GB-Hunt promet de regagner la confiance des marchés financiers : 16/10/2022 à 13 : 56


LONDRES,

britannique des Finances, Jeremy Hunt, s’est engagé à restaurer

la crédibilité économique du Royaume-Uni en surveillant au

centime près les mesures budgétaires et fiscales du

gouvernement, tout en soulignant qu’il se plaçait sous

l’autorité de la Première ministre Liz Truss.

Cette dernière a nommé Jeremy Hunt vendredi au poste de

chancelier de l’Echiquier en remplacement de son allié Kwasi

Kwarteng pour tenter de rétablir son autorité à la tête du

gouvernement mais aussi du Parti conservateur, mise à mal à la

suite de la panique déclenchée sur les marchés financiers par

ses projets de baisses d’impôts massives non financées.

L’annonce de ce programme budgétaire le 23 septembre par

Kwasi Kwarteng a contraint la Banque d’Angleterre à intervenir

en urgence sur les marchés face à la chute de la livre sterling

et l’envolée des rendements des emprunts d’Etat britanniques,

qui menaçaient la survie de certains fonds de pension et ont

entraîné une hausse du coût des crédits immobiliers pour des

ménages déjà confrontés à une inflation élevée.

« Aucun gouvernement ne peut contrôler les marchés. Aucun

chancelier ne devrait chercher à le faire », a dit Jeremy Hunt

dans une interview diffusée dimanche par la BBC.

« Il y a une chose que l’on peut faire, et c’est ce que je

vais faire, c’est montrer aux marchés, au monde, aux gens qui

regardent chez eux, que nous pouvons correctement compter chaque

centime de nos projets fiscaux et budgétaires », a-t-il ajouté.

A peine plus d’un mois après son arrivée à la tête du

gouvernement à la suite d’une élection interne au Parti

conservateur, Liz Truss a non seulement limogé Kwasi Kwarteng

vendredi mais a aussi renoncé à des pans essentiels du programme

économique, basé sur les baisses d’impôts, qu’elle avait élaboré

avec lui.

Après avoir de fait renoncé au pari de Liz Truss selon

lequel les baisses d’impôts nourriraient la croissance

économique et garantiraient ainsi à terme la bonne santé des

finances publiques, Jeremy Hunt a même prévenu qu’il pourrait

aller encore plus loin en imposant un contrôle strict des

dépenses et en relevant certains impôts.

« Je vais demander à chaque administration publique de

trouver de nouvelles sources d’efficacité en termes de coûts »,

a-t-il dit, ajoutant ne rien exclure pour équilibrer les

comptes.

FRONDE

D’après le Sunday Times, Jeremy Hunt compte reporter

l’abaissement programmé du taux minimal de l’impôt sur le revenu

alors que les estimations initiales de l’équivalent britannique

de la Cour des comptes font apparaître un trou de 72 milliards

de livres dans les projets gouvernementaux actuels.

Le Trésor britannique a refusé de commenter cet article.

A la question de savoir s’il pensait gagner la confiance des

marchés financiers, Jeremy Hunt a répondu à la BBC : « Vous

savez, pour les gens qui interviennent sur les marchés, les

actes comptent plus que les paroles. »

Un premier test interviendra dès lundi matin lorsque les

emprunts souverains du Royaume-Uni recommenceront à s’échanger

sans le programme d’urgence mis en place par la Banque

d’Angleterre, qui a pris fin vendredi.

« Fondamentalement, nous sommes passés d’une situation qui ne

semblait pas trop différente des Etats-Unis ou de l’Allemagne en

tant qu’emprunteur, à une situation qui nous fait davantage

ressembler à l’Italie ou à la Grèce », a dit Charlie Bean, ancien

gouverneur adjoint de la Banque d’Angleterre, à Sky.

Tandis que Jeremy Hunt s’efforce de rassurer les marchés

financiers, Liz Truss doit pour sa part éteindre une fronde de

plus en plus bruyante au sein du Parti conservateur.

La presse britannique était remplie ce dimanche d’articles

citant des sources anonymes sur les successeurs potentiels de la

Première ministre.

Dans une tribune parue dans le Sun, Liz Truss a reconnu que

ses projets économiques initiaux avaient été « plus loin et plus

vite que ce que les marchés attendaient ».

« J’ai écouté, j’ai compris », a-t-elle écrit. « Nous ne

pouvons pas ouvrir la voie à une économie de faibles impôts et

de forte croissance sans conserver la confiance des marchés dans

notre attachement à une monnaie solide. »

Sur la BBC, Jeremy Hunt a été interrogé sur le fait de

savoir si, au vu des profonds changements politiques qu’il

devait mettre en oeuvre, il n’était pas devenu de fait le

véritable chef du gouvernement.

« La Première ministre est aux commandes », a-t-il répondu.

« Elle a modifié la manière d’aller où nous allons. Elle n’a pas

changé la destination, qui est d’avoir un pays en croissance. »

version

française Bertrand Boucey)