Football : Super League : les questions brûlantes de la reprise


Publié18. janvier 2024, 14:23

Football: Super League: les questions brûlantes de la reprise

Après cinq semaines d’hibernation, le championnat reprend ce week-end. Avec des interrogations qui se bousculent: YB poursuivra-t-il son cavalier seul? Où échoueront les clubs vaudois?, etc.

On y répond.parLes joueurs d’YB jubilent. En mai dernier, ils avaient décroché un nouveau titre de champion de Suisse, le cinquième en six ans depuis 2018.

Un scénario qui pourrait à nouveau fort bien se reproduire ce printemps.Claudio De Capitani/Freshfocus

1. Qui pourrait freiner Young Boys?

Au Wankdorf, le tapis rouge est déroulé.

Avec déjà cinq points d’avance sur la «concurrence», YB a fait le vide derrière lui. Sa domination ne semble pas faiblir. Comme souvent, le principal danger viendra des Bernois eux-mêmes, qui, hormis le titre surprise remporté par Zurich en 2022, règnent sur le football suisse sans partage depuis 2018.

Au moment où le contrat de Raphaël Wicky n’a toujours pas été renouvelé, il leur faudra compenser l’absence de leurs mercenaires enrôlés à l’actuelle Coupe d’Afrique des Nations, à commencer par celle de Meshack Elia, couronné meilleur joueur de Super League lundi soir à Berne lors de la Swiss Football Night. Lancés à la poursuite du champion sortant, Saint-Gall (2e) et Zurich (3e) souffrent d’un manque de régularité chronique qui les a desservis jusque-là. L’espoir pourrait venir de Servette, en embuscade au pied du podium et qui rêve d’un nouveau titre attendu à Genève depuis le siècle passé (1999, avec Gérard Castella sur le banc des… Charmilles).

Les Saint-Gallois Christian Witzig et Jozo Stanic comptent bien arrêter la marche en avant des Young Boys de Meschack Elia. FRESHFOCUS

2. Saint-Gall peut-il performer à l’extérieur?

Un constat s’impose, limpide: chez lui, devant le peuple «vert» du Kybunpark, Saint-Gall est injouable.

A domicile, l’équipe de Peter Zeidler a fait le plein à la fois de points et de spectateurs. Avec 9 matches et 9 victoires pour un goal-average de 24-7, Saint-Gall a relégué YB à quatre points dans le classement des matches à la maison. Mais il existe un autre Saint-Gall, nettement moins performant.

On veut parler ici de celui qui se produit loin de ses bases comme en témoigne la seule victoire fêtée jusque-là en déplacement (5-2 contre le SLO à la Pontaise le 5 novembre). Une exception que le visiteur entend renouveler dès ce samedi de rentrée à la Tuilière, face au LS. S’il entend changer de dimension, le club brodeur doit vite apprendre à mieux voyager.

Pour l’heure, les quelques points (exactement 6) récoltés sur la route demeurent indignes de ses prétentions.2024 sera-t-il l’année du déclic pour le LS de Ludovic Magnin? FRESHFOCUS

3. Y aura-t-il un club vaudois au-dessus de la barre?

Pour le moment, Yverdon (9e, 21 points), promu surprenant chef de file de la représentation vaudoise, Lausanne (10e, 20 points) et le SLO (12e, 11 points) ont signé un impressionnant tir groupé… à côté de la cible ! Avec la nouvelle formule, on sait que le championnat sera scindé en deux au terme du troisième tour (après 33 journées), soit au soir du 20 avril.

À ce moment-là, les six premiers disputeront cinq journées supplémentaires pour désigner le champion et les tickets européens tandis que les six derniers en découdront contre la relégation, avec là aussi, cinq matches de plus pour chacun. S’il paraît illusoire que le SLO, solide lanterne rouge, puisse accrocher le bon wagon, les deux autres clubs vaudois peuvent raisonnablement caresser l’espoir de gentiment se rapprocher de la tête. À cet égard, on attend beaucoup plus du Lausanne-Sport, lequel, malgré quelques coups d’éclat, tarde à s’installer parmi les formations redoutées.

2024 sera-t-il l’année du déclic?Pour Miroslav Stevanovic et Servette la Coupe de Suisse est aussi un objectif.FRESHFOCUS

4. La Coupe sera-t-elle une affaire romande?

Les 28 et 29 février, trois clubs romands – à savoir Servette, Sion et Delémont – seront encore à l’affiche des quarts de finale de la Coupe de Suisse.

C’est aussi bien que lors de la saison 2021-2022 lorsque Étoile Carouge, Yverdon et Lausanne se trouvaient toujours en course à ce stade de la compétition. Si les chances jurassiennes d’envahir Berne ce printemps semblent assez réduites, Servette et Sion misent chacun sur la Coupe pour rajouter une ligne à leur palmarès.Il faut remonter à 2015 pour trouver trace d’un dernier vainqueur romand, en l’occurrence le FC Sion, lequel avait disposé du FC Bâle 3-0 au Parc Saint-Jacques un 7 juin devenu historique, puisque coïncidant avec la 13e finale remportée par les Valaisans en autant de participations.

Beaucoup rêvent déjà de retrouvailles au sommet le 2 juin entre les deux meilleurs ennemis du monde. Sion et Servette ne se sont plus affrontés en finale depuis le 19 mai 1996 – 3-2, buts valaisans signés Bonvin (64e), Wicky (67e) et Vidmar (74e) contre deux réussites genevoises estampillées Karlen (31e) et Neuville (61e) devant 27 500 spectateurs réunis dans l’ancien Wankdorf.

5.

Quel coach pourrait vraiment trembler?

Au moment où Fabian Frei (517 matches avec Bâle où il est en fin de contrat) entame ce qui pourrait s’apparenter à une tournée d’adieu, les douze entraîneurs de Super League se retrouvent sous pression. Certains bien plus que d’autres, compte tenu de l’impératif d’objectifs à atteindre… On peut penser à Bruno Berner, installé sur le très instable banc de Grasshopper, club qui, détenu par la Chinoise Jenny Weng depuis avril 2020, vient de changer cette semaine d’actionnaire en entrant dans le giron des Américains du Los Angeles Football Club (présente en Major League Soccer, la franchise californienne possède déjà des partenariats avec le Bayern Munich et les Autrichiens du Wacker Innsbruck).Bruno Berner est un entraîneur en danger du côté de Grasshopper.

FRESHFOCUSCette saison, trois formations ont déjà cru nécessaire de s’en remettre à un nouveau guide: Yverdon-Sport (avec Alessandro Mangiaratti pour Marco Schällibaum, très inélegamment remercié le 30 octobre), Stade-Lausanne-Ouchy (Ricardo Dionisio pour Anthony Braizat). Après avoir consommé deux techniciens (Timo Schultz d’abord, puis Heiko Vogel qui l’avait remplacé), le FC Bâle, lui, a jeté son dévolu sur Fabio Celestini. Dans le hit-parade des coaches en danger, le Vaudois des bords du Rhin peut être infiniment plus serein que Ludovic Magnin, son ancien coéquipier sous le maillot helvétique.

A la Tuilière, l’entraîneur du LS a toujours besoin de convaincre les sceptiques afin d’asseoir définitivement sa crédibilité auprès du grand public.