

C’est vrai, je vais découvrir la franchise qui va me choisir en même temps que tout le monde le soir de la draft. C’est excitant, au moins ça sera une surprise pour tout le monde. Moi, je veux juste tomber dans une équipe qui va prendre le temps de me développer. Pour le moment, je n’ai pas de pression. Je suis juste content d’être là, j’attends le jour-j.

Adam Silver ?

Je pense que tout basketteur s’est déjà imaginé un jour entendre son nom appelé à la Draft. Ça va être particulier, c’est incroyable.

Basket-Ball : du Lot-et-Garonne à la Draft NBA, le parcours complètement fou d’Ousmane Dieng

Compte tenu de ce que représente la NBA, comment gérez-vous ces dernières semaines ?

C’est un rêve  ! Je suis très content d’avoir reçu l’invitation dans la green room (NDLR  : qui regroupe les 20 joueurs draftés aux plus hautes positions). Je ne sais pas si je m’attendais à arriver là, mais j’ai travaillé pour en tout cas. Mais rien n’est sûr, tout se fera au moment de la draft. Je vis mon rêve sans me poser de question, je continue de travailler.

Ça fait longtemps que vous rêviez de jouer en NBA ?

Ça a toujours été un rêve depuis que j’ai commencé le basket. Et puis ça s’est transformé en objectif à l’âge de 14-15 ans quand j’ai commencé le pôle espoir et l’INSEP.

Le Français est en pleine préparation aux Etats-Unis

Quels souvenirs avez-vous de vos débuts avec la balle orange ?

J’ai commencé le basket parce que mon père en faisait. J’étais toujours dans une salle à regarder les matchs de Villeneuve-sur-Lot. J’aimais déjà ce sport car on joue pour le plaisir.

Quelles ont été vos inspirations ?

Quand j’ai commencé le basket, je regardais beaucoup Kobe Bryant et maintenant j’observe beaucoup Brandon Ingram ou même Paul George. L’été dernier, j’ai eu la chance d’échanger avec Paul George justement quand je suis passé à Los Angeles, c’était cool. C’est incroyable mais je me dis aussi que dans six mois je vais jouer avec ou contre ce type de joueurs donc ça permet de voir le niveau qu’il faut.

De Villeneuve-sur-Lot à la draft NBA « Tu n’imagines pas une seule seconde le parcours qu’il va réaliser. », racontent les parents d’Ousmane Dieng

Y’a-t-il eu un moment clé dans votre parcours, celui qui a fait pencher la balance du bon côté ?

Oui, ça correspond à la période après le pôle espoir, quand je rentre à l’INSEP. En même temps, on fait deuxième aux championnats d’Europe U16 avec l’équipe de France et je fais un bon tournoi donc à partir de ce moment-là, la NBA est devenue un réel objectif.

Vos passages au Centre Fédéral et aux New-Zealand Breakers ont-ils été décisifs pour en arriver-là ?

Oui, je pense. J’ai beaucoup appris en Nationale 1, de pouvoir se confronter à des adultes dès le plus jeune âge, ça a forcément été bénéfique pour moi. Après ça, je voulais continuer sur cette lancée de jouer contre des adultes, c’est pour ça que j’ai pris la décision de partir. Ça a été un tournant, un très bon choix. j’ai beaucoup progressé sur un temps assez court.

Lors de votre passage en Océanie, l’année dernière. Pour quelles raisons ?

Je pense surtout car le niveau était complètement différent. Les joueurs sont beaucoup plus forts, tout va plus vite et tout est plus physique. Aussi, j’ai dû m’adapter car l’Australie c’est loin de France. Je devais juste trouver mon rythme donc j’ai continué à travailler et ça a payé à la fin.

Basket – le Villeneuvois Ousmane Dieng est « une pépite »  : aux origines du futur prodige français

Y’a-t-il eu des personnes clés tout au long de votre parcours ?

Forcément, je vais citer tous mes coachs. Tout d’abord, mon père puis Arnaud Voisin, à Villeneuve, mes coachs de l’INSEP  : Bernard Faure, Nicolas Absalon, Lamine Kebe et aussi mon assistant coach en NBL Mody Maor, qui a été très important pour moi.

Quelles sont les caractéristiques du jeu d’Ousmane Dieng ?

Pour ma taille (2m08), je suis un joueur très polyvalent. Je peux défendre, attaquer le panier ou même tirer à trois points. Ma vision de jeu et ma qualité de passe font aussi partie de mes forces. Depuis que je suis arrivé à Miami, je travaille un peu sur tout mon jeu.

Ce n’est pas compliqué d’être aussi loin de sa famille si jeune ?

Je pense que j’ai l’habitude car dès mon plus jeune âge, même si j’étais à Mont-de-Marsan ou à Paris, on ne se voyait pas tout le temps. Même quand je suis parti en Australie, je n’ai pas vu ma famille les six premiers mois et ça a été.

Le joueur de 19 ans est attendu dans les 20 premiers choix

C’est important de revenir de temps à temps à Villeneuve-sur-Lot ?

Oui bien sûr, c’est là où j’ai grandi. À chaque fois que j’ai des vacances j’essaie de revenir et je m’entraîne dans la salle Descartes. J’ai toujours des amis là-bas, on se parle sur les réseaux car je ne suis pas revenu depuis que je suis parti en Australie.

Un jeune du Lot-et-Garonne bientôt drafté. Avez-vous conscience que c’est vous qui allez devenir une référence pour les prochaines générations du 47 ?

J’espère que tous les jeunes qui font du basket ne pensent pas que puisqu’ils viennent du Lot-et-Garonne, ils ne pourront pas réussir. Il faut juste croire en ses rêves et travailler.

Êtes-vous prêt à gérer ce tournant dans votre vie ?

Oui je pense. Je suis bien entouré avec ma famille et mes agents. Tout le monde pense que c’est la ligne d’arrivée mais pour moi ce n’est que le début, l’objectif est de rester le plus longtemps dans la ligue.

Quel chemin parcouru depuis les premiers dribbles dans la salle Descartes.

(Rires). C’est ça, déjà à New-York (lieu de la draft) la salle sera beaucoup plus grande. Je ne sais pas si je réalise encore mais c’est incroyable.

Comment va se passer l’après draft ?

Je vais aller dans la ville où j’ai été pris et la préparation pour la Summer League va commencer tout de suite après. Je reviendrai peut-être un peu en France avant le grand début de la saison pour les vacances.

Après cet objectif atteint, on imagine qu’il y a une autre ligne d’arrivée à passer ?

Devenir champion NBA et All Star.

Ousmane Dieng sous les couleurs de l’équipe de France

Les Jeux Olympiques de Paris 2024, l’autre objectif d’Ousmane Dieng

S’il est aujourd’hui grandement focalisé sur sa carrière en NBA, Ousmane Dieng n’en oublie pas de garder un œil sur l’équipe de France. D’autant plus que le Villeneuvois a déjà eu l’occasion, en 2019, de disputer une compétition internationale sous le maillot bleu. « C’était lors de l’Euro U16 », se rappelle-t-il. « Ça s’était bien passé, j’avais fait un bon tournoi et on avait terminé deuxième. » En effet, les Bleus avaient fait bonne figure dans cette compétition en s’inclinant en finale contre l’Espagne. Ousmane Dieng avait disputé 7 rencontres et totalisait 8,9 points par match.Après avoir intégré une franchise, Ousmane Dieng a l’ambition de poursuivre son développement pour cocher de nouvelles cases. Dans sa ligne de mire, une grande compétition se dresse devant lui  : les Jeux Olympiques de Paris 2024. « L’équipe de France, c’est important pour moi. »Le Villeneuvois doit ainsi prendre toutes les opportunités qui lui seront données dans la grande ligue américaine pour se faire un nom et, pourquoi pas, faire partie du groupe France, vice-champion olympique lors des Jeux de Tokyo.

Basket-ball : « la NBA est un objectif » pour Ousmane Dieng