les candidats de la 2e circonscription en quatre questions


Boris Guignard, candidat pour Lutte ouvrière

Boris Guignard, candidat pour Lutte ouvrière.   Photo archives Le DL /Ilan Dessent

Quelle est votre mesure phare pour la circonscription ?

« Les partis de gouvernement ne sont pas avares de promesses, qui seront jetées aux orties le lendemain des élections. Je m’y refuse. Ma candidature servira à populariser des revendications qui sont des mesures de survie pour les classes populaires. Il faut imposer une augmentation des salaires, des pensions et des allocations, et leur indexation sur les prix : qu’ils augmentent au rythme de l’inflation, semaine après semaine si nécessaire. Ce doit être un de nos premiers objectifs dans les luttes à venir. »

Quel bilan faites-vous du précédent député ?

« Depuis 2017, M. Giraud est partie prenante de la politique de Macron : priorité à la bourgeoisie, haro sur les travailleurs. Tandis que les subventions pleuvaient sur les grandes entreprises, que des fortunes s’accumulaient à la Bourse, la vie est devenue de plus en plus dure pour les classes populaires : réforme des retraites, abandon des services publics… Et pour faire diversion, on s’en est pris aux immigrés et aux chômeurs. Une politique poursuivie encore plus violemment par le RN s’il accède au pouvoir. »

Si vous êtes élu, comment comptez-vous mener votre candidature ?

« Je serai les yeux et les oreilles du monde ouvrier à l’Assemblée. Enseignant dans une ville ouvrière, je représenterai le camp des travailleurs en votant toute loi allant dans le sens des intérêts des exploités et contre tout ce qui se trame contre eux. Je dénoncerai toute concession faite au grand patronat et aux réactionnaires. Je souhaite néanmoins réaffirmer que pour les travailleurs, il n’y aura ni bon Parlement, ni bon gouvernement : nous changerons notre sort nous-mêmes par nos luttes collectives. »

Pourquoi voulez-vous être élu ?

« Voter pour moi, ce sera voter à la fois contre Bardella et Macron, en exprimant sa méfiance vis-à-vis de la gauche. Ce sera aussi s’exprimer contre la marche à la guerre. Nous payons déjà la guerre sur le plan économique, demain on nous dira qu’il faut nous battre contre la Russie, la Chine ou d’autres encore. Ce sera enfin s’affirmer contre le racisme et la division entre travailleurs, en faveur de l’unité des travailleurs contre les capitalistes, pour un monde sans exploitation et sans frontières. »

Sébastien Fine, candidat pour Ensemble

Sébastien Fine, candidat pour Ensemble.   Photo DR

Quelle est votre mesure phare pour la circonscription ?

« Faire voter la loi sur la fin de vie. Celle-ci est une réponse à la demande de celles et ceux qui souffrent d’une pathologie incurable et expriment consciemment leur volonté de mourir dans la dignité. Cet engagement répond d’une part à l’inégalité d’accès à l’accompagnement de la fin de vie en renforçant les soins palliatifs et d’autre part, en apportant une réponse satisfaisante à une fin de vie digne pour les patients, leurs proches et les médecins. »

Quel bilan faites-vous du précédent député ?

« 22 ans après avoir été député, Joël Giraud a décidé de prendre sa retraite politique. Pendant plus de 20 ans il aura été un député défendant la spécificité montagnarde en œuvrant pour notre territoire, notamment en défendant ardemment le train de nuit, en soutenant les politiques de développement touristique vers la diversification et le moindre impact environnemental. Cet homme aura porté haut et fort notre département tant à la Région, à l’Europe que dans l’hémicycle national et les ministères. »

Si vous êtes élu, comment comptez-vous mener votre candidature ?

« Je resterai l’homme de terrain que j’ai toujours été en défendant des valeurs humanistes, progressistes et de proximité. Je resterai conseiller municipal dans mon village, Villard-Saint-Pancrace, où je suis élu depuis plus de 20 ans et maire depuis 10 ans, pour pouvoir garder un lien avec le terrain. Mon suppléant Rodolphe Papet s’attachera également à favoriser cette connexion dans le Champsaur et le Valgaudemar afin d’avoir une vision globale de toute la circonscription. »

Pourquoi voulez-vous être élu ?

« Je veux défendre ce territoire, mes valeurs, me battre contre tous les extrémismes, défendre la spécificité de nos territoires de montagne, continuer la transition nécessaire de toutes les économies de la montagne sans oublier l’agriculture. Je veux m’engager au service de ma circonscription, de ses habitants, de ses élus de terrain. Je veux soutenir la candidature des Alpes françaises aux Jeux olympiques de 2030, réelle opportunité pour nos vallées de s’inscrire dans un développement raisonné et tourné vers l’avenir. »

Valérie Rossi, candidate PS pour le Nouveau Front populaire

Valérie Rossi, candidate pour le Nouveau Front populaire.   Photo archives Le DL /Gabriel Nal

Quelle est votre mesure phare pour la circonscription ?

« Le programme du Nouveau Front populaire propose de rompre avec la politique libérale de l’actuel gouvernement. Alliant mesures d’urgence et structurelles, il peut s’appliquer au lendemain des élections législatives pour répondre à l’urgence sociale (blocage des prix de première nécessité, augmentation du SMIC, logement), au défi climatique (les sinistres qu’a connus notre département encore tout récemment en rappellent l’urgence), à la réparation des services publics (Éducation nationale, santé). »

Quel bilan faites-vous du précédent député ?

« Je tiens à saluer sincèrement son engagement au service de nos Hautes-Alpes et de la France pendant plusieurs années. Je regrette néanmoins qu’il se soit associé à une politique de casse sociale, d’augmentation du déficit budgétaire de la France, d’une insuffisance de prise en compte de la transition écologique, de désamour de la ruralité, ce qu’il a lui-même déploré. Ce que, dans le fond, il a refusé d’assumer en ne se représentant pas. »

Si vous êtes élu, comment comptez-vous mener votre candidature ?

« J’exercerai mon mandat, ancrée dans le réel. Je défendrai le programme de l’alliance Nouveau Front populaire et je ferai entendre notre particularisme local pour que les décisions nationales en tiennent compte. Je garderai le contact le plus fréquemment possible avec la circonscription pour que mon investissement ait un sens pour la population. J’associerai l’ensemble des élus de la circonscription aux actions qui seront menées. »

Pourquoi voulez-vous être élu ?

« La politique menée depuis sept ans a aggravé les inégalités sociales, économiques et territoriales. La politique écologique n’est pas à la hauteur de la situation. Je ne peux m’y résoudre et j’ai donc choisi de représenter le Nouveau Front populaire dont le programme correspond parfaitement à mes valeurs de femme de gauche. »

Johann Mondain, candidat indépendant

Johann Mondain, candidat indépendant.   Photo DR

Quelle est votre mesure phare pour la circonscription ?

« Rencontrer dès le lendemain de mon élection les principaux acteurs des différents secteurs socioprofessionnels, pour déterminer leurs besoins concrets, les modifications de loi à apporter et les accompagnements financiers. Avec mes collègues députés d’autres circonscriptions rurales et montagnardes, nous créerons une force unie pour amener le gouvernement à prendre en compte les difficultés de celles-ci. Je crois que dialogue et coopération entre les acteurs du terrain sont la clé pour trouver des solutions pragmatiques, réalisables et bénéfiques. »

Quel bilan faites-vous du précédent député ?

« En tant que député, Joël Giraud a prouvé à de multiples reprises son attachement envers ses racines, en soutenant des lois pour protéger et développer les territoires ruraux et montagnards. Il a assuré le maintien de la gare de L’Argentière-la-Bessée et du train de nuit. Ma candidature réaffirme cet engagement profond à préserver et renforcer les services essentiels sur notre territoire. »

Si vous êtes élu, comment comptez-vous mener votre candidature ?

[Le candidat nous a fourni la même réponse qu’à la première question, nous la reproduisons donc ici, NDLR] « Rencontrer dès le lendemain de mon élection les principaux acteurs des différents secteurs socioprofessionnels, pour déterminer leurs besoins concrets, les modifications de loi à apporter et les accompagnements financiers. Avec mes collègues députés d’autres circonscriptions rurales et montagnardes, nous créerons une force unie pour amener le gouvernement à prendre en compte les difficultés de celles-ci. Je crois que dialogue et coopération entre les acteurs du terrain sont la clé pour trouver des solutions pragmatiques, réalisables et bénéfiques. »

Pourquoi voulez-vous être élu ?

« En tant qu’acteur économique du bassin briançonnais et père de famille, je subis régulièrement les problématiques de notre territoire. Après la dissolution, dans un contexte politique bouleversé et face à la négligence des problématiques rurales par le gouvernement, il me semble indispensable de proposer une voie raisonnable et pragmatique pour que nos préoccupations soient enfin prises en compte. Sans étiquette politique, je défendrai librement nos intérêts haut-alpins sans diktat ni obligation de parti. »

Louis Albrand, candidat pour le Rassemblement national

Louis Albrand, candidat pour le Rassemblement national.   Photo archives Le DL /Justin Mourez

Quelle est votre mesure phare pour la circonscription ?

« Contrôler l’immigration à la fois légale et illégale. Car au-delà d’un certain flux, tout processus d’assimilation est impossible. La montée de l’insécurité le montre et la plupart des partis reconnaissent le lien entre immigration et insécurité. Je propose la tenue d’un référendum pour organiser la reprise de contrôle de la politique migratoire. »

Quel bilan faites-vous du précédent député ?

« Je n’ai aucun avis sur son bilan. Monsieur Giraud n’est pas mon maître à penser. Il n’a laissé derrière lui que des mots, comme son patron Macron : ce sont des marionnettistes, des Houdini, arrivant pendant un temps à fasciner les foules, mais qui finissent mal et vite oubliés, car ils ne laissent rien derrière eux. Il y a d’autres prédécesseurs pour qui j’ai la plus grande estime, qui ont été de grands députés et de grands économistes. Je pense par exemple à Maurice Petsche ou à Maurice de Rothschild. »

Si vous êtes élu, comment comptez-vous mener votre candidature ?

« Un élu de terrain près des gens en faisant des propositions de loi dans l’intérêt des habitants du 05. Je travaillerai pour la déviation de La Roche-de-Rame, pour le problème du loup, pour les ouvriers et les petits artisans qui ont pouvoir d’achat insuffisant et je contrôlerai l’activité du gouvernement. Je demanderai à appartenir à la commission des Affaires étrangères et de la Défense nationale, car j’ai été pendant 20 ans le médecin chef à l’Institut national des Invalides de Paris. »

Pourquoi voulez-vous être élu ?

« Je suis candidat avant tout pour être utile à ce département où je suis né, où mes ancêtres ont travaillé et soufferts – certains ayant été brûlés sur le bûcher car Vaudois de la Vallouise et de Freissinières –, où j’étais médecin. Et, enfin, dont j’ai écrit l’histoire dans des ouvrages, racontant la vie des femmes et des hommes de ce terroir. Voilà mes raisons de devenir le député que je serai dans quelques jours. »