Cinq questions pour comprendre les démissions en série dans le gouvernement de Boris Johnson


EDIT à 13h54 le 6 juin 2022 : Boris Johnson a assuré, mercredi lors de la séance hebdomadaire de questions au Premier ministre, qu’il « continuerait » à son poste. Déterminé à rester au 10 Downing Street, il a défendu l’action de son gouvernement, vantant des baisses d’impôt devant les députés. dans la foulée, cinq secrétaires d’Etat ont annoncé qu’ils jettaient l’éponge, portant à 27 le nombre de membres du gouvernement britannique démissionnaires depuis mardi.Lassés des scandales à répétition, des membres du gouvernement britanniques, parmi lesquels deux ministres de premier plan, ont claqué la porte en moins deux jours. Ces démissions en série sont un nouveau coup dur pour le déjà fragilisé Boris Johnson. Touché mais pas coulé, le Premier ministre britannique pourra-t-il survivre à cette énième crise, lui qui a toujours refusé d’envisager la démission ? 20 Minutes fait le point sur ce « gouvernement qui est en train de s’effondrer », selon le chef de l’opposition travailliste Keir Starmer.

Qui sont les ministres britanniques qui ont jeté l’éponge ?

Le ministre de la Santé Sajid Javid, 52 ans, a présenté sa démission mardi en expliquant dans une lettre diffusée sur Twitter que le chef du gouvernement avait « perdu sa confiance ». Il a été suivi quelques minutes plus tard par le ministre des Finances, Rishi Sunak, 42 ans. Le public attend légitimement que le gouvernement soit conduit de « manière compétente et sérieuse » et « c’est pourquoi je démissionne », a écrit Rishi Sunak dans sa lettre à Boris Johnson.

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Dans la foulée, ce mercredi matin, d’autres membres du gouvernement, moins haut placés cette fois, ont eux aussi jeté l’éponge : le secrétaire d’Etat chargé de l’Enfance et de la Famille, Will Quince, ainsi qu’une assistante auprès du secrétaire d’Etat aux Transports. Will Quince a annoncé son départ, jugeant qu’il n’avait « pas le choix » après avoir répété « de bonne foi » dans les médias des éléments fournis par les services du Premier ministre « qui se sont révélés inexacts ». Laura Trott a, elle, démissionné jugeant que la confiance était « perdue ».

Qui remplace ces ministres démissionnaires ?

Boris Johnson a effectivement déjà nommé des remplaçants : Nadhim Zahawi, ancien ministre de l’Education, reprend le portefeuille des Finances, tandis que Steve Barclay, jusque-là chargé de la coordination gouvernementale, hérite de la Santé. En parallèle, il est à noter que des ministres loyaux ont réaffirmé leur soutien à BoJo, tels que Nadine Dorries, en charge de la Culture. Il est parfois « facile de s’en aller », mais « beaucoup plus difficile » de mettre en œuvre des réformes pour le pays, a pour sa part affirmé Nadhim Zahawi sur SkyNews.

Pourquoi ces ministres évoquent-ils une confiance « perdue » pour justifier leur démission ?

Sajid Javid et de Rishi Sunak ont annoncé leur démission alors que Boris Johnson venait de publiquement présenter ses excuses, reconnaissant avoir fait une « erreur » en nommant en février dans son gouvernement Chris Pincher, qui a démissionné la semaine dernière après avoir été accusé d’attouchements sur deux hommes. Downing Street avait dans un premier temps nié avoir été mis au courant d’accusations plus anciennes contre ce « whip » en chef adjoint, chargé de la discipline parlementaire des députés conservateurs. Une version discréditée par un ancien haut fonctionnaire, poussant Downing Street à reconnaître les faits.

Cette affaire Pincher n’est cependant que « la cerise sur le gâteau » pour les deux ministres, selon le député conservateur Andrew Bridgen. Boris Johsnon était, en effet, déjà considérablement affaibli par le « Partygate », cette affaire de fêtes organisées à Downing Street, malgré les restrictions instaurées pendant la pandémie de Covid-19. Elle lui a valu une amende et un vote de défiance de son propre camp, auquel BoJo a survécu de peu le mois dernier.

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Se sont ajoutées plusieurs affaires à caractère sexuel au Parlement : un député soupçonné de viol a été arrêté puis libéré sous caution mi-mai, un autre a démissionné en avril pour avoir regardé de la pornographie à la Chambre sur son téléphone portable, et un ancien député a été condamné en mai à dix-huit mois de prison pour l’agression sexuelle d’un adolescent de 15 ans.

Pourquoi ce mercredi est-il une nouvelle journée à risques pour Boris Johnson ?

Boris Johnson se prépare à un face-à-face musclé avec les députés britanniques. Et les ministres démissionnaires Sajid Javid et Rishi Sunak seront assis parmi les autres députés conservateurs pour cette séance hebdomadaire de questions au Premier ministre qui s’annonce encore plus animée que d’habitude. Déterminé à rester, Boris Johnson défendra donc une fois de plus son poste à midi au Parlement. Il fera ensuite face aux présidents des principales commissions de la Chambre des Communes, parmi lesquels certains de ses plus virulents opposants chez les Tories.

Mais, au fait, BoJo peut-il vraiment rester Premier ministre ?

Il a toujours exclu de démissionner. Même après les lourdes défaites aux législatives partielles du mois de juin. Même après la démission-choc du président de son parti conservateur Oliver Dowden, qui dans une lettre cinglante lui a lâché un « nous ne pouvons pas continuer comme si de rien n’était (…) Quelqu’un doit prendre ses responsabilités ». Même après le tentaculaire scandale du « Partygate », BoJo est toujours là, accroché à Downing Street.Mais alors que ces démissions interviennent dans un climat social tendu par l’inflation (au plus haut depuis quarante ans et à l’origine de grèves dans plusieurs secteurs d’activité), le Premier ministre pourra-t-il survivre à cette énième crise ? Au sein même de ses rangs, la question semble vite répondue : « Il est temps que Boris s’en aille. Il peut laisser traîner ça quelques heures s’il le veut. Mais moi et une grande partie du parti sommes maintenant déterminés à ce qu’il soit parti avant les vacances d’été : le plus tôt sera le mieux », a confié le député conservateur Andrew Bridgen.Les Britanniques sont en droit d’attendre « de l’intégrité de la part de leur gouvernement », a précisé Sajid Javid en démissionnant : « J’ai le regret de dire toutefois qu’il est clair pour moi que ce ne sera pas le cas sous votre leadership. » Quant à David Frost, ex-secrétaire d’Etat chargé du Brexit qui a démissionné en décembre, il a jugé que ces démissions en série étaient justifiées, et a appelé Boris Johnson à démissionner avant d’aggraver la situation : « S’il s’accroche, il risque d’entraîner le parti et le gouvernement avec lui. »Selon un sondage de l’institut YouGov publié mardi, 69 % des électeurs britanniques estiment que Boris Johnson devrait démissionner. Plus de la moitié (54 %) des électeurs conservateurs de 2019 pensent que le Premier ministre doit quitter son poste.


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