ces opportunités qu'offre le secteur de la défense


Entreprendre : ces opportunités qu’offre le secteur de la défense

La Défense nationale s’intéresse de près aux start-up et à leurs innovations. Un intérêt réciproque  : le secteur de la sécurité offre de belles opportunités aux entrepreneurs prêts à s’y frotter.

Repenser la sécurité aérienne et lutter contre l’intrusion de drones, c’est l’objectif de la société CerbAir. Assez vite, la jeune pousse, créée en 2015, est contactée par le ministère des Armées. Il lui aura fallu patienter deux ans pour signer des contrats. Mais le jeu en valait la chandelle : «80% du chiffre d’affaires de CerbAir, qui s’élève à plusieurs millions d’euros, provient de ses marchés institutionnels, en France et à l’étranger», indique Lucas Le Bell, l’un des cofondateurs. Autre domaine, même constat, pour Frédéric Raynal, créateur de Quarkslab, expert en cybersécurité  : «Travailler avec l’armée prend du temps : entre l’appel d’offre et l’attribution du marché, il peut se passer deux ans. A l’échelle d’une entreprise, c’est très, très long. En contrepartie, si la solution convient à l’armée, un renouvellement se met en place assez rapidement.» Sa société s’en sort avec les honneurs  : elle compte aujourd’hui 80 salariés et réalise 4,5 millions d’euros de chiffre d’affaires.

ces opportunités qu'offre le secteur de la défense

h2>A l’affût de l’innovation

qui travaille pour des services de renseignement un peu partout sur la planète (5 millions d’euros de chiffre d’affaires). Clément Galic confirme. UnseenLabs, sa société de nanosatellites pour la surveillance des activités en mer (4 millions d’euros de chiffre d’affaires) est en lien avec la Marine nationale. «Mes deux frères et moi avons pu compter sur le soutien total de l’état-major dès qu’il a été validé que notre technologie répondait bien à son cahier des charges.» Cette rigueur, c’est le nerf de la guerre pour l’armée : pas question que ses sous-traitants meurent ou que ses appareils tombent en panne en pleine opération…

h2>Une solide carte de visite

Entrer en contact avec la Défense signifie aussi découvrir des codes et un langage très particulier. «Montrer son intérêt pour le secteur est primordial. Cela peut passer par la façon dont on s’adresse à quelqu’un en l’appelant par son grade. Ou par la mémorisation des innombrables acronymes du milieu. Au départ, nous faisions des glossaires et des quiz pour être certains de tout retenir», se souvient, amusé, Arnaud Guérin. Mais travailler avec l’Armée a un énorme avantage  : le pragmatisme est de règle. «N’étant pas un commercial, j’apprécie le fait d’avoir une réponse claire. Quand on me dit oui, je sais que j’aurai un engagement. Idem sur le paiement, c’est beaucoup plus sérieux que n’importe quel donneur d’ordre civil», se réjouit Nicolas Hernandez, fondateur d’Aleph Networks, le «Google» du Dark Web. Enfin, l’Armée représente une sacrée carte de visite. Antoine Tournet, fondateur de Diodon, qui produit des drones gonflables et amphibies, l’a constaté : «Cela nous a donné une belle crédibilité à l’étranger. Grâce à notre partenariat de développement pour des prototypes de drones tout-terrain, nous avons décroché des contrats auprès d’unités spécialisées dans quatre pays européens.» >> Découvrez en vidéo le H160, le nouvel hélicoptère de la gendarmerie nationaleAucun problème donc pour aller chercher du business avec des armées des marchés civils à l’étranger. La Défense n’impose pas de clauses d’exclusivité. Au contraire, elle encourage ses poulains à développer leur clientèle afin qu’il n’y ait pas de dépendance. «L’armée française est un gage de sérieux dans le reste du monde. En revanche, il est certain qu’on ne peut pas vendre son matériel à la Corée du Nord», modère Nicolas Berdou, expert défense de Bpifrance. Ce terrain est miné. Mais le champ de bataille reste vaste…