Cantal. Équarrissage  : la Sopa obtient gain de cause en justice, dans un premier temps


Publié le 5 Août 22 à 14 :22 

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L’usine Sopa à Cros-de-Montvert.)La société, basée à Cros-de-Montvert, a été créée en 1977. « À l’époque, le monde agricole s’est mis autour de la table pour créer une structure » se souvient Jean-Pierre Château, président de la Sopa. Elle est un acteur local de l’équarrissage (Traitement des cadavres d’animaux) et a une zone de couverture qui s’étend sur plusieurs départements  : Cantal, Corrèze, Aveyron, Lot. « Au total, on traite environ 34 000 tonnes par an. On collecte les animaux morts dans les fermes, bien sûr, mais aussi dans les boucheries, abattoirs et sociétés de chasse ».

Quatre acteurs sur le territoire national

Et d’expliquer la genèse du marché. « Dans les années 80, l’État s’est déchargé de ce secteur. C’est ainsi que le système d’ATM (animaux trouvés morts) a été mis en place. Un système financé par les paysans et les consommateurs (lorsqu’ils paient leurs produits). Nous sommes quatre acteurs en France dont le groupe Saria, qui détient des parts dans la Sopa, et qui possède la majorité du marché français ».

Appel d’offres recalé

En 2021, un appel d’offres a été fait, comme cela est fait régulièrement, pour l’attribution du marché national. « Nous avons donc répondu. Et comme d’habitude, on a exprimé notre souhait de conserver notre zone de couverture. Mais nous n’avons pas eu la réponse attendue et le marché a été confié à Saria. On a donc fait une autre offre en baissant nos prix malgré la hausse des coûts de l’énergie, mais cela n’a rien changé ».

« Nous apportons un service indispensable »

Dès lors, depuis ce 31 janvier 2022 « c’est Saria qui doit s’occupe de notre zone, mais dans les faits, nous continuons notre travail dans le Cantal. C’est normal, les paysans sont parties prenantes de la Sopa et il faut bien ramasser ces animaux morts. Nous apportons un service indispensable à toutes ces personnes. On met des gros moyens pour répondre très vite à la demande. L’animal est, dans la majorité du temps, ramassé dans la journée. On vient de faire de gros investissements dans notre usine. La Sopa est une Sica (société d’intérêt collectif agricole) dont les statuts ont été déposés pour 50 ans. Il y a quelques mois, on a eu un conseil d’administration et j’ai voulu repartir pour 50 ans de plus. Mais là, Saria n’était pas d’accord. Avec le recul, je comprends pourquoi ».

Quid des salariés ?

Et de se montrer inquiet pour l’avenir et les 40 salariés. « Saria veut que l’on ferme l’entreprise et que l’on soit un sous-traitant. Que l’on fasse de la collecte et du transport d’animaux pour les amener dans leurs usines, comme en Allemagne, par exemple. Ce n’est pas acceptable ».

Pas de suppressions d’emploi pour la Secanim

Une assertion retoquée par Frédéric Varjabedian, directeur de la Secanim sud-est (filiale de la Saria). « Il n’est pas question de supprimer des emplois. On veut juste que la collecte soit organisée conformément aux règles en vigueur comme nous avons le marché et la responsabilité de cette collecte ».Et de poursuivre  : « On a proposé à la Sopa de la continuer en tant que sous-traitant, mais cela n’a pas été accepté. Nous, nous voulons conforter la Sopa et même éteindre sa zone d’action, comme dans le Lot tout entier, par exemple ».Vidéos : en ce moment sur ActuEt de sensibiliser les « éleveurs pour leur signaler qu’ils sont hors-la-loi s’ils font ramasser leurs animaux par la Sopa. Notre volonté est de nouer des partenariats locaux ».

Sopa obtient gain de cause, dans un premier temps

Mais dans les faits, le dialogue semble complètement rompu. En effet, des actions en justice ont été lancées par les « deux parties ». De son côté, Frédéric Varjabedian indiquait avoir lancé une action en justice  : « pour nommer un administrateur ou médiateur ». Un jugement a été rendu ce 20 juillet 2022, par le tribunal de commerce d’Aurillac, et il déboute la société. Il est notamment indiqué  : « l’attitude de SARIA est à l’origine des tensions entre les actionnaires… les animaux morts demeurent cependant la propriété de l’éleveur et le choix de l’équarrisseur relève de son propriétaire ». Contactée, la société Sécanim sud-est indique le fait qu’elle va faire appel de cette décision.Devant ce résultat, Jean-Pierre château se montre satisfait  : « Cela nous conforte dans nos positions. Le paysan est libre de faire enlever ses animaux morts à qui il veut, c’est son choix ». Et de rajouter  : « On me reproche de ne pas communiquer. Je vais faire, dans les prochaines semaines, une réponse avec des propositions ».Et d’indiquer aussi qu’une action en justice a été lancée par la Sopa en mai 2022 à l’encontre de Saria  : « Car ils adoptent une position contraire au bon fonctionnement de la Sopa alors qu’ils sont actionnaires. Puis également envers l’attribution du marché ATM qui n’est pas logique et que l’on conteste. On espère avoir une réponse à l’automne de cette année ».Cet article vous a été utile ? Sachez que vous pouvez suivre Actu Cantal dans l’espace Mon Actu. En un clic, après inscription, vous y retrouverez toute l’actualité de vos villes et marques favorites.