Formule 1


Après une pige chez Jordan en 2004, et après avoir remporté le GP2 en 2007, Timo Glock était un candidat tout désigné pour une titularisation en F1.
C’est Toyota qui le choisit, en 2008, pour remplacer son compatriote Ralf Schumacher.
Pour la FOM, Glock s’est souvenu de son arrivée dans l’usine de Toyota, en Allemagne : il avait les yeux grands ouverts, impressionnés par le montant des investissements consentis par le constructeur japonais…
« Je me souviens encore du premier jour où j’ai signé le contrat et où l’on m’a invité à l’usine, mais très tard dans la soirée, pour que personne chez Toyota ne me voie, disons.

 »
« J’ai fait le tour de l’usine et c’était fou. Il y avait deux souffleries et tout ce que vous pouvez imaginer, c’était très impressionnant. »
Glock prit du temps avant de s’accoutumer à sa Toyota.

Formule 1

Son premier podium finit cependant par arriver, à Budapest…
« La première année avec Toyota a été assez difficile, la première moitié de la saison, parce que j’avais beaucoup de mal à mettre la voiture dans la bonne direction pendant un week-end, du point de vue des réglages. »
« Mais par la suite, j’ai été compétitif en qualifications et j’ai marqué des points, et j’ai obtenu mon premier podium à Budapest – qui a été un excellent week-end dès le premier tour. J’ai réalisé une très bonne performance en qualifications en me classant cinquième sur la grille, puis j’ai fait une très bonne course.

 »

’Is that Glock ? ! ’…

Cependant Glock restera connu en F1 pour ce Grand Prix du Brésil 2008, où il aura joué un rôle décisif, et malgré lui, dans l’attribution du titre mondial.
Alors que la pluie tombait dans les derniers tours de la course, la plupart des pilotes, dont Felipe Massa et Lewis Hamilton, en lice pour le titre, optaient pour des intermédiaires.
Mais pas Glock : sur sa Toyota, le pilote allemand restait en piste avec des slicks.

Il gagna initialement quelques places mais son rythme, étant donné les conditions de piste, eut tôt fait de s’effondrer.
On se souvient de ce qui arriva alors : dans l’ultime courbe d’Interlagos, Glock, au ralenti, se fit dépasser par Lewis Hamilton. Le pilote McLaren put ainsi remporter, in extremis, le titre mondial, alors que Felipe Massa crut pendant un demi-tour de sortie être titré à domicile, après sa victoire.

Or, des théories du complot apparurent très vite : et si Glock, un pilote allemand, avait volontairement ralenti pour laisser passer Lewis Hamilton, propulsé par un moteur allemand (Mercedes)…
Bien évidemment, rien de cela n’est fondé : Glock, était tout simplement sur une patinoire avec ses slicks.
Et surtout, il était totalement inconscient du rôle central qu’il avait joué… Il était même quasiment ahuri après l’arrivée de ce fameux du Grand Prix du Brésil 2008, ne comprenant pas pourquoi tout le monde s’intéressait à lui…
« Je n’ai jamais pensé que cela m’arriverait. »
« Nous avons essayé de faire notre course et d’en tirer le maximum, et à la fin nous avons gagné des places en restant en piste, mais personne ne m’a dit que c’était moi qui avais décidé du championnat.

 »
« Même lorsque je suis revenu après la course et que je me suis garé derrière Lewis, j’ai demandé à mon ingénieur qui avait gagné le championnat et il m’a répondu : « C’est Lewis ». Je suis allé voir Lewis, je l’ai félicité, je me suis éloigné et toute une bande de journalistes a accouru. Je me suis dit : « OK, ils vont tous vers Lewis », alors je me suis écarté.

Puis ils sont tous venus vers moi  !  »
« On m’a posé des questions bizarres du genre : « C’était fait exprès ? », « Pourquoi avez-vous fait ça ? », bla-bla-bla. Je me demandais ce qui se passait, je n’en avais aucune idée. Mon physiothérapeute est venu me voir, m’a attrapé, m’a ramené dans les stands et m’a expliqué ce qui s’était vraiment passé.

J’ai dit : « OK, maintenant je comprends ce qui se passe ». Cela fait partie de l’histoire de la F1. »