Dying Light 2 : Nos impressions sur l’extension Bloody Ties


L’excellent Dying Light avait su séduire des millions d’amateurs de jeux de zombies lors de sa sortie en 2015 et les années d’après grâce à un suivi exemplaire de Techland dans la durée et la qualité. Pour Dying Light 2 sorti en février, le studio polonais a très vite communiqué sur la promesse de soutenir le jeu durant cinq années, poursuivant cette politique ambitieuse qui a oeuvré à sa réputation.

Si ce second opus n’a pas répondu à toutes nos attentes lors de sa sortie en février 2022, nous sommes toujours excités de découvrir ses extensions majeures. Nous ne pouvons oublier la claque The Following qui a su renouveler l’expérience du premier Dying Light, à la fois dans son gameplay (le buggy) et son level design (l’environnement rural). Après avoir été repoussée plusieurs fois, la première extension de Dying Light 2 est enfin sortie le jeudi 10 novembre 2022. Proposée à 9,99 €, Bloody Ties propose une nouvelle aventure narrative pour Aiden. À ce tarif, on se doutait que cette extension ne serait pas de l’ampleur de The Following, mais force est de constater qu’elle offre un contenu intéressant.

Dying Light 2 : Nos impressions sur l’extension Bloody Ties

L’arène est la reine

Tout joueur qui a terminé l’histoire de Kyle Crane dans les rues d’Harran fut probablement marqué par son passage épique dans l’arène du vilain charismatique Rais. Cela tombe bien, au-delà de l’expérience narrative, le cœur de Bloody Ties est le retour de ce lieu emblématique dans une version complètement revisitée.

Cette fois, bienvenue au Carnage Hall, immense bâtisse de style classique, abritant dans ses entrailles une arène digne des mythiques jeux du cirque du Colisée. La comparaison n’est pas usurpée, tant celle-ci est modulable à l’instar de son illustre modèle. Pour assouvir la soif de sang des citoyens de l’époque, les organisateurs n’hésitaient pas à proposer des reconstitutions des plus grandes batailles de l’histoire romaine. Il suffit de se replonger dans le film Gladiator de Ridley Scott ou le jeu exclusif Xbox Ryse  : Son of Rome pour comprendre l’ingéniosité et le sadisme de ces metteurs en scène.

Dans Bloody Ties, nous retrouvons la mystérieuse Astrid (vue dans les trailers) dans ce rôle de maîtresse de cérémonie des temps post-apocalyptiques. Pour tester nos talents de gladiateur (et de joueur), la jeune femme nous a concocté seize épreuves diaboliques, soit quatre épreuves de quatre genres différents à la difficulté croissante  : Ruée (parkour), Combat de monstres, Carnage (combat contre le bestiaire) et Spectacle (reconstitution “historique”). Oubliez votre arsenal de base, vous démarrez chaque épreuve avec des armes imposées. Bien entendu, chaque lieu propose d’autres armes et accessoires d’attaque et de défense à récupérer.

De toutes les épreuves, ce sont bien les reconstitutions qui demeurent les plus spectaculaires et les plus convaincantes. La première est une madeleine de Proust qui ravira les fans de la série. Nous revenons vingt-deux ans en arrière dans les “rues d’Harran”. Composée de plusieurs grands objectifs à remplir en temps limité, cette reconstitution nous fera rugir de plaisir autour de voitures piégées à activer, de caisses de ravitaillement à récupérer ou de lampes UV à allumer afin de résister aux monstruosités de la “nuit” qui s’annonce.

Ces tableaux vivants sont de véritables challenges au gameplay renouvelé. Heureusement, les développeurs ont eu la bonne idée de nous faire repartir du dernier objectif atteint en cas de mort de notre héros, si bien que l’on finit toujours par avancer et finir les épreuves à force de persévérance et d’apprentissage du level design et de nos erreurs. Mais attention, les dernières épreuves en difficulté Cauchemar exigent une réelle maîtrise des mécaniques de gameplay proposées par le jeu.

Les autres types d’épreuves profitent également du level design pensé pour les reconstitutions. L’autre challenge qui nous a donné du fil à retordre concerne les combats contre le bestiaire. Ils consistent à tuer des ennemis spécifiques au fil du temps parmi toutes les autres monstruosités lâchées à nos trousses. Tout le bestiaire de Dying Light 2 s’est donné rendez-vous dans ces épreuves hyper dynamiques et tendues à souhait.

Au sixième jour, Dieu créa l’Humanité

Avant de profiter de tout cela, nous devons obligatoirement passer par la nouvelle aventure narrative proposée dans cette extension. Un étranger nous appelle et nous demande d’infiltrer un gang qui organise des combats clandestins. C’est devant la porte d’un lieu de recrutement pour le célèbre Tournoi de gladiateurs que nous rencontrons Ciro, un jeune impétueux qui rêve de devenir le nouveau champion du Carnage Hall, au grand désespoir de son père Ogar… ancien champion déchu. Nous faisons plus tard également la connaissance du champion en titre, le Crâne.

Ainsi différentes quêtes et épreuves éliminatoires dans les rues du vieux Villedor nous servent d’apéritif avant que les portes du Carnage Hall s’ouvrent définitivement devant nous. Deux bonnes heures de jeu qui permettent d’introduire et de présenter les nouveaux personnages de l’intrigue et le nouveau lieu, accessible uniquement via un voyage rapide. Malheureusement, cette entame n’est pas très enthousiasmante. Le coup de l’appel anonyme d’un étrange personnage est usé jusqu’à la moëlle et nous voyons une nouvelle fois Aiden partir sauver la veuve et l’orphelin sans se poser de questions. De plus, Ciro devient vite insupportable et nous avons du mal à nous attacher à lui. Heureusement, l’aventure prend enfin son envol une fois arrivés au Carnage Hall.

Dès lors, l’intrigue et les personnages centraux prennent de l’épaisseur et nous nous rendons compte que ces derniers sont loin d’avoir livré tous leurs secrets. Surtout, nous prenons part au fameux Tournoi qui, vous vous en doutez, consiste à monter dans la hiérarchie des gladiateurs afin d’affronter le terrible Crâne via les seize épreuves présentées auparavant. Techland réussit son pari de lier avec une certaine cohérence une aventure narrative et le retour des arènes dans la série. Finalement, le scénario nous a happés jusqu’à la fin, bien qu’il demeure très classique, inspiré librement d’un épisode biblique maintes fois raconté.

D’une durée de six à dix heures selon notre appétit pour les quêtes secondaires (et votre skill), l’histoire principale a le bon goût de ne pas s’éterniser et de vous permettre d’accéder au dénouement final en réussissant environ la moitié des seize épreuves du Tournoi. De quoi rassurer ceux qui galèrent avec le gameplay du jeu et qui souhaiteraient profiter de la narration sans trop souffrir (mais vous souffrirez quand-même un peu). Pour les fous furieux du pad, vous pouvez bien entendu vous consacrer aux dernières épreuves du Tournoi en toute liberté une fois l’intrigue terminée.

Ajoutons que la réussite d’une épreuve du Tournoi nous octroie des récompenses en monnaie locale, qui nous permettent d’acheter des armes et des équipements créés pour cette extension auprès des marchands présents dans le grand Hall du bâtiment.

Une première extension intéressante mais frustrante

Pour ceux qui arrivent à concilier les deux approches, Bloody Ties reste une extension solide qui garantit des moments remplis de fun, de tension et de nostalgie.