Eolien en mer  : la France tente un nouveau départ


Publié le 26 avr. 2021 à 18 :27Mis à jour le 26 avr. 2021 à 18 :52C’est un événement pour l’éolien en mer français dont le décollage se fait tant attendre.

Lundi, le ministère de l’Ecologie a dévoilé la liste des six candidatures en lice pour développer et opérer le huitième parc éolien en mer qui doit voir le jour au large des côtes normandes.D’une puissance maximale de 1.000 mégawatts, c’est le plus gros parc mis sur le marché à ce jour en France.

Et logiquement, la plupart des champions de l’énergie européens ont répondu présents, y compris les pétroliers novices et très ambitieux dans ce domaine  : Total s’est associé à l’allemand RWE et, pour la première fois en France, Shell est aussi dans la course.

Des prix à la baisse

Ils affronteront l’espagnol Iberdrola – l’un des leaders mondiaux des énergies renouvelables -, EDF, qui s’est associé aux canadiens Enbridge et CPPIB, le suédois Vattenfall en partenariat avec l’allemand WPD et à la Caisse des Dépôts, et enfin la coentreprise d’Engie et du portugais EDPR. Ces derniers déposeront une offre dans le courant de l’année pour permettre à Barbara Pompili, la ministre de l’Environnement, d’attribuer le projet « avant l’élection présidentielle de 2022 », indique-t-on dans son entourage.

Cette profusion de candidatures laisse présager une compétition féroce et surtout, pour les pouvoirs publics, la possibilité de continuer à faire baisser le coût de l’éolien en mer. Dans sa feuille de route énergétique, le gouvernement avait fixé un prix indicatif de 60 euros/MW pour ce parc. Mais on s’accorde à dire au sein de l’administration que le tarif final garanti à l’industriel qui opérera les éoliennes sera plus proche du prix de 44 euros/MW proposé par EDF à Dunkerque.

Un nouveau départ pour la filière

Avec ce projet, les pouvoirs publics tentent d’imprimer une nouvelle dynamique à la filière qui, depuis les premiers appels d’offres lancés en 2011, n’a toujours pas branché ses éoliennes en mer au réseau électrique. les recours seront portés directement devant le conseil d’Etat, les études de vents et le débat public menés par l’Etat en amont des procédures de sélection des candidats et les permis de construire conçus de manière large pour s’adapter à l’évolution des standards techniques de la filière.Cette profusion de candidatures laisse présager une compétition féroce et surtout, pour les pouvoirs publics, la possibilité de continuer à faire baisser le coût de l’éolien en mer.

Par ailleurs, placées à 30 kilomètres des côtes – un record en France – ces éoliennes normandes laissent espérer « une acceptabilité globale plus simple », explique Vincent Balès, le directeur général de WPD France, déjà investi dans les projets éoliens de Fécamp et Courseulles-sur-Mer.Dans ces conditions, le ministère table sur une mise en service dès 2028. Un objectif perçu comme très ambitieux  : « Six ans de développement, ce sont plutôt les standards des Pays-Bas ou du Danemark.

En France, de façon réaliste, on peut plutôt tabler sur une mise en service entre 2028 et 2030 », estime, de son côté, Vincent Balès.

Des éoliennes en Bretagne, à Oléron et en Méditerranée

Après la Normandie, le gouvernement fait valoir son volontarisme pour garder le rythme dans l’éolien en mer. En Bretagne.

Par ailleurs, deux autres débats publics doivent être lancés pour des parcs éoliens situés au large de la Méditerranée et de l’Ile d’Oléron.Ces trois parcs ne seront toutefois pas prêts à être attribués avant l’échéance présidentielle de 2022 comme le prévoyait initialement la feuille de route énergétique du gouvernement. Le nouveau départ de l’éolien en mer pourrait donc être un faux départ ? « L’important c’est que ces quatre projets soient lancés.

La dynamique est là », assure-t-on au ministère de la Transition écologique. C’est aussi en 2022 que devrait être mis en service le parc de 80 éoliennes à Saint-Nazaire porté par EDF.