Européennes 2024  : un débat sous tension sur le pouvoir d’achat, l’écologie et la défense


A moins de 15 jours des élections européennes, les huit principales têtes de liste au scrutin en France se sont affrontées, lundi soir sur BFMTV, des questions allant du pouvoir d’achat à l’écologie, de la crise agricole à la défense dans un débat qui a aussi convoqué des thématiques plus franco-françaises comme la réforme de l’assurance-chômage .Durant plus de trois heures, les candidats ont mené des échanges souvent animés, notamment sur le sujet des agriculteurs ou du « pacte vert » européen, sans s’épargner des attaques directes.

« Vous êtes une arnaque sociale  !  »

Lancé d’abord sur la crise du coût de la vie, le débat a vite tourné sur la question de l’énergie, notamment nucléaire, et du marché de l’électricité.

Européennes 2024  : un débat sous tension sur le pouvoir d’achat, l’écologie et la défense

En tête dans les intentions de vote selon les sondages, mais plutôt en retrait lors du débat, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a dit plaider pour une « sortie des règles de tarifications » au niveau européen qui aligne actuellement les tarifs de l’électricité au prix du gaz.« C’est faux  !  », lui a lancé la tête de liste la France Insoumise, Manon Aubry, rappelant que les élus du RN au Parlement européen ont voté contre un texte visant à réduire la volatilité des prix de l’électricité. « Vous êtes une arnaque sociale  !  », a assené la députée européenne LFI alors que Jordan Bardella dénonçait le sort des agriculteurs, victimes selon lui de l’écologie « punitive ».

Le « pacte vert » de l’UE, remanié après les vastes manifestations d’agriculteurs à travers l’Europe en début d’année, a concentré les attaques de la plupart des candidats – notamment l’objectif de l’UE de mettre fin en 2035 aux ventes de véhicules neufs thermiques, un « contresens social » qui condamne les Français « à vivre à Cuba », a jugé la tête de liste des Républicains, François-Xavier Bellamy.Des critiques face auxquelles la tête de liste des Ecologistes, Marie Toussaint, a tenté de répondre, appelant à ne pas « jeter à la poubelle » les mesures qui protègent l’environnement. « Nous ne sommes pas prêts », a répondu la tête de liste du Parti communiste, Léon Deffontaines, demandant une clause de revoyure sur l’objectif de 2035 pour les voitures thermiques.

L’ombre de Macron

La guerre en Ukraine et le rôle de l’UE dans le conflit face à Moscou a aussi mené à des échanges animés. Profitant d’une question sur la défense européenne, la tête de liste de Reconquête, Marion Maréchal, a tenté de ramener le débat sur l’immigration, regrettant que la question, abordée en fin de débat, n’ait pas été évoquée plus tôt. Il faut d’abord « assurer l’autorité de l’Etat » et » après on pourra fantasmer sur des projets » de défense européenne, a-t-elle fait valoir.

« Il faut faire bien plus » pour aider l’Ukraine, a pour sa part déclaré la tête de liste Place publique-Parti socialiste, Raphaël Glucksmann, proposant de saisir l’ensemble des actifs russes gelés et de » réarmer le continent européen ».Autre sujet international « chaud », l’offensive israélienne dans la bande de Gaza sur laquelle Manon Aubry a pris à partie Valérie Hayer, candidate du parti de la majorité Renaissance, accusant le gouvernement d’inaction. Plaidant pour une solution à deux Etats, la candidate du camp présidentiel a estimé que les conditions n’étaient pas réunies pour la reconnaissance d’un Etat palestinien.

A la peine dans les sondages, Valérie Hayer a eu du mal à sortir des attaques sur le bilan du président Emmanuel Macron, dont l’ombre a pesé sur les débats.Une victoire le 9 juin du camp présidentiel sera synonyme de « réforme de l’assurance chômage, augmentation des prix du gaz, désindexation des pensions de retraite sur l’inflation », a dénoncé Jordan Bardella alors que le RN a fait du scrutin européen un référendum pour ou contre le chef de l’Etat. Interrogé sur un éventuel débat entre Emmanuel Macron et la cheffe de file du RN, Marine Le Pen, le président du RN a botté en touche, évoquant « des sujets plus urgents que des questions de « popol »».