La flamme olympique passe par une école de l’Orne : le privilège de ces élèves


Par
Maureen Marie

Publié le

La flamme olympique passe par une école de l’Orne : le privilège de ces élèves

19 mai 2024 à 18h29

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Pendant que la flamme olympique continue de sillonner la France, elle fait remonter les souvenirs dans l’Orne. Au collège Sévigné de Flers (Orne), les élèves de la classe de 5e B font la connaissance de Zéphirin Jégard, porteur de la flamme olympique lors des JO d’hiver de Turin en 2006, et habitant de Saint-Georges-des-Groseillers.Cette rencontre qui s’effectue au cours de la semaine olympique et paralympique (SOP), fait suite à un travail en classe sur la flamme olympique (origine, symbole, conception, parcours et relayeurs).

Un échange en questions

En amont de cette rencontre, les élèves avaient formulé par écrit une ou plusieurs questions à poser. Ainsi, 16 questions ont été listées pour cet entretien.Le mercredi matin, Zéphirin accompagné de Laurence Rouf, sa belle-fille, attend lui aussi patiemment la venue des élèves. Après une présentation, Zéphirin exposait en préambule des échanges, l’origine des Jeux olympiques et ce qu’ils représentent.

Avant une séance photos, l’ancien porteur de la flamme olympique est revenu sur son expérience lors des JO d’hiver de Turin en 2006. ©Collège SévignéEst ensuite venu le moment de l’interview. Dorian : « À quel âge avez-vous commencé à faire du sport ? » ; Aimy : « Quels sports avez-vous pratiqués ? » Zéphirin répond : « J’ai commencé à 15 ans la course à pied. Puis, j’ai arrêté pendant ma vie active. J’ai recommencé à la retraite, à l’âge de 60 ans. On m’a offert un vélo et j’ai fait à ce moment-là du vélo. Dans un premier temps seul puis dans un club. Maintenant, je fais de la marche et je marche tous les jours ».Maëlle : « Qu’avez-vous fait pour être porteur de la flamme olympique ? Pouvez-vous nous raconter votre histoire ? » C’est alors que Zéphirin se met à expliquer son parcours sportif chronologiquement en insistant sur la progressivité de ses challenges.Ainsi, il est revenu sur sa première grande course à vélo : Paris-Brest-Paris en moins de 90 heures puis son Tour du monde à vélo le long du 50e parallèle, en trois étés. « Sur mon vélo, j’avais 40 kg de bagages, plus les courses. » Il finit par son record du monde établi entre Brest et Vladivostok à vélo en 65 jours, 22 heures et 38 minutes à l’âge de 69 ans.Vidéos : en ce moment sur Actu

Un record du monde à vélo homologué

« Avez-vous déjà vécu une aventure qui vous a fait peur ? », demande Lenny. Zéphirin répond qu’il avait eu peur deux fois. La première lors de sa traversée du Canada.

Je rencontre un ours au bord de la route. Je me suis arrêté, je lui ai parlé. Il m’écoutait. Je l’ai pris en photo et puis je suis remonté à vélo en espérant qu’il ne me suive pas.
Zéphirin Jégard, porteur de la flamme olympique lors des JO d’hiver de Turin en 2006

La deuxième fois, cela se passe en Chine, le long du fleuve Jaune. Lors d’un bivouac, « à deux heures du matin, j’entends deux voix. Ils me lancent des cailloux. Je mets mon casque, je sors de la tente en poussant une gueulante. Puis ils sont partis ».

Un relais de flamme dans la cour de récréation du collège Sévigné de Flers (Orne). ©Collège SévignéRaphaël lui demande alors « Pourquoi avez-vous été choisi pour porter la flamme olympique ? » Zéphirin expliqua que c’est son neveu qui a proposé sa candidature comme relayeur au regard de ce qu’il avait accompli. « J’ai été sélectionné pour tout ce que j’avais fait, notamment mon record du monde à vélo homologué entre Brest et Vladivostok. » 

La flamme olympique, «je l’ai portée à bout de bras »

Place aux questions sur l’année, son âge, le lieu au moment de porter la flamme. Zéphirin explique que c’était à Grenoble, en 2006, pour les Jeux olympiques d’hiver de Turin qui se déroulaient du 6 au 26 février.Il insiste sur le fait qu’il avait 70 ans et demi. Quelques mois auparavant, il subissait un AVC qui provoqua une paralysie du côté droit. Avec le flambeau, Zéphirin devait parcourir environ 500 m.

En courant, ça se fait très vite. Mais moi, je ne pouvais plus courir, car j’avais fait un AVC. Ça a été très dur, car le flambeau est assez lourd. Il pèse 1 kg 750. Quand, je marchais, la flamme venait vers moi donc je l’ai portée à bout de bras.
Zéphirin Jégard

L’homme a ensuite évoqué la transmission de la flamme « à un grand champion olympique » : Edgar Grospiron, champion olympique de ski acrobatique en 1992 à Albertville.Noah lui demanda alors s’il était devenu très populaire. Zéphirin indiqua qu’il était connu dans le grand ouest et notamment en Bretagne, car originaire d’Yffiniac.

Un relais de flamme dans la cour du collège

« Avez-vous voulu arrêter de pratiquer un sport un jour ? », questionne Selyan. « Je n’ai pas voulu, mais j’ai été obligé. Je n’avais plus d’équilibre suffisant pour faire du vélo. Maintenant, je marche tous les jours, sous tous les temps. »Pour terminer, Summeye demande : « Quelle est la meilleure chose que vous ayez faite et dont vous êtes le plus fier ? » Sans hésitation, Zéphirin fait référence à son tour du monde à vélo.Suite à ces échanges, un relais a eu lieu dans la cour de récréation. Chaque élève a vécu le privilège de porter le flambeau sur plusieurs mètres, à tour de rôle, et ainsi ressentir le poids du flambeau. Zéphirin a ensuite accepté avec grand plaisir une séance de photos souvenirs.Cette rencontre aura mis en avant qu’il n’est jamais trop tard pour avoir une pratique physique régulière et que celle-ci peut conduire à vivre des moments exceptionnels : le parcours de Zéphirin en est la démonstration. Un relais s’est déroulé, 18 ans plus tard : le flambeau a changé de mains. Suivez toute l’actualité de vos villes et médias favoris en vous inscrivant à Mon Actu.