Classique Gilbert : Sport/Foot Magazine


Après un parcours prodigieux, Philippe Gilbert (quarante ans) met un terme à sa carrière. Dans la série documentaire «Classique Gilbert», le coureur ardennais est d’une franchise déconcertante et laisse entrer les caméras partout: à Monaco, dans le bus des coureurs et même lors de son mariage avec Bettina. Entre victoires héroïques et moments privés émouvants.

«Mon rêve est de gagner les cinq monuments: Milan-Sanremo, le Tour des Flandres, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie (…) Seules trois personnes ont pu le faire : Eddy Merckx, Roger De Vlaeminck et Rik Van Looy. Mais je pense que c’est possible. Et c’est ma motivation, mon moteur pour la course.»C’est ainsi que commence la série qui alterne entre images d’il y a quatre ans à aujourd’hui et des séquences d’archives. De la reconnaissance de Paris-Roubaix en 2019, par exemple, au Circuit Het Volk en 2006, et inversement. Le programme slalome entre les entretiens que les réalisateurs ont menés avec la famille, les amis, les autres coureurs et PhilippeGilbert lui-même. Il rappelle un peu le documentaire Netflix TheLastDance sur la carrière de MichaelJordan avec les Chicago Bulls. BELGAIMAGE &. à laquelle le vainqueur Gilbert répond en néerlandais. «Je dois dire un grand merci à l’équipe.» Schotte conclut: «Merci pour votre néerlandais.»C’est la course où Gilbert se révèle au grand public pour la première fois. «Je pense que les Flamands ont commencé à l’aimer à partir de ce moment-là», dit son père, Jeannot. Gilbert revient sur cette interview : «J’ai couru pour des équipes flamandes dès la catégorie junior et j’avais beaucoup d’amis flamands. Mon néerlandais n’était pas encore parfait, mais je me suis dit: Nous sommes en Flandre, il serait logique que je parle la langue de la région.»

LEWIS HAMILTON COMME CLIENT

Dans le documentaire, Gilbert préfère également parler en néerlandais lorsqu’il est interviewé. Aller vivre en Flandre était cependant un pas de trop. Il y a quatorze ans, le champion cycliste d’Aywaille a choisi Monaco comme port d’attache. Il y a ouvert «The Bike Shop by Philippe Gilbert» à La Condamine, le centre commercial le plus branché de la Côte d’Azur. Au bout de la petite rue étroite où se trouve le magasin de vélos, on a une vue imprenable sur le Rocher, où Gilbert a acheté une maison, non loin de la propriété du Prince Albert.Parmi les célèbres (anciens) clients de son magasin : AlexandreVinokourov, SimonGerrans et DavideRebellin, entre autres. Même le septuple champion du monde de Formule 1 LewisHamilton y a acheté son vélo de route.Gilbert a les larmes aux yeux sur la ligne d’arrivée de Milan-San Remo 2019, remporté par son coéquipier Julian Alaphilippe. «Je ressens plus d’émotion que lorsque je gagne moi-même. BELGAIMAGE &, bien sûr, est avant tout là pour s’entraîner. «D’habitude, je parcours plus de kilomètres que ce que prévoit mon programme», raconte-t-il. «Les conditions sont bonnes. Le temps est souvent clément. En décembre, il fait parfois encore quinze degrés. J’ai vraiment besoin d’un hiver comme celui-ci. Sinon.»À Monaco, Gilbert roule un moment avec l’ancien coureur NicolasRoche, le fils de l’ex-vainqueur du Tour Stephen. «J’aime m’entraîner avec lui parce qu’on est un peu le même type de coureur», explique Gilbert.» Gilbert et Roche se connaissent depuis longtemps. «J’ai toujours été fan de Philippe et je le suis de près», affirme l’Irlandais. «Chaque fois qu’il gagne une course, il écrit un morceau de l’histoire du cyclisme.»Le directeur sportif Wilfried Peeters sait à quoi pourrait ressembler l’avenir de Gilbert: «Il connaît très bien la course. Il serait parfaitement à sa place dans une voiture. BELGAIMAGE &. À la Flèche Brabançonne, il bat BjörnLeukemans au sprint. À peine quatre jours plus tard, il remporte l’Amstel Gold Race pour la deuxième fois consécutive. Et trois jours plus tard, il est encore en pleine forme dans la Flèche Wallonne. Personne ne résiste à un Gilbert déchaîné dans le Mur de Huy. Le dimanche de Pâques, il réalise son rêve en remportant Liège-Bastogne-Liège. Dans un sprint à trois, il bat les frères Fränk et AndySchleck. Gilbert devient ainsi le premier cycliste à remporter consécutivement les quatre classiques printanières vallonnées. La même année, il remporte encore, entre autres, le Tour de Belgique, le championnat de Belgique, une étape du Tour de France, la Clásica San Sebastián, le GP de Québec ou le GP de Wallonie.Même pendant sa rééducation après sa fracture de la rotule, Philippe Gilbert ne cessait de parler de son grand rêve : remporter les cinq monuments. BELGAIMAGE &, c’est que Gilbert ne chasse pas uniquement les victoires dans les courses cyclistes. «Nous sommes une famille qui aime la nature», dit-il. «Quand j’avais seize ans, je faisais beaucoup de VTT et je rencontrais toujours le garde forestier. Et il s’est rendu compte que je m’intéressais à la chasse. Il m’a ensuite invité plusieurs fois.»Pour Gilbert, chasser dans les Ardennes ne se résume pas à tuer des animaux. «C’est aussi l’entretien des forêts, c’est une passion. Les gens qui ne comprennent pas la chasse ne voient que le moment où vous avez une arme et tirez. Ce n’est qu’un court instant.»

DES CRAMPES DERRIÈRE LES OREILLES

Le passage de BMC, où Gilbert gagnait beaucoup d’argent, à Quick-Step Floors en 2017 est certainement un moment marquant de la série. On découvre alors un coureur qui place l’ambition au-dessus de la rémunération.«Gilbert m’a appelé et m’a dit qu’il était en fin de contrat et qu’il voulait venir rouler chez nous», raconte PatrickLefevere, PDG de Quick-Step Floors à l’époque. «J’ai tout de suite dit: Oui, mais on ne va pas passer trop de temps là-dessus, je n’ai de toute façon pas d’argent pour toi. Je sais ce que tu gagnes chez BMC. Mais il m’a répondu : Ce n’est plus une question d’argent. Et j’ai demandé : De quoi s’agit-il alors? Il voulait combler les quelques trous de son palmarès. Notamment le Tour des Flandres, Sanremo et Roubaix. Et il ne pouvait le faire qu’avec moi, a-t-il dit.»En 2012, Philippe Gilbert est devenu champion du monde à Valkenburg, aux Pays-Bas. Personne n’a pu répondre à son démarrage foudroyant dans le Cauberg. BELGAIMAGE &, plus des primes pour les courses remportées. Impitoyablement, Lefevere supprime les bonus et les remplace par un nouveau tableau. Le lendemain matin, Gilbert rappelle : «Je suis à toi».Très vite, un premier trou dans le palmarès déjà bien fourni de l’époque est comblé. Après des places d’honneur dans À travers la Flandre et le GP E3, où il a démontré sa grande forme, Gilbert entame le Tour des Flandres dans la peau de l’un des favoris. Et avec le maillot tricolore de champion de Belgique sur les épaules. Dans le Vieux Quaremont, Gilbert place l’attaque décisive. Il tient tête à ses poursuivants PeterSagan, GregVanAvermaet et OliverNaesen et s’impose après un solo de plus de cinquante kilomètres. Un véritable tour de force. «Je me souviens encore des cinq ou six derniers kilomètres», déclare le directeur de l’équipe WilfriedPeeters. «Il avait des crampes jusque derrière les oreilles. Et il a gagné le Ronde d’une manière qu’on n’aurait jamais cru possible.»«Il y a des événements plus importants qu’une victoire», dit Philippe Gilbert à sa fiancée Bettina Pesce. Ce à quoi elle répond face caméra : «On attend un bébé ! ». BELGAIMAGE &. Il lui manque encore Milan-Sanremo et Paris-Roubaix. admire son coéquipier de l’époque, TomBoonen.Pendant des années, Boonen et Gilbert ont été concurrents. Le Flamand se souviendra longtemps de leur confrontation au championnat de Belgique à Hooglede-Gits en 2011. Dans une courte pente, Gilbert lui a faussé compagnie. Avant cela, Boonen avait déclaré :, j’arrête de courir». Heureusement, il n’a pas mis sa menace à exécution.Lorsqu’on lui demande qui est finalement le meilleur des deux, l’amateur de cyclisme flamand moyen, qui n’hésite pas à faire preuve d’un peu de chauvinisme, répond souvent: Boonen ! Mais quiconque jette un regard honnête sur le palmarès sait que Gilbert est supérieur. «Dans le cyclisme moderne, Gilbert n’a pas d’égal», admet Boonen.

MAUVAISE CHUTE

Gilbert commence à croire qu’il peut réussir le défi de gagner les cinq monuments. Les médias s’emparent également de cette quête. Ainsi, avant Milan-Sanremo 2018, les attentes sont très élevées.«C’est la première fois que j’ai roulé avec l’idée des cinq monuments en tête», affirme Gilbert. «Mais je n’ai jamais pu prétendre à la victoire. J’étais déçu, mais le stress et la fatigue ont certainement joué un rôle à ce moment-là. J’avais des problèmes à la maison avec mon divorce. Ma préparation n’avait pas été idéale. J’ai gardé ça pour moi. Et la presse n’en a jamais parlé. Au cours des quinze dernières années, presque rien de ma vie privée n’a été publié. C’est mon droit de garder ça pour ma famille et mes amis. C’est pourquoi j’ai réglé les problèmes moi-même.»D’autres soucis se sont ajoutés lorsque Gilbert a dégringolé de plusieurs mètres dans une descente lors du Tour de France 2018. Une mauvaise chute. Il termine l’étape et se voit même attribuer le prix de la combativité. «Je vais quand même terminer le Tour sur le podium», dit-il en riant. En fait, il s’est cassé la rotule et est contraint à l’abandon.Le docu montre ensuite Gilbert à Visé avec ses deux fils Alexandre et Alan, cinq et sept ans à l’époque. «Je suis seul avec eux et je leur ai dit qu’on ne pouvait pas sortir beaucoup parce que papa doit utiliser une machine pour bouger son genou.» Même pendant sa rééducation, Gilbert parle constamment de son grand rêve : gagner tous les monuments.Un an plus tard, Gilbert tente une nouvelle fois de remporter Paris-Roubaix. Les choses ne s’annoncent pourtant pas très bien. BettinaPesce, la fiancée de Gilbert à l’époque, raconte : «Il a été malade. Il était déshydraté et émacié. Ces derniers jours, il a bien récupéré, en mangeant et en buvant bien. Et une dernière longue sortie d’entraînement s’est très bien passée. Il est prêt. Je m’en rends compte. Il est très concentré et ne parle pas beaucoup.»La Française est sur la ligne de départ pour prodiguer ses derniers encouragements. Elle le soutient également tout le long du parcours: «Allez, chéri ! » Bettina connaît la course. Mais surtout, elle apporte à Gilbert ce qui lui a manqué plus d’un an auparavant, en pleine procédure de divorce : la chaleur qui peut donner à un coureur ce petit pourcentage en plus qui fait parfois la différence.Dans ces circonstances et avec la conviction que l’âge peut être un avantage dans l’enfer du Nord, Gilbert prend le départ avec énormément de confiance. «Si vous regardez la liste des anciens vainqueurs, il y a pas mal de coureurs âgés parmi eux, expérimentés et forts. Ça me donne confiance.»Tremblante, les larmes aux yeux et hurlant de joie, Bettina voit son Phil franchir la ligne en premier dans le Vélodrome André Pétrieux. «Il a travaillé si dur pour ça», déclare-t-elle après coup. «Il l’a mérité.» À 36 ans, le nombre de monuments remportés s’élève désormais à quatre. «Qui ose encore dire que Sanremo ne lui réussira pas?», s’exclame le commentateur MichelWuyts après coup.Lors de la fête suivant la victoire avec l’équipe, Gilbert exprime sa gratitude. «J’ai roulé pour de nombreuses équipes, mais celle-ci est unique. C’est une vraie famille.» Une victoire d’étape à la Vuelta en septembre 2019 sera toutefois le dernier exploit de Gilbert pour Quick-Step. Et ce qu’il ne réalise pas à ce moment-là : c’est aussi son dernier bouquet avant longtemps. Contre son gré, le coureur revient dans l’équipe avec laquelle il a autrefois enchaîné les succès: Lotto.

COACH BETTINA

«On a la même ambition : gagner des courses d’un jour», dit Gilbert dans la voiture qui roule vers la première réunion chez Lotto-Soudal en 2019. «Sanremo est le seul monument que je n’ai pas encore gagné. Surtout avec la pression des gens, de la presse, des autres coureurs… Mais continuer à viser cette victoire me donne la force de continuer à m’entraîner, de continuer à poursuivre mon objectif».C’est à bras ouverts que DirkCoorevits, le PDG de Soudal, accueille le fils prodigue. Tout va bien se passer. Nous sommes confiants.» Récemment, Coorevits s’est exprimé d’une manière totalement différente lorsqu’il a fait le bilan des années de vaches maigres du coureur chez Lotto. «Gilbert a apporté trop peu pour le contrat qu’il a obtenu. On aurait mieux fait de consacrer cet argent à autre chose.»Tout le monde n’est pas aussi sévère dans son analyse. «Je connais plusieurs jeunes dans cette équipe qui ont évolué de manière incroyable grâce à Philippe», déclare EddyBielen, le conseiller financier de Gilbert, qui l’assiste depuis des années. «La manière dont il a vécu en vrai professionnel au crépuscule de sa carrière a été un avantage impayable pour Brent Van Moer, Florian Vermeersch et Arnaud De Lie.»L’émotion prend le dessus pour Bettina lorsque Gilbert remporte Paris-Roubaix en 2019. BELGAIMAGE &, Bettina rit: «S’il gagne Sanremo, sa saison sera terminée sur-le-champ.» Ne voulant pas ruiner ses chances de remporter ce dernier monument, Gilbert tempère : «Chut».C’est là, dans la maison de ses parents à Remouchamps, que tout a commencé. «À la fin de mes séances d’entraînement, la pente menant à la maison de mes parents était toujours mon dernier sprint. Et tout au long de ma carrière, ça a été ma grande force.»Après l’édition 2020 de Milan-Sanremo, terminée à la neuvième place, Gilbert combat la déception une bière à la main sur sa terrasse de Monaco, qui surplombe la Méditerranée. Il regarde Bettina et sourit: «Il y a sûrement une victoire à annoncer aujourd’hui, un événement bien plus important». Ce à quoi Bettina répond face caméra : «On attend un bébé.»Après la naissance de leur fille Valentine, le couple a un autre projet: un mariage en France en mai 2022. «Bettina a toujours été là pour moi et l’est toujours», déclare Gilbert. «Elle m’aide à faire des choix. Elle est parfois plus stricte que moi.» Selon son père Jeannot, Bettina est la véritable coach de son fils.Sur le plan sportif, les dernières années de la carrière cycliste de Gilbert sont à oublier. Le 8 mai, il a remporté la victoire finale des Quatre Jours de Dunkerque, après avoir également décroché une étape auparavant. La 80e victoire d’une riche carrière. Une libération dans une saison où le succès semblait plus éloigné que jamais. Depuis la Vuelta 2019, il a dû patienter 967 jours avant de remonter sur la plus haute marche d’un podium. «Je sais maintenant que je suis encore capable, de gagner. C’est agréable. J’ai l’impression d’être redevenu comme autrefois. Tout l’hiver, j’ai eu des problèmes respiratoires. J’ai immédiatement réalisé que ça pouvait être la dernière victoire de ma carrière.» L’espace d’un instant, on a eu l’impression que le Gilbert version 2011 était de retour. BELGAIMAGE &, où il a remporté quatre fois l’Amstel Gold Race et est devenu fois champion du monde. Les cyclotouristes pourront y faire un tour et Gilbert lui-même disputera un critérium avec des coureurs contre lesquels il a couru pendant des années comme ThorHushovd, AlessandroBallan et JelleVanendert.Gilbert. a remporté l’Amstel Gold Race pas moins de quatre fois au total. BELGAIMAGE &? Wilfried Peeters a sa petite idée : «Il connaît très bien la course. Souvent. Il serait parfaitement à sa place dans une voiture.» Mais Gilbert n’a pas directement l’ambition de devenir directeur sportif. «Je ne sais pas encore ce que je vais faire exactement. La course restera une passion. Je continuerai à suivre le cyclisme à la télévision.» Notamment en tant que co-commentateur pour Euro- sport. Pour rester crédible dans ce rôle, Gilbert veut rester en forme pour continuer à pouvoir s’entraîner de manière professionnelle.Voir ses deux fils pédaler sur un vélo de course fait vibrer son cœur de coureur, mais il n’est pas indispensable pour Philippe Gilbert qu’ils suivent ses traces. BELGAIMAGE &, Gilbert n’a jamais pu gagner la Primavera. Deux troisièmes places à Sanremo sont ce qui le rapproche le plus de Merckx, De Vlaeminck et Van Looy. En 2019, c’est son coéquipier JulianAlaphilippe qui l’a emporté. Sur la ligne d’arrivée, Gilbert avait les larmes aux yeux. «Je ressens plus d’émotion que lorsque je gagne moi-même. Parfois, il faut mettre de côté sa propre ambition au profit de l’équipe.»Ce petit vide n’enlève rien au reste de son palmarès: quatre des cinq monuments remportés et un total de 80 victoires professionnelles. De quoi faire de lui un monument vivant du cyclisme.

Philippe Gilbert Date de naissance 5/07/1982VervierséquipesFrançaise des Jeux (2003-2008) Silence-Lotto (2009) Omega Pharma-Lotto (2010-2011) BMC Racing Team (2012-2016) Quick-Step Floors (2017-2018)Deceuninck- Quick-Step (2019)Lotto-Soudal (2020-2022)PRINCIPALES VICTOIRESChampionnat de Belgique sur route (2011 & 2016)Championnat du monde sur route (Valkenburg, 2012)Tour des Flandres (2017)Paris-Roubaix (2019)Amstel Gold Race (2010, 2011, 2014 & 2017)Liège-Bastogne-Liège (2011)Tour de Lombardie (2009 & 2010)Flèche Wallonne (2011)Clásica San Sebastián (2011)Circuit Het Volk (2006 & 2008)Strade Bianche (2011)Paris-Tours (2008 & 2009)Flèche Brabançonne (2011 & 2014)Tour d’Italie : 3 étapesTour de France : 1 étapeTour d’Espagne : 7 étapes

«En tant que producteur, j’ai juré quelques fois.» Philippe Gilbert ne compte plus les demandes d’interviews. Ces derniers mois, il a tout refusé parce qu’il voulait se confier comme jamais dans une série documentaire pour la VRT et la RTBF. C’est la société de production Watertower qui a réussi à mettre la main sur le champion.«J’ai fait la connaissance de Philippe Gilbert en 2009», raconte le réalisateur Gilles Simonet de Watertower TV Productions. «La VRT avait organisé une cérémonie de remise de prix pour les cyclistes et Gilbert figurait parmi les lauréats. On lui a donc rendu hommage via une liaison radio depuis Milan. Le timing était parfait, car il venait de remporter le Tour de Lombardie pour la première fois. L’ambiance était bonne et après l’émission, je suis resté avec lui au bar de l’hôtel. Il y a eu un déclic instantané. Des années plus tard, j’étais à la recherche d’un athlète de haut niveau qu’on pourrait suivre pour une nouvelle série télévisée. On avait fait un documentaire sur la dernière année de course de Sven Nys. J’ai donc contacté Gilbert en 2017 et j’ai été autorisé à venir à Monaco avec le réalisateur Jan Vandermotte. Jan est malheureusement décédée il y a trois ans. Gilbert a été immédiatement séduit par l’idée et on a commencé à le suivre. Une chaîne émettrice a également été rapidement trouvée. Olivier Goris, netmanager de Eén et Canvas, n’a pas hésité : «On n’a rien fait pour les adieux de Tom Boonen, on ne veut pas commettre cette erreur deux fois.»Vous l’avez alors suivi pendant plusieurs années?SIMONET : En fait, on s’attendait à ce qu’il ne coure plus très longtemps. Mais il a finalement roulé pour Quick Step pendant trois autres années et en 2020, il a signé avec Lotto-Soudal. Sa carrière n’avait pas de fin. (il rit) En tant que producteur, j’ai juré quelques fois. On savait qu’il ne serait pas en mesure de gagner beaucoup ces dernières années.Quel est le moment qui vous a le plus marqué au cours de ces dernières années?SIMONET : Le jour où on a suivi Gilbert à la chasse. Il a énormément hésité à nous laisser filmer, car il craignait les réactions des gens. Mais c’était très beau et respectueux. C’était une journée magnifique, mais froide. Très télégénique. Et on pouvait clairement voir qu’il était totalement absorbé par la chasse. C’était fantastique de voir qu’il peut s’adonner à une autre passion que le cyclisme.Le premier épisode de la série documentaire «Classique Gilbert» a été diffusé le 4 octobre sur Eén, la première chaîne de la VRT. Les deuxième et troisième épisodes sont programmées les 11 et 18 octobre. La série entière pourra être revue dans son entièreté sur VRT MAX. Le 15 octobre, La Une diffusera une longue émission consacrée au coureur.

Philippe Gilbert et Bettina Pesce se sont mariés en France en mai 2022. Selon le père de Gilbert, c’est elle la véritable coach de son fils. BELGAIMAGE &, BELGAIMAGE &, BELGAIMAGE &