Benoît XVI, pape de rupture dans la continuité


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Il dit l’avoir découverte grâce à la beauté de la liturgie et des pèlerinages familiaux dans le grand sanctuaire marial bavarois d’Altötting. En 1939, alors que la guerre s’apprête à éclater, le futur Benoît XVI entre tôt au séminaire de Traunstein où il y rejoint son grand frère Georg. Le conflit, qui l’oblige à rejoindre les jeunesses hitlériennes puis le front, ne le détourneront ni de sa vocation – il est même moqué en public après l’avoir clamée haut et fort devant un recruteur SS en 1944 – ni de sa formation intellectuelle qu’il poursuit grâce à d’abondantes lectures.

Benoît XVI, pape de rupture dans la continuité

Un élève brillant

Il devient docteur en théologie en 1953 après une thèse sur saint Augustin sur la nature du Corps du Christ comme peuple de Dieu. On l’invite alors à rédiger une thèse, qui lui fera découvrir un nouveau maître, saint Bonaventure, et aboutira à une publication sur la théologie de l’histoire du Docteur séraphique. Cependant sa thèse ne plaît pas à un examinateur qui la trouve trop moderniste, ce qui manque de lui coûter son habilitation à enseigner. Il devient cependant professeur à Freising, puis obtient la chaire de théologie fondamentale de l’Université de Bonn – capitale de l’Allemagne fédérale – en 1959, à seulement 32 ans.

Le tournant conciliaire

clé de voûte du Concile.

Maintenir la communion de l’Église après le Concile

Si le Concile lui a apporté une vraie reconnaissance de la part de ses pairs, l’après-Concile, selon le théologien, sera un temps de désenchantement, en Allemagne comme au-delà de ses frontières natales. Alors que les divisions secouent de plus en plus l’Église, Joseph Ratzinger plaide pour une découverte progressive des fruits conciliaires contre ceux qui les rejettent mais surtout contre ceux qui appellent à plus d’évolutions, animés, selon le futur pape, par l’esprit libertaire de mai 68.Occupant jusque-là une position d’arbitre, le Père Ratzinger va s’imposer comme un des théologiens les plus à même d’accompagner les évolutions défendues par le pontife Paul VI au sein de la toute nouvelle Commission théologique internationale en 1969. Au côté d’Hans Urs von Balthasar et au sein de la rédaction de sa revue Communio dès 1972, il poursuit son travail de professeur, tentant de rassembler l’Église là où le Concile avait pu parfois désorienter. Son engagement, calme et entier, est remarqué, et le pape Paul VI décide de le nommer archevêque de Munich-Freising, dans son diocèse d’origine, en 1977, et deux mois plus tard, lui remet l’anneau cardinalice.

L’appel de la Curie

Acteur majeur de l’Église en Allemagne, il se doit de traiter un problème conséquent : la montée de fort courants contestataires autour de ses anciens camarades du conclave, Hans Küng et Johannes Baptist Metz. L’intervention de l’archevêque, qui soutient leur mise à l’écart des lieux d’enseignement de l’Église catholique, sera très mal vécue par les deux hommes, et lui vaudra bien des inimitiés lors de la suite de sa carrière. La fidélité du théologien bavarois à l’Église et ses nouvelles structures en fait un pasteur attentif, même s’il est de plus en plus appelé à Rome.

En 1978, il fait partie des électeurs qui portent sur le trône de Pierre le polonais Jean Paul II, pape avec lequel il va entretenir une intense amitié intellectuelle et spirituelle.

le brusque décès du pape Jean Paul Ier après 33 jours de règne le rappelant une nouvelle fois dans la Ville Éternelle. En 1978, il fait partie des électeurs qui portent sur le trône de Pierre le polonais Jean Paul II, pape avec lequel il va entretenir une intense amitié intellectuelle et spirituelle. En 1980, il est choisi pour être le rapporteur du Synode pour la famille chrétienne, rôle dans lequel il impressionne le Souverain pontife. Ce dernier, en 1981, décide de lui confier la direction d’un des dicastères les plus importants de l’Église catholique  : la Congrégation pour la doctrine de la foi. Il le nomme aussi président de la Commission théologique internationale et de la Commission biblique pontificale. Le cardinal Ratzinger quitte alors Munich et s’installe – pour ne plus jamais en partir – à Rome, devenant une des figures centrales de la Curie, et un des plus proches conseillers du pape.

Le doux inquisiteur

Chargé de veiller au respect du dogme et de condamner les dérives, il se voit affubler du surnom de « Panzerkardinal », un sobriquet peu flatteur à l’opposé de son caractère calme, doux et patient. Mais le poste lui demande de trancher, et ses ennemis ne lui pardonneront pas ce qu’ils dénoncent comme de l’intransigeance, et, dans la carrière du futur pontife, comme un virage conservateur.

Beaucoup ne lui pardonneront pas d’avoir (…) replacé Vatican II dans la continuité de la Tradition.

À Lyon, il dénonce la suppression par les évêques français du Catéchisme, « une première et grave faute ». Il est par la suite chargé de rebâtir l’ouvrage de référence de la catéchèse catholique, tâche qui l’occupera de 1986 à 1992. En promulguant « son » Catéchisme de l’Église Catholique, il donne à l’institution de nouvelles bases théologiques fondamentales, mettant un terme à une trentaine d’années d’incertitudes. Beaucoup ne lui pardonneront pas d’avoir ainsi replacé Vatican II dans la continuité de la Tradition.

Un pilier du pontificat de Jean Paul II

L’Église catholique, insiste-t-il alors, est l’épouse du Christ et donc l’unique source de Salut pour l’humanité.Dans les dernières années du pontificat de Jean Paul II, il observe avec admiration le successeur de Pierre s’affaiblir, alors que l’Église traverse une très importante crise, notamment du fait de révélations sur de très graves affaires de pédophilie. Intraitable, le cardinal Ratzinger initie de nombreuses enquêtes. Malheureusement, les réticences et résistances de l’institution l’empêchent souvent d’intervenir.

Benedictus XVI

Le 25 mars 2005, le préfet du “Saint-Office” doit prendre la tête de la procession du Vendredi saint au Colisée à Rome, le pape étant si affaibli qu’il ne peut assister à la cérémonie que devant sa télévision. La méditation qu’il livre à cette occasion est très remarquée : l’Église catholique, explique-t-il, est une « barque prête à couler ». Nombreux sont ceux à y avoir entendu une critique de la « culture du silence » et un appel à de grands changements et de nouvelles réformes.

S’il accepte cette lourde charge, malgré (…) son peu d’appétence pour le gouvernement, c’est par sens du devoir, « pour garder la Maison ».

h3>Le premier pape du XXIe siècle

Moi Comme Jean Paul II, il se rend partout dans le monde, visitant les cinq continents, même si Benoît XVI ne semble avoir jamais été en mesure de suivre le rythme effréné de Jean Paul II. Son début de pontificat est d’ailleurs décrit comme une accalmie, le pape se donnant du temps pour travailler à ses encycliques et publications.

Un pape théologien

Le pape est enfin à l’origine du rapprochement avec l’Église orthodoxe russe, posant des jalons pour la rencontre de son successeur François avec le patriarche de Moscou Kirill à Cuba en 2016.

Face aux polémiques

Dans son avion qui le conduit au Cameroun en 2009, qu’il entame son premier voyage apostolique en Afrique, le Pape, au cours de sa conférence de presse, affirme que la distribution de préservatifs en Afrique pour lutter contre le sida n’arrangera pas le problème, mais risque au contraire de l’aggraver. Ces propos provoquent une grande polémique. Un an plus tard, dans son livre entretien Lumière du Monde, le pape allemand dira que « dans certains cas », comme celui d’hommes qui se prostituent,  l’utilisation du préservatif est admise, « pour réduire les risques de contamination ».

La corruption de l’Église

l’aident « quotidiennement avec fidélité, esprit de sacrifice et dans le silence », provoquant l’ire de ceux qui appellent à nettoyer les écuries d’Augias.

La renonciation

Il reste discret, mais ne fait pas vœu de silence, même s’il s’efforce de ne pas empiéter sur le terrain de son successeur. Le 5 juillet de la même année, Benoît XVI se joint au Souverain pontife à l’occasion de l’inauguration d’une statue de saint Michel dans les jardins du Vatican. Le même jour, le pape François publie sa première encyclique, Lumen Fidei. Celle-ci, largement rédigée par le pape émérite, contient « quelques contributions ultérieures » du nouveau pontife.

En retrait