ÉCONOMIE : «Notre rôle est d’éclairer ceux qui demain veulent diriger le pays», lance François Asselin


On arrive à former mais dans des formations qui n’intéressent pas forcément les employeurs. Nous croyons à la préparation opérationnelle à l’emploi. 84% des personnes formées trouvent un emploi grâce à celle-ci à l’issue de leur formation. Il faut aller massivement dans cette voie-là avec Pôle Emploi notamment.Le dernier volet, lui aussi récurrent, est de faire en sorte que les gens aient plus envie d’aller au travail plutôt que d’être portés par la collectivité. Et là, il s’agit de la réforme de l’assurance-chômage.»«Il faut un environnement favorable à la prise de risques»Quelles sont les forces des entreprises pour se projeter dans l’avenir ?«D’abord, tout passe par les hommes. La qualité des hommes feront les entreprises innovantes de demain. Si on veut faire monter en gamme nos entreprises, il faut que tout monte en gamme et avant tout les hommes. Ça, c’est une question de formation.Ensuite, il faut un environnement favorable à la prise de risques, que les chefs d’entreprises prennent pour les autres. Il faut les encourager. Or on constate que la culture PME n’est pas assez, pas tellement présente. Quand on voit les lois, les normes imposées, c’est souvent une avalanche d’obligations supplémentaires accompagnées de pénal, du coercitif plus que de l’incitatif.Nous voulons mettre en place un test PME pour voir, sur six mois d’après un panel de 100 entreprises de grands secteurs, si la norme est applicable. Aujourd’hui, on pose la norme et il faut être au garde à vous. Lorsque je vois la façon dont sont reprises les normes européennes de Bruxelles par l’administration française, je suis effrayé.On sait très bien qu’il faut décarboner la façon de produire mais quand je vois la temporalité et la méthodologie employées, je me dis qu’on est totalement à côté de la plaque. Et il ne faut pas se tromper de cible. Les entreprises sont volontaires et partenaires dans la démarche.»A-t-on un peu vite oublié que les entreprises ont tout de même souffert durant la crise ?«Elles ont été bien aidées c’est vrai et globalement l’activité est importante jusqu’à aujourd’hui. Mais n’oublions pas leurs dettes.Trois choses font que le chef d’entreprise dort comme un bébé : un carnet de commandes plein, une trésorerie positive et une bonne ambiance dans la boite. Et là, arrive l’invasion de l’Ukraine. C’est beaucoup plus compliqué à évaluer au niveau des retombées. On a quand même devant nous de gros nuages. Ce n’est pas foutu car on ne désespère jamais mais il faut être solide. Alix Berthier