La Brume l’emportera ~ Elbakin.net


ISBN : 978-238267107-8Catégorie : AucuneAuteur/Autrice : Arnier, StéphaneDans un monde inexorablement englouti par une brume remontant du passé, Keb Gris-de-pierre, berger de son état, a tout perdu. Maramazoe, guerrière renommée du peuple des mers, est une paria. Autrefois ennemis, ils arpentent ensemble les sentiers de montagne et les crêtes escarpées à la recherche d’une échappatoire, mais également de réponses… Quel qu’en soit le prix.

Critique

Par terriblius, le 08/04/2024
Qu’est-ce qui fait le sel d’un bon roman ? Une question éternelle à laquelle il est bien difficile de répondre mais de nombreux lecteurs et même éditeurs vous diront qu’il s’agit d’abord d’une voix, surtout lorsqu’on découvre un auteur. La Brume l’emportera rentrera tout à fait dans ce cadre puisque dès les premières pages, le narrateur nous invite à écouter son aventure. Et si cela enlève une certaine pointe de suspense (si Keb raconte son histoire, c’est qu’il a survécu), sa voix est clairement l’un des points forts du roman, de part sa singularité, sa verve certaine, légèrement gouailleuse, et sa capacité à transmettre les émotions et réflexions qui l’ont animé dans son périple.

On est très vite plongé dans la peau de ce berger qui a tout perdu lors de l’apparition d’une mystérieuse brume il y a huit ans qui a tout englouti, y compris sa ferme et surtout sa femme bien-aîmée, l’une des rares personnes avec qui il a su se lier et qui portait leur enfant à naître. Dès lors, Keb n’a de cesse de fuir vers les sommets mais finalement acculé, il en ressort transformé au prix d’un des derniers liens avec son passé. Peu après, sa rencontre avec Maramazoe, une guerrière Ta’moaza, lui permet de mieux comprendre et maîtriser ses nouveaux pouvoirs.

Dès lors, le duo que tout oppose va s’associer pour dissiper cette brume dont les tenants et aboutissants seront très vite éclaircis. Mais là encore, l’écueil est évité grâce à la très bonne exploitation des éléments du système de magie où l’on reconnait l’influence de Sanderson, confirmée par l’auteur lui-même, comme l’inspiration néo-zélandaise de son univers, aussi bien au niveau culturel (les tatouages, la rame et la carrure de Maramazoe) que dans les descriptions des paysages, qui raviront les amateurs de nature sauvage.Ne manquaient plus à ce tableau prometteur que des personnages attachants et le duo Keb et Mara fonctionne particulièrement bien malgré ses divergences, notamment d’intérêts lorsque l’on comprend ce qu’il adviendra du monde lorsqu’il aura été totalement recouvert par la brume.

Le dilemme qui saisit alors Keb sert de base pour une réflexion sur nos choix passés, leur influence sur notre présent et l’apprentissage face à nos erreurs et la tentation de les gommer et l’on peine alors à imaginer quel serait notre parti face à une telle possibilité.Bien écrit, touchant, nous parlant de deuil, du poids du passé mais aussi d’amour, de rédemption, La Brume l’emportera mérite son appellation de Pépite de l’imaginaire. Discuter de La Brume l’emportera sur le forum.