ENTRETIEN. Clémentine Autain dans le Lot ce week-end pour "renouer le lien entre citoyens et politique"


La députée LFI de la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis est attendue à Durbans et Saint-Géry ce week-end pour parler agriculture, service public et écologie. Une façon de battre la campagne. 

Pourquoi le Lot et plus précisément pourquoi Durbans où Jean-Luc Mélenchon s’était déjà déplacé en 2013 ?

J’ai répondu à l’invitation des camarades locaux de la Nupes et j’ai grand plaisir à venir intervenir et débattre dans des territoires de conquête pour nous. C’était important aussi que de plus en plus nos meetings arrivent à se déployer au-delà des grandes villes et des métropoles urbaines.

Vous êtes donc en meeting politique. Mais les meetings ne sont-ils pas réservés aux périodes électorales ?

On a toujours fait des meetings hors période électorale parce qu’on pense que renouer un lien entre les citoyens et la politique passe par un travail au long cours qui suppose une implication de chaque instant. L’idée que les politiques ne viennent débattre que quand il y a une élection peut contribuer à écœurer de la politique. Chez nous c’est une campagne permanente et en ce moment il y a de grands enjeux : des dividendes qui explosent, un gouvernement qui passe en force, des enjeux majeurs sur le climat.  Pour toutes ces raisons on doit être actifs et aller à la rencontre des militants sur tout le territoire.

Récemment sur France 2 vous évoquiez votre ambition pour 2027 avec LFI. Est-ce que l’on doit voir ce déplacement comme un début de campagne ?

Je pense que c’est absurde de penser à ça aujourd’hui. La question n’est pas celle du leadership de 2027, il s’agit de gagner et d’arracher une victoire. Le plus vite sera le mieux. En ce qui concerne ma place dans le dispositif, l’avenir le dira. En tout cas aujourd’hui c’est trop tôt et ce n’est pas le sujet.

Croyez-vous à la dissolution ?

Je ne lis pas dans le marc de café, c’est aux macronistes de le dire. Une chose est sûre, ils sont en difficulté car ils n’ont pas de majorité. Combien de temps l’activité de l’assemblée nationale peut durer en l’état. Nous en tout cas, nous sommes prêts à retourner devant les urnes et nous continuons de travailler pour être prêts à gouverner.

Est-ce que vous soutenez le député LFI Louis Boyard après les insultes de Cyril Hanouna et encouragez-vous à boycotter cette émission ?

Je soutiens totalement mon collègue. C’est une première dans notre République qu’un député soit insulté par un présentateur et pour moi cette séquence soulève un sujet essentiel : la concentration dans les médias. C’est au moment où Louis Boyard met en cause Bolloré que Cyril Hanouna se déchaîne. La question n’est pas de savoir si on boycotte ou pas mais de savoir si on met enfin en œuvre une grande loi-cadre pour la déconcentration dans les médias. C’est une atteinte à la démocratie

Dans le Lot, il sera aussi question d’agriculture et d’écologie. Quelle est votre position sur le sujet ? 

L’écologie est une préoccupation, une urgence brûlante. En ce moment même a lieu la Cop 27 et je suis très inquiète du résultat qui pourrait ressembler à un recul. À un moment où il faut être capable d’organiser la transition et le développement écologique, la mutation de l’agriculture est un pilier indispensable. Aujourd’hui, notre modèle productiviste nuit à l’environnement et à la santé. Et les agriculteurs n’ont pas les moyens de vivre dignement de leur travail. 

Vous parlerez également de service public et de transports puisque vous assistez à une rencontre concernant la ligne Cahors-Capdenac-Figeac. Quel est l’objectif ?

Appeler à un développement des transports publics notamment dans les zones maltraitées de ce point de vue. On demande l’accès aux services publics à égalité en fonction du lieu d’habitation. Cela doit devenir le fil à plomb des politiques publiques qui préfèrent aujourd’hui favoriser l’hyper concentration des richesses dans les grandes métropoles.