Les coulisses de la rédaction


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Chaque semaine, L’Echo vous livre quelques informations récoltées en coulisses.

Qui est le vrai père des intérêts notionnels?

Le système des intérêts notionnels n’a donc pas survécu au dernier conclave budgétaire. Au grand désappointement de Bruno Colmant, souvent qualifié de père des notionnels. Mais l’est-il réellement? Un père avant tout spirituel, pourrait-on dire. Celui qui fut directeur du cabinet du ministre des Finances Didier Reynders en 2006-2007 avait publié un article dans L’Echo en 1999 où il évoquait un tel système mais les termes «intérêts notionnels» n’y apparaissaient pas. Alors, qui? Il faut regarder du côté de la FEB. En 2003, on s’y active, parce que le système des centres de coordination va être supprimé. Un groupe de réflexion fiscale planche alors sur l’idée de pouvoir déduire un intérêt fictif lié aux fonds propres d’une société. Ce groupe est présidé par Michel Alloo, alors head of taxes chez Umicore. Cet ancien de la Générale de Belgique veut faire d’une pierre deux coups: compenser la fin des centres des coordination et établir une neutralité fiscale entre financement par fonds propres et par emprunt. Coup d’accélérateur en 2004, quand l’expert en fiscalité du ministre des Finances Roland Rosoux lance, lors d’un séminaire, l’idée de ces intérêts notionnels. Dans «Entreprendre pour la prospérité » (FEB et Racine), Michel Alloo et Jean Baeten, expert fiscal de la FEB, reviennent sur cette naissance des notionnels en 2006. Il nous revient qu’à l’époque certaines réunions des pères des notionnels ont eu lieu dans les salons feutrés du Cercle royal gaulois, pas très loin du Parlement ni des cabinets du Premier ministre et du ministre des Finances. C’est là que sont nés les notionnels.

Chez IBA, on fait la fête avec les autres

Yves Jongen, Pierre Mottet, Olivier Legrain. Ce solide trio entrepreneurial recevait ce mardi une foule d’invités pour fêter, avec un an de retard (covid oblige), les 35 ans d’IBA. La firme spécialiste de la protonthérapie aurait pu se contenter d’une séance d’auto-célébration et tout le monde aurait compris. Mais non. Au lieu de sortir les muscles, IBA a proposé de réfléchir au monde comme il va, en partageant la scène pour embrasser les défis du moment (énergie, emploi, gouvernance,…) avec d’autres entrepreneurs : Sébastien Dossogne, Grégoire Dallemagne ou Grégor Chapelle mais aussi Anne-Laure Van der Wielen qui pilote 2030, un collectif de dirigeants d’entreprise où l’on parle durabilité.Président d’IBA (et précédent CEO), Pierre Mottet était évidemment à la fête, même si le président de l’Union wallonne des entreprises qu’il est aussi a, logiquement, eu des accents inquiets sur le futur de la Région. Il a appelé notamment à une gouvernance à la hauteur des enjeux, «et ça commence par une vision du futur qui dépasse les prochaines élections et qui soit basée sur l’intérêt général, autre chose donc qu’une juxtaposition de mesures non coordonnées, sans objectifs définis et sans suivi chiffré.» Au passage, il a salué… Yaka !, l’initiative lancée par votre média préféré pour booster l’esprit d’entreprendre en Wallonie et à Bruxelles.CEO depuis dix ans, Olivier Legrain portait son costume habituel, celui de l’optimisme : «Contrairement à ce que veulent nous faire croire trop souvent la presse et les discours dogmatiques de certains mouvements politiques, le monde d’aujourd’hui est bien meilleur que celui d’hier, et nous pouvons, si nous le décidons, construire ensemble un monde encore meilleur demain pour les générations futures.»

Après le savon collectif…

Un drame en deux actes du côté de l’Union européenne.Acte I. Les ambassadeurs de l’Union européenne n’en ont pas cru leurs oreilles, lundi. Revenus des quatre coins du monde pour les journées diplomatiques, ils ont pris d’entrée de jeu un savon pas piqué des hannetons.Leur patron, le haut représentant de l’UE, Josep Borrell, leur a livré un discours très cash – et très lucide – sur les errements de l’Europe et l’urgence de s’adapter dans un monde qui change très vite. Les Bisounours, c’est fini : «Ce n’est pas le moment de vous envoyer des fleurs en disant que vous êtes beaux, que vous travaillez très bien, que nous sommes très heureux, que nous sommes une grande famille, etc. C’est le moment de parler entre nous de ce que nous ne faisons pas assez bien, de pourquoi je ne suis pas toujours satisfait de la façon dont mes délégations travaillent, et d’envoyer des messages clairs sur la façon dont j’aimerais que vous vous amélioriez.»Et le chef de la diplomatie européenne de demander à ses services d’être à la fois plus réactifs et plus proactifs, notamment dans leur travail de remontée de l’information : «Quelque chose se passe, vous informez. Je ne veux pas continuer de lire dans les journaux que quelque chose est arrivé quelque part sans que nos délégations n’aient rien dit.»C’est cash. Question aux managers dans la salle : dire les choses, n’est-ce pas utile de temps en temps?

… le réconfort

Et c’est signé Ursula von der Leyen…Acte II. Après la douche froide, un bon chocolat chaud au coin du feu. Car aux mêmes journées diplomatiques, les ambassadeurs ont vu la patronne de leur patron leur offrir un discours de consolation. «Je veux vraiment, vraiment, vous remercier pour travail. leur a dit Ursula von der Leyen.L’assemblée a ponctué la laudation d’applaudissements aussi nourris que prévisibles, auxquels la présidente de la Commission a répondu avec un sourire éclatant et en balayant des yeux l’assemblée à la manière d’une vedette à qui on viendrait de remettre un prix.Question (bis) aux managers dans la salle : quand un chef fait une mise au point avec son équipe, sa cheffe à lui peut-elle passer derrière pour envoyer le message inverse?Voilà en tout cas qui met une drôle d’ambiance dans la boîte. Sauf qu’on ne parle pas d’une entreprise, mais de la diplomatie européenne en plein «perfect storm» géopolitique.

L’écolo, L’Echo et le vélo

La semaine passée, en commission Mobilité et Entreprises publiques à la Chambre, on a relevé la présence de parlementaires lecteurs attentifs de L’Echo et fans de la petite reine. avec son 1,75 m, s’affiche dix bons centimètres au-dessus de la taille moyenne des femmes en Belgique de, selon les dernières études disponibles, 1,65 mètre.) Bref, revenons à nos moutons et à nos trains.Au moment d’évoquer des questions budgétaires concernant la SNCB, l’Ecolo Nicolas Parent s’est appuyé sur L’Echo pour appuyer son argumentation. Nous citons: «Pour paraphraser Benjamin Everaert. les défis pour le rail sont triples: combler les trous du passé, compenser les coûts des crises covid, énergétique et inflationniste, tout en voulant financer la croissance financière. Après deux ans de travail, on arrive au sommet du col. Mais on a vu des maillots verts gagner des étapes de montagne, monsieur le ministre. Alors, allons-y ! »Se plaçant dans la roue de son collègue, le président de la Commission n’a pu que s’aligner. «L’image est d’actualité, nous avons de grands champions cyclistes qui font des prouesses ! ». Wout et Remco,