Comment le Challenge européen a fait basculer la saison des Héraultais


Le MHR, au plus mal en début d’année 2021, s’est appuyé sur cette seconde compétition européenne souvent dénigrée pour reprendre pied

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Après leur succès en demi-finale à Bath, Gregory Fichten et les Montpelliérains espèrent s’offrir un second club anglais pour remporter le Challenge européen.

RUGBY – Le MHR, au plus mal en début d’année 2021, s’est appuyé sur cette seconde compétition européenne souvent dénigrée pour reprendre pied Il est rarement joué à fond par les clubs français. Parfois même dénigré. Le Challenge européen, deuxième dans l’ordre d’importance des compétitions européennes, a pourtant joué un rôle majeur dans la réhabilitation de Montpellier. Avant-dernier en février en Top 14, piteusement éliminé de la principale Coupe d’Europe, le MHR a profité de cette « petite » coupe d’Europe pour retrouver des couleurs. Et peut-être sauver sa saison. « On est à 80 minutes de faire quand même une très bonne saison. Car pour moi, quand tu gagnes quelque chose, un titre, c’est toujours une très bonne saison », souligne Philippe Saint-André, le manager.

« On a démontré qu’on avait soif de compétition. »

« Le challenge européen nous a permis d’élever notre niveau de jeu lors de match de très haut niveau, relève le talonneur Guilhem Guirado. On a eu du caractère. On a démontré qu’on avait soif de compétition. » Face à Leicester, double vainqueur de la Coupe d’Europe et monstre du rugby anglais, Montpellier espère aller au bout de son renouveau. Sauvé en Top 14 grâce à une série de cinq victoires consécutives – certaines prestigieuses face notamment aux finalistes de la Coupe d’Europe Toulouse et La Rochelle – il deviendrait le deuxième club français à soulever une seconde fois ce trophée (la première, c’était en 2016 contre les Harlequins) après Clermont (qui, lui, l’a empoché à trois reprises).

« Ce vécu nous a rendus plus fort »

Face à Glasgow, puis Trévise, Montpellier a retrouvé goût à la victoire et chassé la sinistrose qui s’était emparée du club et avait fini par coûter sa tête à Xavier Garbajosa. « On a pas mal galéré mais le groupe ne s’est jamais lâché. On s’appuie dessus pour finir de la plus belle des manières », souligne Arthur Vincent. Le trois-quarts centre (décalé à l’ailier en finale pour tenter de contrer la puissance de son ancien partenaire Nadolo) a longtemps vécu une saison ambivalente entre réussite sous le maillot du XV de France et défaites en club. « Ce vécu nous a rendus plus fort. Il y a un titre à aller chercher pour vivre quelque chose de fort entre nous » Cette fin de saison pourrait bien changer la donne. Lors de sa nomination en janvier, il n’était absolument pas question pour Philippe Saint-André de prolonger à la tête de l’équipe. « Même si ça marche bien, je suis là en mission jusqu’à fin juin, pas plus, pour maintenir le MHR », expliquait-il alors, catégorique.

Et si Philippe Saint-André restait finalement à la tête de l’équipe ?

Mais l’ancien sélectionneur de l’équipe de France, arrivé en février 2020 en qualité de manager, loin du terrain, s’être vite repris au jeu. « Tout de suite, j’ai repris goût à refaire des entretiens individuels, gérer un vestiaire qui vivait très bien », évoque-t-il. « Entraîner, c’est comme nager. Même si tu ne pratiques pas pendant dix ans, tu n’oublies pas ». ​ Après l’échec des négociations avec Franck Azéma et Pierre Mignoni, son président Mohed Altrad pousse pour le maintenir en place. Alors que ses adjoints, Olivier Azam et Jean-Baptiste Elissalde, ont prolongé, l’idée fait son chemin. Lorsqu’il est interrogé sur le sujet, Philippe Saint-André ne répond pas directement à la question. Mais il n’est plus aussi catégorique qu’en janvier sur l’issue de pige à la tête de l’équipe première.