Cyclisme. Les « Blablarides » entre femmes ont de plus en plus la cote en France


Les « Bikettes » sur les chemins montagneux dans les environs d’Annecy (Haute-Savoie).

Cyclisme. Les « Blablarides » entre femmes ont de plus en plus la cote en France

​Elles ne sont qu’une minorité de licenciées à la Fédération française de cyclisme. Environ 10 %.

​Pourtant, de plus en plus de pelotons féminins voient le jour dans l’Hexagone. Objectif  : rouler ensemble, apprendre des autres, et prendre du plaisir sur un vélo. Prolongation est parti explorer cette tendance croissante avec elles.

L’endroit était idéal pour faire une pause. Elles étaient là, face au port de Paimpol (Côtes-d’Armor) et sa dizaine de bateaux « classiques » amarrés au ponton qui leur est dédié. Les classiques : ces navires dont le mât et le pont sont en bois vernis et qui attirent forcément le regard des passants.

Le ciel était bleu. Parfait en cette mi-juin 2021. Les deux premières se réhydrataient tandis que la troisième se dirigeait vers la boulangerie du port.

Priscille, Laëtitia et Amélia étaient au milieu de leur sortie entre Morlaix (Finistère) et le Mont Saint-Michel (Manche).Toutes trois ont entre quarante et quarante-deux ans et se sont accordées un moment. Rien qu’à elles trois.

Pour pédaler. Et aller au bout de ce qu’elles avaient entamé : faire la Lille-Hardelot (160 km à effectuer en une journée) (Hauts-de-France), malheureusement annulée. Un projet de course qui remontait à « six mois, un an », disent-elles.

Partir à trois, parce que c’est « rassurant »Pour relever ce petit défi, elles s’étaient entraînées à rouler entre 40 et 100 km chaque week-end. Malgré le travail. Et malgré les trois ou quatre enfants qu’elles ont chacune à la maison.

Elles sont alors parties à trois parce que c’était « rassurant ». Sur un gravel pour Amélie et Priscille. Sur un vélo de route pour Laëtitia.

Elles ont choisi de passer par des lieux habités, au cas où un problème mécanique surviendrait.

Priscille, Laëtitia et Amélie, entre Morlaix et le Mont Saint-Michel, en juin 2021.

« En 2021, on ne devrait plus entendre parler de notion de genre dans le sport »Surtout, elles ne savaient pas comment leurs corps réagiraient face à ce terrain inconnu. « On voulait faire une centaine de kilomètres par jour, mais on ignorait le dénivelé qu’on aurait à affronter. On savait seulement que c’était plus dur en Bretagne que dans le Nord, où c’est très plat.

»Elles ont parcouru entre 115 et 118 kilomètres le premier de leurs quatre jours, avant de s’arrêter à l’hôtel le soir. Les trois quadragénaires ont finalement trouvé ça « moins dur que prévu ». Avec en tête l’impératif de tenir leurs délais pour rejoindre le Mont Saint-Michel et rentrer.

« On a bien pédalé. On ne s’arrêtait pas forcément pour voir les points de vue. » La voiture retrouvée, ce fut un retour à la vie normale pour elles.

Celle où le vélo est un peu plus rangé au garage. Parce qu’il prend du temps. Davantage que la course.

Sauf pour Priscille, qui continue ses sorties et ses déplacements pendulaires sur deux roues.

Du printemps à l’automne, les Bikettes se réunissent une fois par semaine pour rouler ensemble, à VTT et en montagne.

VIDÉO ENQUÊTE
Que ce soit pour prendre de l’assurance, pour le plaisir ou pour une recherche de performance, la pratique du vélo, par les femmes, se développe. Entre elles. Pour que chacune trouve ce qu’elle recherche. Ce qui peut être – ou non – un tremplin pour une pratique en mixité. Si leur croissance est avérée, elle ne l’est pas (encore) suffisamment pour être véritablement comptabilisée. Et dépasser un effet de mode. En selle !