INTERVIEW – Thomas Dutronc répond à Nikos Aliagas  : « J’ai des petites cicatrices partout à cause de mon chat »


J’aime son humour et son regard pétillant. Thomas a fait son chemin d’artiste en assumant d’emblée l’héritage familial, un héritage légendaire qui n’a jamais été un passe-droit. Le garçon est donc drôle, élégant et terriblement modeste, il entre dans la lumière pour s’amuser et faire du bien, pas pour prendre une quelconque revanche sur sa lignée.

Le 24 novembre dernier, il a sorti un double album live intitulé La tournée générale ! où l’on retrouve tous les standards du père et du fils, en duo et en live. C’est pétillant et drôle, comme lorsque Thomas Dutronc se regarde dans le miroir le temps d’un clic.Nikos Aliagas : Quelle est la première chose que vous regardez dans le miroir ?Thomas Dutronc : Au loin, derrière mon épaule, pour vérifier que personne n’est en train de voir que je me regarde dans ce miroir.

INTERVIEW – Thomas Dutronc répond à Nikos Aliagas  : « J’ai des petites cicatrices partout à cause de mon chat »

Ensuite, je peux commencer sereinement la chasse aux poils de nez géants.Nikos Aliagas : Qui voyez-vous dans le miroir ?Thomas Dutronc : Moi qui rêve de ne plus avoir à me soucier autant que ça de mon apparence.

Nikos Aliagas : On dit que les yeux sont le miroir de l’âme, que disent les vôtres ?Thomas Dutronc : « Salut copain, allez encore un p’tit effort et bientôt les vacances ! »Nikos Aliagas : Qu’aimez-vous le moins chez vous ?Thomas Dutronc : Mes kilos en trop (rires).

Nikos Aliagas : Qu’aimez-vous le plus ?Thomas Dutronc : Ma bonne volonté…Nikos Aliagas : Que changeriez-vous sur vous si vous aviez une baguette ou un bistouri magique ?Thomas Dutronc : J’aurais bien mesuré 2m10 et pesé 110 kilos, histoire de corriger gentiment les emmerdeurs de toutes sortes. Je me serais peut-être senti réconforté d’être une telle force de la nature ! Croyez-vous que je sois jaloux ? Pas du tout… Moi j’ai un joujou extra.Nikos Aliagas : Que disent vos mains de votre vie ?Thomas Dutronc : Elles sont assez fortes à cause de la guitare.

J’ai des petites cicatrices partout à cause de mon chat qui me mordille en jouant, ça signifie donc que je me sacrifie par amour. J’ai des lignes de vie, coeur et intelligence qui forment un beau M ! Je Google ce M, je ne me rappelle plus ce que ça veut dire: « La lettre M symbolise la bénédiction, la grande fortune et la réussite mais aussi l’intuition, la spiritualité et le courage. » Sinon j’ai également les doigts très laxes, je peux les plier entièrement.

Google me dit que cela montre un niveau de pouvoir tantrique optimum (rires).

Nikos Aliagas : Quelle partie de votre visage vous rappelle le plus vos parents ?Thomas Dutronc : Eh bien parfois, mes yeux me rappellent l’un et parfois me rappellent l’autre. Et parfois rien.

Nikos Aliagas : Que se dit l’artiste dans le miroir avant de monter sur scène ?Thomas Dutronc : Allez mon vieux ! Amuse-toi, sois généreux, sois impeccable, mais aussi lâche toi, surprends toi, surprends aussi tes musiciens et dépasse toi, fais mieux que la dernière fois ! Nikos Aliagas : Que se dit l’artiste dans le miroir après la scène, lorsqu’il se démaquille ?Thomas Dutronc : Salut toi, bon c’était bien ! Alors, à plus tard, c’est urgent de fêter ça ! Nikos Aliagas : Quel est le danger que fait miroiter votre métier ? Que diriez-vous à un/une jeune qui débute ?Thomas Dutronc : Je n’ai pas de conseils à donner aux jeunes. Déjà qu’ils sont jeunes ces salopards, je ne vais pas en plus les aider ? ! ? (Rires) Si parfois l’occasion se présente, j’adore faire profiter de ma petite expérience. De faire en sorte de donner des tuyaux pour que le « jeune » ne perde pas autant de temps que moi.

Qu’il essaie de plus vite cerner l’essentiel…

Nikos Aliagas : Le temps qui passe vous obsède-t-il ou glisse-t-il sur vous ?Thomas Dutronc : J’y pense tout le temps. Par exemple, les chansons de Trenet sur la nostalgie, le cher visage de son passé, le p’tit village, le coin de rue de l’enfance, nos jeunes années, m’émeuvent terriblement. Il y a des bonheurs et des malheurs enfouis dans chaque époque de sa vie.

Des versions de nous-mêmes qui nous manquent peut-être ou qui ont quelque chose à nous dire.Nikos Aliagas : Si vous deviez poser une question à votre miroir pour finir ?Thomas Dutronc : Que puis-je faire pour être meilleur ? Pour rendre mon entourage plus heureux ? Et finalement pour être plus heureux moi-même encore ?Cet article était à retrouver dans le Gala N°1594, disponible le 28 décembre dernier dans les kiosques. Le nouveau numéro de Gala sort ce jeudi 4 janvier 2024.

Bonne lecture.

Crédits photos : J.M.

HAEDRICH/SIPA