Gers : des écologistes interpellent le Grand Auch sur la zone de Naréoux et sur l'artificialisation des sols


Les militants d’Alternatiba se sont rendus devant les locaux de l’agglomération du Grand Auch contre le développement de la zone d’activité économique de Naréoux ce vendredi en milieu de journée.

Tout était calme au centre économique du Garros, ce vendredi à la mi-journée. La pluie avait cessé et les employés sortaient de leurs bureaux pour aller chercher un sandwich quand une trentaine de personnes surgies de nulle part ont enfilé des gilets jaunes et brandi des pancartes avant d’entrer dans le hall du bâtiment.

Les militants d’Alternatiba et d’ANV-COP21 Auch ont répondu à l’appel national d’ANV (Action non-violente) en venant manifester devant les bureaux de l’agglomération du Grand Auch pour contester le projet d’implantation d’une zone d’activité économique sur le site de Naréoux. venus demander une prise de conscience des élus.

« 30 ans d’inaction politique »

Devant les militants assemblés dans le hall, Julien Milanési s’est saisi du micro. L’économiste, membre du CERTOP, est maître de conférences à l’université Toulouse III Paul-Sabatier, et travaille sur les liens entre écologie et économie. Il a d’abord exhumé un exemplaire du magazine Science & Vie Junior, datant de 1991. « On a deux trois pages sur le réchauffement climatique qui expliquent les mêmes mécaniques que l’on voit aujourd’hui. Il y a 30 ans, un adolescent un peu curieux pouvait être informé sur le réchauffement climatique. Les 30 ans qui viennent de passer sont 30 ans d’inaction politique », dénonce le chercheur.

Les manifestants sont venus demander aux élus de prendre en compte l’urgence climatique. « Il faut changer notre système de production, nos habitudes de consommation. Et pour cela, il faut commencer par arrêter les projets qui nous font reculer face à l’objectif climatique que nous nous sommes fixé. estime l’économiste.

Pour les écologistes., il faut le regarder dans son ensemble, et comme la somme des actions conduites dans toutes les communautés d’agglomération de France : le problème, c’est que tout le monde le fait en même temps », estime Julien Milanési.

L’économiste Julien Milanési a développé ses arguments en s’appuyant sur les données du GIEC et du gouvernement.

DDM – NEDIR DEBBICHE

Absent lors de la manifestation, le président de l’agglomération Pascal Mercier assure que la problématique a été prise en compte. « Ce schéma, qui s’appuie sur la loi. d’ailleurs c’est tout à fait impossible et incongru. »

Les manifestants ne manquent pas d’évoquer le rapport du GIEC, qui pose un constat alarmant mais indique que l’augmentation de température peut être contenue avec des actions immédiates. « Même si on ne va pas aussi vite que ce que préconise le GIEC, la logique de modération de consommation des sols est inscrite dans la loi. Je préconise de jouer à armes égales avec les autres territoires et qu’on applique tous les mêmes règles, avec une modération progressive mais importante. »

« Repenser la façon de concevoir l’activité économique »

C’est bien cette concurrence économique entre territoires qui incite les élus à repousser les enjeux climatiques aux horizons prescrits par la loi. « Il faut partir dans l’autre sens : se demander quels sont les besoins économiques d’un territoire, comment ils viennent répondre aux crises face à nous et comment les politiques publiques peuvent s’impliquer dans ces processus, fait valoir Julien Milanési. Mais ça demande de repenser la façon qu’ont les élus de concevoir l’activité économique sur les territoires. »

Si la zone économique de Naréoux devait se faire. « Ça doit être un enjeu systématique : toute activité doit être passée par ce prisme-là », assène le chercheur. L’agglomération indique que les porteurs de projets qui se sont manifestés évoquent des activités artisanales, à l’image de ce qui existe déjà.