Emmanuel Berthier, «pourquoi avez-vous ordonné la destruction de la sono des organisateurs de la rave party de Redon ?...


Le Parisien

Samedi en fin d’après-midi, les forces de l’ordre sont intervenues à Redon, en Ille-et-Vilaine, pour mettre fin à une free party. 1 500 fêtards avaient réussi à investir un vaste terrain au prix de violents affrontements avec la police et la gendarmerie. Un rassemblement interdit par arrêté préfectoral.

Durant ce face-à-face de 7 heures, il y a eu de nombreux blessés dans les deux camps dont un jeune Rennais qui a eu la main arrachée.Selon vous, l’opération d’évacuation du site s’est déroulée « dans d’excellentes conditions de sécurité » grâce à la « neutralisation de l’ensemble des dispositifs de son »., soit, selon les organisateurs, entre 50 000 et 100 000 euros d’amplis, sonos et platines.

Sans musique, plus de fête. Le raisonnement est logique mais pose question. Quel est le cadre légal de cette destruction ? La procédure habituelle semble être la saisie du matériel après la constatation de l’infraction comme le rappelle Me Marianne Rostan, avocate spécialisée dans la défense des organisateurs de rave.

« C’est la première fois que je vois ça, dit-elle. Peu importe le caractère illégal de l’événement, on ne répond pas à une infraction par une autre infraction. » Lorsqu’un conducteur roule trop vite, on ne crève pas les pneus de son véhicule.

Aussi, monsieur le Préfet, pourquoi avez-vous ordonné la destruction du matériel des organisateurs ?Nos lectrices et lecteurs sont impatients de lire votre réponse.La réponse du préfet d’Ille-et-Vilaine  : « Je n’ai donné aucun ordre de destruction de matériel » Vidéo : Emmanuel Berthier, préfet d’Ille-et-Vilaine : à Redon, où se tenait une rave party, «les affrontements (avec les gendarmes) ont duré plus de sept heures» (Dailymotion)

Si casse il y a eu, le week-end dernier, lors de l’opération d’évacuation de la free party à Redon (Ille-et-Vilaine), le préfet de la région Bretagne, Emmanuel Berthier, n’en assume pas complètement la responsabilité. « Je n’ai donné aucun ordre de destruction de matériel », explique-t-il.

Il rappelle que des arrêtés d’interdiction de rassemblement festif à caractère musical avaient été pris dans les quatre départements et que les forces de l’ordre mobilisées pour empêcher le rassemblement ont été confrontées « à des individus très violents ».Il ajoute que l’opération menée par les forces de l’ordre samedi en fin d’après-midi « dans des conditions de sécurité optimales a permis rapidement d’interrompre la diffusion de son en employant des moyens adaptés aux circonstances ».

Et précise avec des circonlocutions  : « Certains systèmes de son ont pu être saisis, d’autres ont dû être rendus inopérants. »Or. platines, enceintes… Les organisateurs du rassemblement illégal parlent d’environ 100 000 euros de préjudice. Le préfet indique que « la justice se prononcera, si elle est saisie d’éventuels contentieux ».

Me Marianne Rostan, avocate habituée à défendre le milieu des free partys, confirme que « des procédures vont être engagées ». Les organisateurs réfléchissent à porter plainte, soit pour dégradation de biens ou pour action en responsabilité de l’Etat pour dysfonctionnement de la justice. à qui la faute ? Du côté du parquet, on botte en touche.

Interrogé par Ouest-France, le procureur de la République de Rennes, Philippe Astruc, a déclaré ce week-end que « les faits éventuels de destruction de matériel » ne relevaient « ni d’instructions du parquet. Dans le cadre de la procédure, le parquet a seulement demandé la saisie d’une platine, trois tables de mixage et trois amplificateurs.