Hausse des prix de l'énergie : la Ville de Narbonne va-t-elle passer à la caisse ?


Les élus de gauche ont proposé une motion lors du conseil municipal du jeudi 22 septembre visant à interpeller le sommet de l’Etat sur les conséquences des hausses des coûts de l’énergie pour la municipalité et ces répercussions sur les services rendus aux Narbonnais. 

« La nouvelle crise que nous traversons du fait de la guerre en Ukraine et des profiteurs de guerre qui s’enrichissent au détriment des plus faibles, ainsi que des effets du réchauffement climatique sur la production agricole mondiale, entraîne une hausse inconsidérée du coût des matières premières et de l’énergie ». 

Ils souhaitent ainsi écrire un courrier à la fois au Président de la République, Emmanuel Macron, et à la Première ministre, Elisabeth Borne, afin que le gouvernement mette en place, à l’instar des entreprises et des usagers. « Ces dernières sont les véritables boucliers de la République. Or, seules les très petites collectivités de moins de 10 employés et qui atteignent au maximum 2 millions d’euros de recettes.

« Ainsi, des communes comme la nôtre sont frappées par la hausse exponentielle des prix de l’énergie. Pour faire face à la hausse injustifiée du coût de l’énergie, elles vont se trouver contraintes de réduire leur offre de services publics, ce qui impactera encore davantage la qualité de vie de nos administrés » ajoutent les élus de gauche.

Pas de saupoudrage mais un tarif régulé

À l’instar d’autres communes de France et de plusieurs associations d’élus, l’opposition attend donc un geste en proposant cette motion « qui n’est pas une demande d’aides financières aux communes. Nous réclamons simplement le retour au tarif régulé. Le saupoudrage n’endigue pas les difficultés ni pour les collectivités, ni pour les concitoyens, ni pour les entreprises ».

Un discours qui n’a pas forcément été du goût de Didier Mouly, maire de Narbonne. « En la lisant, il s’agit avec cette motion d’un quasi-plagiat de la motion de Fabien Roussel – candidat PC à la présidentielle – si on la vote, cela équivaut à adhérer au Parti communiste ». 

les élus de la majorité ont donc naturellement refusé cette motion. 

Reste à savoir ce que ces inflations vont coûter ces prochains mois à la commune. A savoir : « quelle sera la facture au final pour la Ville et quelles mesures seront prises pour faire des économies d’énergie ces prochaines semaines ? »

Didier Mouly a longuement répondu à la double interpellation du groupe « Narbonne en commun » sur ces sujets. Concrètement selon le premier magistrat, « il y aura des économies pour que le budget n’explose pas. Nous n’avons pas attendu pour faire des choix de rationalisation de la consommation d’énergie. Nous dispensons des formations et des informations pour diminuer le chauffage des pièces. La Ville a investi dans des capteurs sur les points de distribution d’eau dans les espaces publics. Toutes ces économies permettent de gagner plusieurs milliers d’euros et nous allons poursuivre avec plus de détermination ». 

Une explication qui n’a pas convaincu Nicolas Sainte Cluque. « Le budget  pourrait passer de 1 à 3 millions d’euros. Ce ne sont pas les économies de bout de chandelle qui suffiront. Au final, ce sont les services aux Narbonnais qui vont en pâtir et cela va commencer très vite ».