« Mon client est une victime », selon l'avocate du père de la fillette agressée


Dernière plaidoirie de la défense : maître Anne-Laure Lebert qui intervient pour le papa de la fillette. « Mon client est une victime qui bascule du côté du prévenu. Il est le seul à reconnaître les violences. »« Qu’est-ce qu’il mérite comme peine ? Ce n’est pas simplement quelques minutes de violence qu’il s’agit de juger, mais les 24 heures que ce père de famille a vécu. Avec sa fatigue, son émoi, sa tristesse, son essoufflement. »« Les réquisitions mettent complètement de côté un traumatisme qui a été le moteur de son passage à l’acte. »

« On ne va pas condamner à un an de prison ferme un homme qui est venu en soutien de son ami »

de ne pas avoir tout de suite appelé la police On ne va pas condamner à un an de prison ferme un homme qui est venu en soutien de son ami. »

« Mon client est une victime », selon l'avocate du père de la fillette agressée

« Quel poids donner aux déclarations d’un homme qui a agressé la veille une fillette ? »

Je me pose vraiment la question. Il a immobilisé le mis en examen, il a servi de bouclier. Pourquoi a-t-on quatre personnes au tribunal ? Parce que le mis en examen explique dans ses déclarations qu’ils étaient quatre ou cinq. »« Puis il dit qu’il a été frappé par trois personnes. Par deux personnes, aussi. Quel poids donner aux déclarations d’un homme qui a agressé la veille une fillette ? »

Une relaxe « qui s’impose », selon l’une des avocates de la défense

cette nuit-là, ne procèdent à aucune interpellation, à part celle de l’adolescent. Mais il fallait faire le nombre. »

dans l’obscurité, se tromper »

je dis qu’ils ont pu, dans l’obscurité, se tromper. Quant aux déclarations de la victime, qui après coup n’a pas reconnu mon client, on sait qu’il a menti, je ne lui porte aucun crédit. »

« Il fallait attendre quoi ? Qu’il recommence ? Une deuxième agression ? »

A 2 heures du matin ? Sans être capable ensuite d’expliquer lequel aux enquêteurs ? »« Il fallait attendre quoi ? Qu’il recommence ? Une deuxième agression ? Une deuxième victime ? Vous ne pouvez pas demander cela aux prévenus. On fait du droit, mais on fait aussi de l’humain. »

« Une seule victime, cette fillette de 6 ans »

racontant son agression. « S’il y a une victime, une seule, c’est cette fillette et elle a 6 ans », lance l’avocat.

Les avocats de la défense ont débuté leur plaidoirie à la suite de la suspension d’audience./Yves SALVAT

Audience suspendue

L’audience est suspendue pour une dizaine de minutes, elle reprendre avec les plaidoiries des avocats de la défense.

18 mois de prison dont 6 à 9 mois avec sursis probatoire requis contre le père de la fillette

« Pour les trois autres, il n’y a aucune difficulté. Je tiens compte du contexte de l’affaire, mais je tiens aussi compte de la gravité des faits, que ces trois personnes sont déjà connues de la justice », ajoute le procureur de la République.Contre le père de la fillette, il demande une peine de 18 mois de prison dont 6 à 9 mois avec sursis probatoire pendant deux ans.Pour le deuxième prévenu, celui qui était dans la voiture et qui a reconnu l’adolescent, il réclame une peine d’un an de prison dont 6 mois avec sursis. Pour le dernier prévenu, qui se trouve en état de récidive, il requiert une peine de 2 ans de prison, dont un avec sursis.

La relaxe demandée pour un prévenu « au bénéfice du doute »

Selon Abdelkrim Grini, le père de famille et deux des prévenus sont coauteurs des violences. Quant au quatrième homme jugé, « il y a un doute ».« Il est présent sur les lieux, c’est certain. Mais je n’ai pas d’éléments dans la procédure permettant de dire de manière formelle qu’il a frappé la victime. Au bénéfice du doute, il doit être relaxé. »

« Un passage à tabac »

« On est dans le cadre d’un passage à tabac », reprend le procureur de la République. Qui ajoute que la riveraine qui alerte la police explique avoir vu « plusieurs personnes frapper une silhouette à terre ».

« Quelle que soit la décision finale, vous n’avez pas le droit de commettre ces violences »

Abdelkrim Grini,le procureur de la République, complète   : « Certaines personnes ont pensé que c’était normal d’agir de la sorte, que la justice est laxiste. Je ne dis pas que l’on vit dans un monde parfait. Mais on fait sincèrement comme on peut, on fait le maximum. »« Quelle que soit la décision finale dans l’affaire de l’agression, vous n’avez pas le droit de commettre ces violences. Le terrain de l’émotion, de la douleur, je l’entends, mais ça ne donne pas le droit. »

« Une dérive grave que l’on ne peut accepter »

de dire si vous êtes coupables d’interpeller les gens dans la rue, et de commettre des violences, c’est une dérive grave que l’on ne peut pas accepter. »

« Une véritable chasse à l’homme dans les rues de Roanne », analyse le procureur

Pour le début de ses réquisitions, le procureur de la République, Abdelkrim Grini, lance un avertissement : « Ce n’est pas à l’ordre du jour de faire un débat de société. Il appartient seulement au tribunal de dire le droit et de rendre la justice. »Il poursuit : « Dès la plainte de la famille, la police va prendre cette affaire avec beaucoup de gravité et beaucoup de sérieux. Mais certains s’arrogent le droit de faire leur propre enquête. Une véritable chasse à l’homme démarre dans les rues de Roanne. »

« Soit tout le monde a donné des coups, soit tout le monde ment »

« Soit on se dit que tout le monde a donné des coups, et le dossier est simple. Soit il n’y a qu’un auteur des violences, et la police ment, la voisine qui a appelé la police ment, l’un des prévenus ment dans l’une de ses premières auditions. Bref, tout le monde ment », déplore l’avocate de l’adolescent de 16 ans roué de coups dans la nuit du 21 au 22 octobre dernier.

« On l’a lynché », déclare l’avocate de la victime dans sa plaidoirie

il ne fuit pas

/h2> Je me disais que l’agresseur pouvait encore être dans le secteur. Ils m’ont répondu qu’ils n’avaient pas le temps, qu’ils étaient pris par un accident. Dans ma tête, ils n’allaient rien faire. »

Le père tente-t-il de dédouaner ses coprévenus ?

Un autre prévenu est interpellé par son avocat : « On pourrait penser que le père de la fillette prend tout sur lui pour vous dédouaner ».« Je suis assez grand pour assumer mes actes, lui répond son client. Je n’ai pas frappé l’adolescent. Sinon, je l’aurais avoué ».

Les avocats de la défense prennent la parole

« Mon client avait, je le rappelle, demandé une confrontation avec ces fonctionnaires ».

Le procureur de la République demande des précisions aux prévenus

Quand ils arrivent, ils éclairent la scène avec les phares de leur véhicule, ils ont leurs lampes, ils vous reconnaissent et vous voient porter des coups avec un câble électrique. »Le trentenaire répond   : « Je n’ai pas fait cela, je ne comprends pas ».

« Faire en sorte qu’un individu ne rentre pas chez mon ami »

Le procureur de la République pose une question au prévenu qui, posté dans son véhicule, a reconnu l’adolescent : « Vous intervenez à la place de la police, pourquoi ne pas composer le 17 ? »« Je ne suis pas la police, répond le prévenu. J’essaie d’agir pour le bien de tout le monde. J’ai essayé de faire en sorte qu’un individu ne rentre pas chez mon ami, puis j’ai essayé d’empêcher mon ami de faire une grosse bêtise. Je suis intervenu en tant que voisin, je n’ai pas agi à la place de la police. Sinon, nous sommes tous de la police. »

L’avocate de la victime s’interroge sur ces versions discordantes

vous êtes plusieurs agresseurs, mon client a reçu des coups de plusieurs personnes. Pourquoi cette différence entre vos versions ? »Réponse conjointe des prévenus : « On était en pleine nuit, avec l’extinction de l’éclairage public, ils ont dû mal voir. En plus, nous étions tous habillés en noir. »

Maître Camille Thino, avocate du jeune homme frappé./Yves SALVAT

assure le quatrième prévenu

 »

Le troisième prévenu se présente à la barre   : « Je n’ai rien vu »

Je suis arrivé sur la fin, je n’ai rien vu. »

 « Vous pensez que c’était facile de contenir un père plein de rage ? »

. Non. Oui, nous sommes dans un état de droit, on ne doit pas se faire justice soi-même. Mais vous pensez que c’était facile de contenir un père plein de rage ? Je ne voulais pas qu’il franchisse un point de non-retour. »

« J’ai reçu des coups pour protéger le jeune homme », précise le deuxième prévenu à la barre

Un deuxième prévenu passe à son tour à la barre. « Je n’ai pas porté de coups, mais j’en ai reçu pour protéger le jeune homme. A un moment donné, tout ce qui s’est passé, avec l’état d’esprit du papa, ce n’est pas acceptable, mais c’est compréhensible. Personne, à part lui, n’a frappé. »« La situation était très complexe, il y avait de la tension. Je criais, j’appelais à l’aide parce que la situation était extrême. »

Le père avoue être le seul auteur des coups

« Je l’ai frappé. Pas cinquante fois, mais je l’ai frappé. Je suis certain que les autres ne l’ont pas tapé ».« Heureusement qu’ils étaient là, sinon, je ne sais pas comment ça se serait fini. » Avec du recul, il reconnaît que « c’est inacceptable. Dans ma tête, je ne faisais que l’appréhender. »

« J’étais fou de rage », déclare le père à barre

« C’est compliqué, très très dur, on ne retrouve pas le sommeil. »

L’adolescent soupçonné d’agression sexuelle a clamé son innocence lors de son audition

Il a expliqué n’avoir jamais voulu rentrer dans la propriété dans la nuit du 22 octobre. Il assure être innocent de l’agression sexuelle dont on l’accuse. Il raconte avoir été attrapé, frappé et n’avoir pas pu parler.

Quatre personnes sont poursuivies pour violences volontaires après le passage à tabac de l’agresseur sexuel présumé d’une fillette.

La salle d’audience est comble

radio et presse écrite. La salle d’audience est comble. Une dizaine de personnes n’ont pu rentrer et sont restées à l’entrée de la salle pour tenter d’écouter les débats.

Une grande émotion règne autour de cette affaire, selon la présidente

les prévenus ont raconté être « fous de rage, dans un état second ». Des coups de balai, de câble, de poing sont donnés. Deux des prévenus essayent d’immobiliser le jeune homme et de s’interposer pour éviter que les violences ne montent encore d’un cran.

La présidente rappelle les faits du 22 octobre 2022

Ils voient « cinq personnes

Le procès pour l’affaire de l’adolescent roué de coups débute

Le tribunal se consacre maintenant à l’affaire de l’adolescent roué de coups après une agression sexuelle. Ils sont âgés de 28 à 30 ans, et sont jugés pour violences aggravées par deux circonstances (commises en réunion et avec usage ou menace d’une arme) suivies d’incapacité supérieures à 8 jours.L’un des prévenus est en état de récidive légale.La victime, elle, n’est pas présente dans la salle. Soupçonné d’agression sexuelle, il est en détention provisoire en attendant son procès.

L’audience s’ouvre

L’audience est ouverte. Le tribunal commence par rendre un délibéré dans une autre affaire, et reçoit des prestations de serment.

La presse présente en nombre au tribunal de Roanne

Les prévenus et la victime ne sont pas encore là, mais la presse est présente en nombre. Le nombre de places pour le public a été limité à 45.L’audience sera présidée par Claudine Charre. Les prévenus seront défendus par maître Jamel Mallem du barreau de Roanne, maître David Metaxas du barreau de Lyon, et maître Jean-François Canis du barreau de Clermont-Ferrand.La victime sera représentée par maître Camille Thinon, du barreau de Roanne. A l’extérieur de la salle, une quinzaine de personnes, qui souhaitaient assister à l’audience, ont été refoulées par manque de places.

Le rappel des faits

dans sa chambre La mère de la petite victime reconnaît sur ce cliché le garçon qu’elle avait vu 24 heures plus tôt sortir en trombe de la chambre de sa fille.Alors que la police est prévenue, le père de la fillette et deux autres voisins arrivent. Ils frappent violemment le jeune homme, qui se voit prescrire dix jours d’ITT. Parallèlement à l’enquête sur l’agression sexuelle, le procureur de la République de Roanne ouvre une procédure pour violences volontaires avec armes à l’encontre des personnes présentes lors du passage à tabac. Ce sont ces quatre hommes qui doivent être jugés par le tribunal correctionnel de Roanne ce mardi 24 janvier.La première affaire – celle de l’agression sexuelle – sera jugée ultérieurement. L’auteur présumé des faits est en détention provisoire depuis l’automne dernier.