"le gouvernement doit donner des signes positifs très rapidement sur les dossiers stratégiques"


Du positif et du négatif Autre dossier stratégique  : le PTIC et les infrastructures de l’île. « Les communes et intercommunalité attendent la mise en œuvre des pré-engagements contractualisés. Il était hors de question de revenir dessus, même s’ils ont été pris selon une méthode regrettable ».

Une allusion aux contrats passés par l’ancien préfet dans le dos de la Collectivité de Corse. « Près de quatre ans après la décision de mettre en œuvre un PTIC, il n’y a pas eu le moindre euro de l’État investi dans le cadre de ce dispositif, il n’y a pas eu le moindre euro investi dans l’économie corse ou dans les infrastructures », déplore le président de l’Exécutif. « Nous avons besoin d’une mise à niveau stratégique des infrastructures.

Je pense que dans la discussion avec le préfet et le gouvernement, nous pouvons avancer dans les prochaines semaines ». Autre dossier en grande souffrance  : l’énergie et la stratégie d’autonomie énergétique à 2050. « Là aussi, il y a du positif et il y a du négatif », reconnait-il.

« Nous avons la nécessité de mettre un terme à l’exploitation du Vazziu et, pour cela, de construire la nouvelle centrale du Ricantu qui a été redimensionnée à la baisse de 250 MW à 112 MW par rapport à notre volonté de monter en puissance sur les énergies renouvelables et la maîtrise de l’énergie ».   Une attente de clarification Pour la nouvelle centrale électrique, l’Etat est revenu sur le choix du gaz naturel validé par l’assemblée de Corse et par un engagement contractualisé avec l’ancien ministre De Rugy. « L’Etat est maitre d’ouvrage dans l’appel d’offres qui a été lancé et selon lequel l’énergie de transition ne pourra pas être le gaz.

Nous sommes prêts à envisager cette solution parce que c’est la raison qui nous y incite. Si on repart sur un appel d’offres au gaz qui risque d’être infructueux dans les deux ans, cela veut dire que l’on continue avec le Vazzio et qu’on risque, à chaque instant, le blackout énergétique », déclare Gilles Simeoni. Face à cette crainte, il redit la nécessité de sécuriser SACOI, la ligne électrique Sardaigne-Corse-Italie, mais exige « des garanties écologiques, économiques et environnementales.

Cela passe par une révision de la PPE (Programmation pluriannuelle de l’énergie) et par un débat public ». Mais aussi que l’argent promis soit investi dans les énergies renouvelables et la maîtrise de l’énergie  : « A priori, on ne ferait pas la barge à Lucciana, ni la structure gravitaire en approvisionnement en gaz dans le golfe d’Aiacciu. Dès lors, on économiserait 800 millions d’euros.

Si on évalue, en plus, les coûts en fonctionnement en gaz et en bioliquides, ça va encore laisser un différentiel de 600 ou 700 millions d’euros qui sont contractuellement dus à la Corse. Il faut que ces 700 millions d’euros, qui ont été contractualisés, viennent soutenir la montée en puissance des énergies renouvelables qui doivent être le plus haut possible, le plus vite possible ». De même, il s’agit de lutter contre la précarité énergétique, notamment par la rénovation énergétique des logements sociaux et des collèges et bâtiments de l’enseignement.

Des opérations d’un montant de 15 millions d’euros concernant le Campus Agri u Rizzanesi de Sartè, le Lycée Giocante de Casabianca de Bastia et l’Institut National Supérieur du Professorat et de l’Education d’Aiacciu seront adoptées pendant cette session sur un programme total évalué à 40 millions d’euros. « Nous avons besoin aujourd’hui d’une réponse rapide de l’État. J’ai dit au ministre Darmanin que, sur ces différents points, nous attendions dans les semaines, voir dans les jours à venir, des éclaircissements et des décisions sur la prise de la part du gouvernement », poursuit-il.

  Le rôle du Parlement Le dernier point évoqué est d’ordre sociétal  : « Nous avons eu, la semaine dernière, une session exemplaire sur l’analyse et la lutte contre les dérives mafieuses. La Collectivité de Corse est prête à prendre sa part, un travail important nous attend, à l’Etat aussi d’accepter de venir discuter avec les élus de la Corse et de dire ses intentions en la matière », prévient le président de l’Exécutif. Avant de conclure rapidement sur sa rencontre d’une heure avec la Présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun Pivet, qui a suivie celle de Beauvau.

« J’étais content de pouvoir rencontrer la présidente de l’Assemblée nationale qui avait la volonté de s’informer directement de la réalité de la situation en Corse. Dans le contexte politique d’ensemble des mois à-venir qui, j’espère, sera celui de la paix, de la démocratie et du dialogue réel, l’Assemblée nationale a un rôle important à jouer. J’espère que sa présidente aura la volonté de s’impliquer et d’impliquer l’institution qu’elle préside.

J’ai, bien sûr, évoqué avec elle la Commission d’enquête qui vient d’être instituée sur les circonstances de l’assassinat d’Yvan Colonna et j’ai redit, là aussi, que notre exigence de vérité et de justice était toujours aussi forte et ardente ». Yaël Braun Pivet a émis le souhait de rencontrer son homologue corse, la présidente Nanette Maupertuis. Ce premier entretien devrait, donc, être suivi d’autres.

  N.M.