Harun Demiraslan présente l'album In motion


D’où vient votre passion pour la musique et que vous apporte-t-elle ?Tout jeune, j’avais une certaine fascination à regarder jouer mon oncle du Oud ou du Saz. Mais je n’avais pas d’instrument chez moi et mes parents n’avaient pas les moyens de me payer des cours de musique. J’ai finalement commencé la musique tout seul, avec un petit clavier avant de rencontrer des personnes qui m’ont initié à la guitare en me montrant quelques accords… la suite ? Un tas de rencontres et de circonstance qui ont fait que j’ai développé mon jeu en autodidacte, monté plusieurs projets, enregistré des albums, bouffé de la scène, appris un tas de choses… bref. La musique fait partie de ma vie et je n’ai jamais pu, ni voulu ralentir.

Vous avez fait partie de plusieurs groupes. Pourquoi avez-vous souhaité réaliser un album en solo ?Disons que j’éprouvais une certaine frustration à composer pour mes groupes et rien sortir en mon propre nom… c’est quelque chose que j’espérais faire tôt ou tard sans en avoir vraiment conscience. Il aura fallu que je sorte plusieurs albums avec mes groupes et un confinement pour réaliser que j’en avais besoin. Que j’avais les épaules pour ça. C’est peut-être aussi que c’est une sorte de bilan pour mieux repartir tout simplement.

Pouvez-vous nous présenter votre album In motion et son univers ?C’est une sorte de rock instrumental progressif à plusieurs facettes se déroulant sur une chronologie introspective. J’ai cherché à faire un disque épique et poétique où chaque titre évoque une période de ma vie. Sinon, d’un point de vue technique.  

Quelles ont été vos inspirations pour composer vos titres ?La source première d’inspiration pour cet album est bien sûr tout ce que j’ai pu développer ces dernières années au sein de mes divers projets mais selon les titres, j’ai aussi été inspiré par des trucs comme Snarky Puppy, Alice in Chains, Pearl Jam, Steve Vai, N.I.N, Depeche Mode, Stevie Wonder, Herbie Hancock ou encore la musique mandingue…

En quoi est-ce important d’évoluer en musique pour vous ?C’est juste un besoin. Personnellement, j’aime retrouver la fraîcheur, l’étonnement que j’ai pu ressentir plus jeune lorsque j’ai commencé à m’intéresser à la musique. Alors je teste des trucs… plus ou moins réussis… mais j’aime cette idée qu’il y a encore beaucoup d’esthétique à développer. Ça me permet de garder ma libido musicale intacte et au fond, je trouve cela plus ludique !

Que peut-on savoir des invités présents sur votre album ?Mis à part Morgan Berthet à la batterie et Shob à la basse pour la section rythmique, j’ai invité 2 guitaristes que j’apprécie beaucoup : Richard Daudé sur le titre « Her » et Christophe Godin sur le morçeau « Surtention ». J’aurais pu bien sûr proposer ça à d’autres shredders de mon entourage mais les titres en question étaient comme, taillés pour eux ! Sinon, on retrouve aussi mon frère d’arme dans Step In Fluid, le claviériste Gérald Villain. Le titre « Under The Sun » sur lequel il intervient correspond chronologiquement à la période où je lui ai proposé de rejoindre le groupe… Et pour le 4ème et dernier invité, j’ai fait appel à mon ami saxophoniste Matthieu Metzger sur 2 titres pour enrichir la palette sonore du disque. Il a même proposé des arrangements avec son « Bidule ». Un instrument expérimental de fabrication maison.

Comment se sont passés vos enregistrements en studio ?

J’ai écris et maquetté l’album sur une vingtaine de jours entre novembre et décembre 2020 chez moi.Pour les prises batterie, Morgan à fait ses prises dans le studio du batteur Jelly Cardarelli. Shob a fait les siennes chez lui, et les invités en ont fait de même. Personne n’a vu personne ! J’ai juste fait suivre les maquettes avec quelques consignes et je me suis assuré de la cohérence des propositions avant de tout faire suivre à Fabien Devaux qui à mixé et masterisé l’album. 

Quels ont été vos choix sur l’artwork de l’album ?J’ai fait appel à Gilles Estines, un ami graphiste de longue date avec qui j’avais déjà travaillé pour mes groupes. Il connaît très bien mon univers et nous avons les mêmes attraits pour l’esthétique afro-futuriste. C’est donc tout naturellement que je suis allé vers lui lorsque je me suis lancé dans ce projet.

Des concerts sont-ils programmés ? Comment ressentez-vous la scène ?J’espère pouvoir présenter ça sur scène courant 2023 mais il est encore un peu tôt pour en parler. il y aura pas mal de travail à faire sur le son et les arrangements pour adapter tout ça pour la scène mais je suis plutôt confiant !

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?Merci à vous et à tous les gens qui me soutiennent dans ce projet, à très bientôt !

Merci à Harun Demiraslan d’avoir répondu à notre interview !