Ingénieure dans l'industrie spatiale, Anthea Comellini peut être appelée à tout moment comme astronaute


Son choix se porte finalement vers une licence d’ingénierie aérospatiale à l’Ecole polytechnique de Milan. Elle y reste jusqu’en master, mais a bien envie d’effectuer une partie de son cursus à l’étranger. « Mon école propose un parcours de double diplôme avec l’école d’ingénieurs française Isae-Supaéro, on me dit qu’elle est très réputée, alors ni une ni deux, je saute sur l’occasion », se remémore Anthea Comellini.Elle ne parle pas un mot de français. « Je sais peut-être juste commander une baguette dans une boulangerie (rires). » Mais ce n’est pas un problème pour elle  : l’école, située à Toulouse, propose deux semaines de cours intensifs de langue de Molière. Ultra-motivée, elle se met vite dans le bain. Elle décide ensuite de rester dans l’Hexagone pour son stage de fin d’études chez Thales Alenia Space, une coentreprise franco-italienne – qui dispose de deux sites en France, à Toulouse et Cannes – du secteur de l’industrie spatiale.

Il n’y avait pas eu de nouveaux astronautes depuis 2009

La jeune ingénieure s’épanouit tellement dans la boîte que, une fois diplômée, elle décide d’y faire une thèse de doctorat, conjointement avec l’Isae-Supaéro. « Pour faire simple, je travaillais sur le développement d’algorithmes de navigation pour aider un satellite à rejoindre un autre satellite. » Sa thèse en poche, Anthea Comellini commence à chercher du travail. Nous sommes début 2021, le Covid est passé par là, et il n’y a pas beaucoup d’embauches chez Thales Alenia Space. « Je suis finalement recrutée par l’Agence spatiale européenne, en Allemagne, dépêchée sur des missions d’exploration de planètes comme Mercure, Jupiter ou Mars. »Dès son deuxième jour de travail, en février 2021, l’Agence spatiale européenne (ESA) annonce l’ouverture prochaine des candidatures pour la sélection d’une nouvelle promotion d’astronautes. Un événement puisque la dernière campagne de sélection de ce genre remonte à 2009, promo d’un certain Thomas Pesquet. « L’idée de candidater avait toujours trotté dans un coin de ma tête pendant de longues années. Mais sur le moment, je me pose déjà cette question  : est-ce que si j’arrive au bout du processus de sélection, je serai prête à accepter les sacrifices qu’implique la vie d’astronaute, comme passer beaucoup de temps loin de ses proches par exemple, ou être très exposée médiatiquement ? »La question, finalement, elle est vite répondue. Anthea Comellini se dit « go, je tente ». Pour pouvoir envoyer leur candidature, les aspirants astronautes doivent notamment pouvoir justifier d’au moins trois années d’expérience professionnelle – « heureusement, ma période de thèse est prise en compte, sinon je n’aurais pas pu candidater » – et ne pas avoir de contre-indications médicales. La jeune ingénieure entre dans ces critères. Mais elle n’est pas au bout de ses peines…

Ingénieure dans l'industrie spatiale, Anthea Comellini peut être appelée à tout moment comme astronaute

Silence radio pendant plusieurs semaines

au côté de 16 autres candidats mais aussi représenter l’agence en tant qu’ambassadrice, ce qui implique une certaine visibilité médiatique. » La jeune femme peut aussi compter sur un soutien sans faille des ressources humaines de son entreprise. Et on peut les comprendre  : avoir une astronaute au sein de ses salariés, surtout lorsque l’on est dans le secteur de l’aérospatial, c’est bon pour l’image de marque.Pas forcément pressée de partir en mission avec son nouveau statut d’astronaute, Anthea Comellini se satisfait d’être réserviste plutôt que titulaire. Elle se projette plutôt encore ingénieure pour les années à venir et espère avoir un peu de temps pour son autre passion dans la vie  : la course d’orientation. « C’est mon bol d’air. Quand j’étais plus petite, j’ai même fait partie de l’équipe nationale italienne  !  » Et, bientôt, peut-être, s’essaiera-t-elle sur un tapis de course de la Station spatiale internationale ?