Après les émeutes urbaines, le gouvernement veut aller vite pour reconstruire les bâtiments dégradés


Le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, Christophe Béchu (au centre), lors des questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 18 juillet 2023. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE » « Ce projet de loi n’est pas un texte sur les causes des émeutes urbaines. » Dès les premières minutes de l’examen à l’Assemblée nationale du projet de loi d’urgence visant à reconstruire les bâtiments dégradés lors des violences urbaines, le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, Christophe Béchu, a fermé la porte à tout débat sur les réponses de l’exécutif face à l’embrasement des quartiers.

Celles-ci viendront plus tard, « à la rentrée », a-t-il assuré, mercredi 19 juillet, devant les députés de la commission des affaires économiques, qui ont adopté le texte du gouvernement à une large majorité. Seuls le Rassemblement national (RN), La France insoumise (LFI) et les écologistes se sont abstenus. Le projet de loi doit désormais être débattu dans l’Hémicycle du Palais Bourbon, à partir de jeudi.

Après les émeutes urbaines, le gouvernement veut aller vite pour reconstruire les bâtiments dégradés

Mardi, ce sont les sénateurs qui ont adopté à l’unanimité ce texte de trois articles autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnances afin de déroger notamment à certaines règles du code de l’urbanisme. Sans allouer de fonds supplémentaires, il doit permettre d’accélérer les travaux de reconstruction « des bâtiments dégradés ou détruits au cours des violences urbaines survenues du 27 juin au 5 juillet », consécutives à la mort de Nahel M. à Nanterre, abattu à bout portant par un policier.

Le projet de loi prévoit également de simplifier pour les collectivités locales les procédures de publicité et de mise en concurrence des marchés publics. Son article 3 leur permet aussi de récupérer la TVA dès l’année en cours des travaux engagés, sans attendre le délai actuel de deux ans. Un amendement de l’exécutif visant à étendre cette dérogation aux équipements publics (voiries, mobiliers urbains…) a aussi été approuvé par les élus du Palais du Luxembourg, mardi.

« Des semaines, voire des mois, peuvent être gagnées avec ces procédures », a affirmé M. Béchu. Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Après les émeutes urbaines, les maires impatients de lancer la reconstruction Voulant s’assurer d’un passage sans encombre au Sénat, le gouvernement a retiré l’article 4 initialement inscrit dans son texte qui prévoyait de déroger aux règles concernant la réfection des copropriétés dégradées.

Une ligne rouge pour les sénateurs Les Républicains (LR) qui ont obtenu son retrait. Ce projet de loi vient compléter une circulaire signée par la première ministre, Elisabeth Borne, le 5 juillet, dont les dispositions réglementaires couvrent à 95 % les différentes dégradations constatées sur tout le territoire.

« Indemniser intégralement particuliers, commerces… »

Au cours des débats en commission à l’Assemblée, mercredi matin, les députés de l’opposition ont appelé l’exécutif à ne pas se dispenser d’un diagnostic et de solutions politiques.

« Tant que nous nous contenterons de répondre seulement aux conséquences, les causes, elles, continueront de produire les mêmes effets, encore et encore », a déploré la députée écologiste des Hauts-de-Seine Sabrina Sebaihi. La vice-présidente du groupe d’études « Villes et banlieues » à l’Assemblée, estime que le gouvernement n’a « ni vision politique, ni même le souffle d’une idée nouvelle face à ce problème qui dément chaque jour la devise de notre pays ». Il vous reste 50.

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