d'où vient la phrase prêtée au garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti ?


Le ministre de la Justice s’est retrouvé au centre de toutes les critiques.Éric Dupond-Moretti n’en finit plus d’être pointé du doigt. Alors que 35. selon le décompte des syndicats organisateurs. le garde des Sceaux a été à plusieurs reprises apostrophé lors de ce rassemblement.

« Réveillez-vous », lui a intimé Olivier Varlet, secrétaire général de l’Unsa-Police, très vite rejoint par Fabien Vanhemleryck, secrétaire général d’Alliance-Police nationale, qui de son côté dénonce : « Que penser du message du garde des Sceaux qui déclare, ‘je suis le ministre des prisonniers’? »

Afin de comprendre l’origine de cette phrase, il convient de remonter à l’été passé, alors qu’Éric Dupond-Moretti vient tout juste d’entrer en fonction en lieu et place de Nicole Belloubet. Le 7 juillet 2020.

« J’entends trouver tous les équilibres qui doivent être trouvés »

Un choix de déplacement qui pose de nombreuses questions et suscite les critiques de l’opposition, qui l’accuse de prendre parti pour ses anciens clients. Quelques mois plus tard, le 14 avril sur le plateau de BFMTV, Éric Dupond-Moretti est interrogé sur ce fameux déplacement. « C’était une attaque qui avait été formulée par plusieurs politiques, qui disaient ‘C’est le ministre des prisonniers, ce n’est pas le ministre des victimes' ».

« J’entends bien. Je suis le ministre des prisonniers, et je suis le ministre de l’administration pénitentiaire. Et j’entends trouver tous les équilibres qui doivent être trouvés. Et c’était normal que le garde des Sceaux aille en prison, c’était hautement symbolique », lui rétorque alors le ministre.

Quelques jours après cette première visite carcérale, Éric Dupond-Moretti se rend le 20 juillet à la prison de Roanne, qui vient d’être le théâtre d’une prise d’otages.

Pour leur dire aussi mon soutien parce qu’ils n’ont pas à vivre des émotions de cette nature, personne ne doit subir la violence. Et j’ai dit aussi, puisque je suis aussi le ministre des détenus, sans angélisme, que la violence ne pouvait pas être un mode de revendication. Parfois hélas, les ministres doivent se déplacer quand des événements funestes dramatiques sont arrivés,! », clame-t-il alors.

Ce mercredi, au terme de la manifestation, le ministre de la Justice a répondu aux diverses accusations devant l’Assemblée nationale. « La justice est une institution essentielle, elle est notre pacte social et républicain, on ne peut pas tout démolir à des fins électorales », a-t-il souligné.

« Ce qui me semble dangereux pour notre démocratie, c’est qu’on oppose en permanence, et avec un certain cynisme, la justice et la police. Il y a ce qu’on entend sur les plateaux de télévision, une totale désinformation, et il y a le terrain. Et j’affirme que sur le terrain. a-t-il martelé.