Girondins de Bordeaux. Albert Riera fait le bilan de la saison et évoque l’avenir du club


Oui. On a vu de quoi on est capables, ce qu’on propose. Si quelqu’un ne le voit pas, alors c’est qu’il ne veut pas le voir.

On a mis les ingrédients parfaits, un pressing parfaits. Je voudrais être le plus simple possible. Dans votre pays que je dois respecter, je vais essayer de parler un peu moins et faire que mon équipe soit à mon image.

Girondins de Bordeaux. Albert Riera fait le bilan de la saison et évoque l’avenir du club

Ma satisfaction, c’est de voir que mon équipe joue une équipe d’Albert. S’il y a un regret, c’est un peu comme toute la saison : vous pensez qu’à la 90e, on doit regarder la montre ? On est passés par-dessus l’adversaire. Vous ne croyez pas qu’on a été meilleurs que l’adversaire aujourd’hui ? Ce n’est pas un manque de respect.

On aurait dû gagner plus tranquillement en étant plus efficaces. Quand tu gagnes 2-0, il ne doit pas se passer beaucoup de choses.Comment analysez-vous votre saison, depuis que vous êtes arrivé en octobre ?Je suis déçu car je pense qu’on pouvait faire beaucoup plus.

Comme aujourd’hui (vendredi). Ça aurait pu faire 5-1… On a fait 60-65 bonnes minutes, ensuite on a baissé un peu. C’est la différence entre les joueurs de Ligue et la Ligue 2.

La régularité. On a 15 mauvaises minutes et on prend deux buts. Ce match dit beaucoup de ce qui nous a manqué cette année.

Mais je n’ai pas de regrets. Comme je l’ai dit aux joueurs, j’ai essayé tout ce que j’ai pu. Je ne suis pas parfait mais j’ai tout donné.

Je vais continuer comme ça. C’est ma mentalité. J’adore ce métier.

Ici ou ailleurs, je saurai toujours où je vais.A-t-on vu des bribes face à Pau de ce que vous voulez mettre en place ?Dans la construction, avec et sans ballon, aujourd’hui je crois qu’ils méritent que je parle d’eux, après les critiques justifiées qu’ils ont reçues la semaine dernière et les quatre buts encaissés (à Concarneau) : Harisson (Marcelin), Cassu (Yohan Cassubie) et Issouf (Sissokho). Au niveau du jeu de position, Issouf a fait une masterclass.

Bien sûr qu’il y a eu des erreurs ce soir, mais c’est aussi l’adversaire qui joue, qui te pousse, qui va vite. Ces trois-là méritent qu’on parle d’eux car ils ont fait, à part deux ou trois actions, un très bon match.Pourquoi Danylo Ignatenko était-il absent ?Non, je voulais jouer avec Issouf.

Il y avait l’option de faire jouer Danylo en défense mais on a travaillé avec Cassu. C’est un joueur senior, et quitte à ce qu’il ne joue pas, je préfère ne pas le mettre sur le banc.Comment va Zan Vipotnik, sorti après un choc à la tête ?Il avait des points de suture sur la tête, ce n’était pas la peine de prendre des risques pour ce dernier match de la saison.

Était-ce le dernier match de Zuriko Davitashvili avec Bordeaux ?Je ne peux pas vous répondre. C’est un bon joueur, important, des clubs le veulent. Il y a une part de business dans le foot.

J’aimerais l’avoir avec nous la saison prochaine mais… On va essayer d’aller chercher des joueurs compatibles avec la situation du club, mais on doit vendre et je l’accepte. Peut-être qu’on va vendre plus qu’on ne va recruter, mais je préfère la qualité à la quantité. Si une offre à la hauteur arrive, c’est le business.

On ira chercher un joueur avec les mêmes caractéristiques pour moins cher. Et ce sera ma responsabilité de faire progresser.L’équipe a été sifflée, critiquée.

Comment gérez-vous ça avec le staff ?C’est totalement compréhensible. Ce serait incroyable de se faire applaudir dans notre situation. Dans notre métier, il faut l’accepter et regarder devant.

J’ai parlé du projet d’Albert cette semaine. On va parler dans les prochaines semaines avec le président et Admar (Lopes, le directeur sportif). On est dans le même bateau.

On doit décider si on amène l’équipe là où elle mérite, à la hauteur de l’histoire de ce club. Je dois parler, l’équipe doit parler pour moi sur le terrain. On fait beaucoup de bonnes choses.

Avec les ingrédients qu’on peut amener, imaginez ce qu’on peut faire.Êtes-vous inquiet pour l’avenir du club ?Après la conférence de presse de mercredi, on a un peu échangé (sourire) (avec Gérard Lopez, NDLR). On est en contacts avec Admar et le président pour avoir une réunion très bientôt, dans les prochains jours.

Ce club mérite une bonne organisation. Il faut parler de manière simple, honnête, sincère. Je suis 12 à 14 heures par jour au Haillan.

On doit encore organiser des choses, pas seulement dans l’équipe pro. Il y a des choses à faire, s’ils m’écoutent. J’ai connu de grands clubs, je sais comment on doit faire.

C’est un ensemble, comme une famille. Tout doit être géré.Gérard Lopez vous a-t-il rassuré sur l’avenir du club ?J’aimerais que ce soit fait le plus vite (possible).

Avec Admar, on pensait commencer à parler aux agents à partir de lundi. Le plus important, ce sont aussi nos joueurs. La date très importante, c’est le 19 juin.

J’espère qu’on n’aura pas besoin d’attendre aussi longtemps car ça fait des jours de perdus. Mais je ne peux pas encore vous donner de nouvelles. Je suis clair avec le président : est-ce qu’on est dans le même schéma ensemble ? Sinon, merci pour cette opportunité, et je souhaite le meilleur pour ce club.

Mais ce n’est pas un problème de personnes, de communication ou autre. C’est un problème financier. Il faut d’abord régler cette situation.

On devra être plus « ensemble ».La direction vous a-t-elle confirmé que vous seriez l’entraîneur la saison prochaine ?J’ai un an de contrat. Mais il faut décider.

Dans le foot, ça peut aussi passer (à autre chose). Il faut s’habituer à ça.Cet effectif doit-il évoluer pour viser la montée l’an prochain ?Il doit être modifié pour la fraîcheur mentale.

Je ne parlerai pas des postes. Quand tu sors d’une saison pareille, des joueurs sont touchés. Je détecte ça.

On parle de joueurs titulaires et de joueurs qui ne jouent pas. Je parle de l’aspect mental. Je sens chez eux que parfois, quand il se passe quelque chose de mauvais, ils baissent un peu la tête.

Moi, je cherche des joueurs forts, avec du caractère. La confiance, c’est 50 % d’un joueur. Quand je parle en conférence de presse, je leur passe des messages à eux aussi.

Accepterez-vous de rester même à la tête d’une équipe pas armée pour jouer la montée ?Pourquoi être pessimiste ? Ok, on parle de budget, mais si vous voyiez la liste des joueurs qu’on veut… Ce sont des joueurs libres. Au moins, on va essayer. D’abord, on va vendre.

Pour combien, je n’en sais rien, ce n’est pas mon travail. Mais avec ce qu’on aura dans la poche, on ira à la DNCG, et on verra pour les joueurs dont je vous parle.Souhaitez-vous qu’Admar Lopes reste pour travailler avec vous ?Vous êtes avec moi une fois par semaine, 20 ou 30 minutes.

Je dis des choses et vous avez votre opinion, mais vous ne voyez pas mes 50 ou 60 heures de travail par semaine. Pareil pour Admar. C’est pour ça que je le protège.

Il est avec moi deux-trois fois par semaine et je sais qu’il travaille. Avec des erreurs, comme moi j’en fais. On donne tout pour le club.

Ça me fait mal que quelqu’un qui veut faire des choses soit critiqué. En décembre, on ne pouvait pas signer de joueurs. Mais il avait fait son travail.

Il a trouvé ce que je voulais. Chapeau. On pense pareil, on a la même opinion.

On pense qu’on peut réussir. Je ne le connaissais pas avant de venir ici mais comme d’autres, il fait un travail qui ne se voit pas. Il faut l’apprécier.