Harcèlement sexiste et sexuel : un coup d'œil pour comprendre avec l'Université de Corse


Une affiche pour une scène, au moins agressive, au pire violente, parfois révélatrice des profonds tourments dans lesquels l’individu harcelé peut se retrouver. Un seul dessin sur un méga support, le tout multiplié par 29, voilà l’épineuse thématique explorée le temps d’une expo, dans le hall de la bibliothèque universitaire.

Harcèlement et souffrance à l’école, comment aider son enfant ? 

L’œuvre de quelques étudiants avant tout soucieux de sensibiliser dès le premier regard celui ou celle qui y prêtera attention. « C’est dans cette logique que tous les dessins ont été réalisés, explique Lucia Esteves-Serra. Des scènes très simples, mais des images fortes, parfois choquantes, conçue pour faire comprendre très vite ce que peut représenter le harcèlement sexuel et sexiste. »

Chargé de mission « égalité », une responsabilité qui inclue justement la question du harcèlement, l’enseignant-chercheur spécialiste des sciences de l’éducation avait pris contact avec ces étudiants sensibilisés et déjà impliqués dans la problématique via diverses actions. L’objectif, faire de leur force créative une arme au service de la sensibilisation. « Nous avons mis en place une cellule de veille et d’écoute pour permettre à tous les étudiants victimes de harcèlement de trouver une oreille attentive et de l’aide*. Nous travaillons beaucoup pour faire face à ce phénomène toujours préoccupant, mais encore faut-il faire savoir aux intéressés qu’ils ne sont pas seuls. Je pense que cette expo est la vitrine parfaite d’une vraie campagne de sensibilisation. »

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L’enquête menée sur le sujet par le campus cortenais avait rendu ses conclusions au mois de juin 2021. Celles-ci n’avaient pas révélé la cote d’alerte, mais conforté la communauté universitaire sur le fait qu’il fallait se saisir de la question. « Même s’il ne s’agissait que de la partie émergée de l’iceberg, parce que de nombreux jeunes continuent à se taire, 10 % de ceux qui avaient répondu au questionnaire se disaient victimes ou témoins de harcèlement, rappelle Bruno Garnier. Dans ces témoignages, il était essentiellement question de harcèlement sexuel et sexiste, d’où la thématique de cette exposition. »

Des formats réduits sur l’ensemble du campus

« Nos dessins représentent aussi des scènes d’abus, de la pression physique exercée de différentes manières. Ce qui peut choquer, justement », estime Anaïs Marche, elle aussi étudiante en arts appliqués. Comme Lucia, elle sait que le phénomène sévit dans le microcosme étudiant. « On a entendu parler de quelques cas, à l’extérieur du campus », confient-elles, persuadées que le plus préoccupant se déroule encore, malheureusement dans l’ombre.

le sexisme au travail est une réalité sans chiffres

« La communication, il n’y a que ça de vrai pour faire bouger les lignes, insiste Bruno Garnier. Il est important que les victimes voient cette expo, pour savoir qu’on peut les aider, mais aussi les auteurs, pour qu’ils sachent que leurs actes ne resteront pas forcément impunis. » D’où l’intention, au-delà de l’exposition de ces 29 affiches, à partir de jeudi et ce jusqu’à la mi-février, dans le hall de la BU, de jouer les prolongations sur l’ensemble du campus. « Nous allons ensuite reproduire tous ces visuels dans des formats réduits, pour les afficher dans toutes les composantes de l’université », annonce le chargé de mission « égalité » qui compte sur d’autres initiatives. Celle qui va permettre à l’université de former ses propres « sentinelles », mais aussi l’ouverture d’un diplôme universitaire « Violence, famille, société ». Dispensé en deux ans, il ouvrira dès la rentrée 2023.

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