Jeff Grimal Sortie Artbook : Interview


Vous connaissez peut-être Jeff Grimal le musicien. Si c’est le cas, vous connaissez alors quelques-unes de ses œuvres qui apparaissent sur les pochettes d’albums. Et c’est bien en tant qu’artiste, peintre et dessinateur que Jeff revient en septembre avec un artbook dédié à ses œuvres qui sortira aux Editions des Flammes Noires.

Il a bien voulu répondre à nos questions afin de présenter ce beau projet, aussi qualitatif qu’intéressant.

Mi-septembre sortira aux Editions des Flammes Noires un artbook consacré à ton art. Tout d’abord, peux-tu nous présenter la genèse de ce magnifique projet ? Comment est venue l’idée d’un tel ouvrage ?

Cela fait un moment que j’avais en tête d’éditer mes œuvres en Artbook mais le manque de budget et de contacts pour aboutir à ce projet étaient un sacré frein, je l’avoue.

En juillet 2020, j’ai reçu un message d’Emilien (des Editions des Flammes Noires) sur mon compte Twitter me proposant de publier mon travail. Je lui ai répondu, nous nous sommes appelés et le courant est tout de suite bien passé entre nous. Au début, Emilien m’a proposé de rédiger les textes mais j’ai toujours du mal à écrire sur mes œuvres.

J’ai des concepts sur certains tableaux et séries mais trouver les mots justes, les bonnes phrases est pour moi, pour le moment, un grand stress. J’ai tout de suite pensé à Raphaël Verguin pour rédiger les textes et il a accepté.

Es-tu content du résultat ?

Bien sûr, je suis content, je suis même ravi ! C’est pour moi une reconnaissance et un aboutissement de 15 ans de travail.

Le livre contiendra une bonne partie de tes peintures réalisées à différentes périodes et classées par thèmes. Comment s’est effectué le choix des œuvres ?

Ce n’était pas si simple du fait de la quantité que j’ai créée pendant 15 ans. Beaucoup de thèmes différents qui vont du fantastique, en passant par l’abstrait et mon pointillisme en dessin.

Nous avons tout d’abord décidé du nom des chapitres, qui sont : Citadel, Abstrait, Nature, Lovecraft, etc. Après, j’ai proposé une dizaine d’œuvres par chapitre et Emilien de son côté travaillait sur la mise en page. Il nous envoyait des propositions que l’on validait ou pas. Le placement de l’œuvre est important ainsi que les couleurs, faire attention à garder une certaine osmose.

Nous avons changé les choses de nombreuses fois. Et il fallait aussi faire attention au texte, s’il parlait d’une œuvre bien précise, ne pas l’oublier et le placer à la bonne page, comme une histoire en somme.

Les textes d’explications accompagnant les œuvres sont rédigés par Raphaël Verguin (SPECTRALE, RÏCÏNN, PSYGNOSIS), comme tu l’évoquais plus tôt. Comment s’est passée cette collaboration ?

Raphaël est un ami de longue date et joue avec moi dans SPECTRALE, j’ai toujours trouvé qu’il avait une belle prose.

C’est un littéraire et il ne s’éparpille pas quand il écrit. C’est précis et lisible, il a le truc pour capter mes ressentis et mon côté artiste un peu virevoltant. Nous nous sommes appelés pour chaque paragraphe.

Il me posait des questions et j’expliquais mon travail et les concepts des abstraits ou de ma série Nature, par exemple. Il enregistrait la conversation et rédigeait par la suite un texte que je validais ou non. Et franchement, le résultat était toujours bluffant.

La plupart de ses textes sont restés tels quels, il a fait un travail très professionnel et était vraiment à l’écoute.

De plus, ils sont écrits en français et en anglais. C’est une belle opportunité pour une reconnaissance internationale.

Est-ce le but d’expatrier ton art au-delà de nos frontières ?

J’ai déjà exposé en Allemagne et travaillé pour des groupes étrangers mais oui, j’espère que cela offrira d’autres opportunités. D’ailleurs, l’exposition que j’avais faite à Munster en Allemagne, c’était pour un festival de metal extrême où jouait aussi SPECTRALE. J’avais trouvé l’accueil de ce festival vraiment au top et un peu halluciné sur les gens, leur intérêt pour mes œuvres et leur gentillesse.

J’ai une bonne fan-base là-bas ainsi que dans d’autres pays et le bouquin va, je pense, beaucoup m’aider pour la suite. Il fera office de book pour les galeries et les festivals.

Les Editions des Flammes Noires et toi-même êtes associés au milieu metal mais on peut imaginer qu’avec ce livre, le public sera bien plus large non ?

Les Editions des Flammes Noires sont en effet dans le milieu metal mais je pense que d’autres milieux vont être intéressés.

Déjà, par mes fans qui ne sont pas uniquement de ce milieu et aussi des contacts que j’ai gardés tout au long de mes années musicales où j’ai joué dans des styles différents.

Deux versions seront publiées  : une classique et une « Deluxe ». Peux-tu nous expliquer la différence entre les deux ?

La version classique est une version simple de 184 pages et la version collector fait aussi 184 pages mais tu auras en plus une couverture différente et 7 posters de tableaux en format A4 des différentes séries du livre ainsi qu’une sérigraphie A4 de la série Tarot qui sera imprimée par Ëmgalaï Grafik.

Quand as-tu commencé à dessiner/peindre ? Qu’est-ce qui t’inspirait à l’époque et qu’est-ce qui t’inspire encore aujourd’hui ?

J’ai l’impression d’avoir toujours dessiné ! Ma mère achetait des toiles et des sculptures, des livres d’art. J’étais déjà très jeune fasciné par les artistes que je voyais, ça me foudroyait. A l’école, je dessinais beaucoup aussi.

Je détestais l’école, surtout le collège chez les catholiques. Pendant cette période de l’adolescence, j’ai commencé à m’intéresser à l’horreur et à tout cet imaginaire un peu blasphématoire. Lovecraft, Stephen King et le metal sont venus très vite avec les albums de SLAYER et toute la scène extrême qui a suivi.

Et je continuais à dessiner en écoutant et en regardant les pochettes de mes groupes préférés sans vraiment écouter les professeurs et les adultes, et franchement, j’en avais strictement rien à faire à l’époque. haha !

Pour l’inspiration, cela va dépendre de mon état, si je suis de bonne humeur ou non. Quand j’ai beaucoup de colère, je vais surtout faire de l’abstrait ou continuer la série Citadel.

L’inspiration est tout de suite validée ! Rien que le fait de peindre enclenche l’inspiration quand je suis dans certains états de fatigue ou stress. Cela m’aide à dégager la merde intérieure, mes énergies sombres. Pour les dessins ou les peintures de la série Nature, ce sont en général des moments de calme et de douceur.

Mais je suis un homme très discipliné et j’aime par exemple me faire une semaine avec un plan, le lundi je bosse le corps humain, le mardi la nature, etc. Je pense que l’inspiration vient en travaillant. Sinon, entre le moment où j’ai commencé à peindre et maintenant, il y a juste la technique qui a progressé mais j’ai toujours eu cette fureur imaginative. 

Te souviens-tu du contexte qui a déterminé chacune des œuvres produites ? Un des tableaux revêt-il une importance particulière à tes yeux et si oui, pourquoi ?

Je me souviens de l’énergie de la période, oui.

Certaines toiles portent en elles des époques très sombres de ma vie. Il y a même certaines toiles que je ne peux plus regarder, cela me fait penser à certaines phases douloureuses. Mais l’inverse existe aussi, je vis dans un continuel yin et yang.

La peinture est là pour m’aider à trouver le juste milieu, ne pas tomber dans les excès mais ne pas tomber aussi dans le Bisounours larmoyant (rires).

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As-tu déjà exposé tes travaux dans des galeries ou est-ce prévu ? A l’instar de SATYRICON & MUNCH, on pourrait imaginer, je ne sais pas, un CITADEL & GRIMAL non ?

Oui, j’ai déjà exposé en galerie pour les Art Chartrons à Bordeaux et aussi au Centre d’Arts Plastiques Fernand Léger qui est une école mais aussi une galerie d’art dans le Sud de la France.

Le projet CITADEL est un projet black metal studio (donc pas de concerts) et il est vrai que le nom du groupe fait résonance avec ma série de toiles Citadel, mais j’ai surtout envie de faire des concerts accompagnés d’expositions avec mon projet KESYS. C’est mon projet solo où je suis seul avec ma guitare et quelques effets et j’ai justement un concert en septembre dans le Sud où je fais aussi une performance ainsi qu’un concert avec exposition en décembre dans l’Est.

D’ailleurs quand est-il de la musique ? Trouves-tu le temps de mener de front ces deux aspects de ta carrière artistique ou l’un prend forcément le pas sur l’autre à un moment donné ?

Alors niveau musique, comme je le disais précédemment, j’ai plusieurs projets en route et qui vont arriver.

J’ai KESYS, mon projet folk drone, j’ai sorti un EP en 2019 et un album autoproduit en 2020. En ce moment, je suis en train de finaliser un EP et de travailler pour le live. J’ai vraiment beaucoup de motivation dans ce projet, c’est le plus personnel, celui où je me sens le plus impliqué en ce moment.

Je joue aussi dans SPECTRALE et on fait du folk, un peu progressif. Nous avons sorti chez les Acteurs de l’Ombre deux albums et un split avec IN CAUDA VENENUM.

Je gueule et joue de la guitare dans CITADEL, un projet black metal très influencé par la scène black des années 90, et nous avons sorti un album cette année intitulé « Remember Your Past » sur les labels Duality Records, Cold Dark Matter Records et Enter The Void Records.

Et pour terminer, j’ai composé deux autres albums dans des styles différents, je dois encore écouter et valider puis arranger certaines choses, j’en parlerai le moment venu. Concernant ces deux aspects de ma vie, je ne me pose pas vraiment ce genre de question, je peins tous les jours et je joue et compose très souvent. La seule chose qui diffère entre les deux, c’est que la peinture et le dessin sont devenus un travail qui paye mes factures.

Les Editions des Flammes Noires  :

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KESYS : Kesys.bandcamp.com

SPECTRALE : Spectrale.

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CITADEL  : Citadelbm.bandcamp.

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