Jeremstar se veut porte-parole des victimes de cyberharcèlement


Surtout pas influenceur

mais aussi son nouveau rapport aux réseaux sociaux. S’ils l’ont aidé à le faire connaître et propager ses potins, il est à présent plus prudent. L’éventualité de quitter Instagram ou Twitter ne l’a toutefois jamais effleuré. « Ce n’est pas à moi de quitter les réseaux sociaux, c’est aux gens qui se comportent mal d’en être interdits », affirme-t-il.

« Je continue à livrer ma vie, les réseaux sociaux sont comme mon journal intime numérique. Je suis pris dans un engrenage où j’ai habitué les gens à suivre ma vie. Quand je ne publie pas de stories pendant deux jours pour prendre du temps pour moi, je me fais harceler de messages, je dois rendre des comptes », s’amuse presque Jeremstar.

Jeremstar se veut porte-parole des victimes de cyberharcèlement

Une plateforme pour entamer sa reconstruction

tant il l’a raconté ces derniers mois aux médias ou dans les cours d’audience.Pour rebondir après cette expérience, Jeremstar décide d’appliquer son mantra : « transformer le négatif en positif ». Il a ainsi lancé il y a quelques mois sa propre plateforme, harcelement.online, pour aider les jeunes souffrant de cyberharcèlement. Une manière pour lui « d’entamer sa reconstruction » et d’offrir à son audience un lieu pour parler librement, « beaucoup moins froid que les sites du gouvernement où les jeunes ont du mal à s’identifier. » Un site incarné où le vidéaste répond lui-même chaque jour aux témoignages et surtout une manière de se suppléer aux associations déjà existantes.

« Le milieu associatif est assez compliqué. Je ne me suis pas associé à ces organisations déjà existantes, car on ne m’a jamais tendu la main. J’ai même trouvé des portes fermées et j’ai eu le sentiment qu’on ne voulait pas m’aider », explique Jeremstar à Tech&Co.

/h2>avant de voir cette peine annulée après le jugement en Cour d’appel.

« Je n’ai encore jamais entendu de prison ferme pour cyberharcèlement. Cela reste trop laxiste. Les tribunaux ont encore du mal à comprendre. Je passe ma vie à expliquer à des juges et procureurs le fonctionnement des réseaux sociaux, car ils ne comprennent rien », s’insurge Jeremstar.

L’ancien chroniqueur TV sur C8 milite d’abord pour plus de sanctions, mais aussi pour la création d’un fichier des agresseurs numériques afin qu’ils soient répertoriés comme des délinquants. Il souhaite également qu’il leur soit interdit de souscrire à un abonnement Internet.

Son passé souvent critiqué

Si Jeremstar est autant dénigré et ciblé, c’est en partie à cause de son passé de rapporteur de potins professionnel. Alimentant un blog spécialisé dans la télé-réalité et recevant ses invités dans sa fameuse baignoire, le vidéaste s’est forgé une image de commère, souvent à l’origine de campagnes de cyberharcèlement envers certains candidats d’émission.Un passé qu’il regrette, même s’il note que l’usage des réseaux sociaux n’était pas le même. « J’étais loin de faire des choses horribles, mais avec du recul, j’aurais fait mes débuts autrement. J’ai rectifié le tir et fait un véritable mea culpa, notamment en m’excusant auprès des personnes à qui j’ai pu m’en prendre », confie Jeremstar.

Les gens ne comprennent pas qu’on peut avoir été quelqu’un, mais qu’il faut aussi comprendre cette notion d’évolution et voir ce qu’est devenue la personne. Aujourd’hui, je sais ce que ça fait d’être des deux côtés, de la victime et de l’initiateur. »

il parlait encore de moi en des termes peu élogieux et rigolait de sa première condamnation (12.000 euros de dommages-intérêts et 2 000 euros d’amende pour diffamation et injures publiques, NDLR). Le harcèlement, c’est quand ça s’inscrit dans la durée. Là, ça fait 4 ans », déplore Jeremstar, qui confirme que d’autres plaintes ont été déposées par d’autres influenceurs contre le blogueur.

Un avenir politisé?

« C’est encore un message que je laisse et que je passe : monsieur Macron, recevez les victimes du cyberharcèlement. J’ai des tas de mamans qui ont décroché leurs filles pendues dans leur chambre parce que les plaintes n’ont pas été prises en compte, des mamans qui pleurent, car la police et justice ne les aide pas », martèle Jeremstar.

Jeremstar se projette sur l’avenir. Toujours sur les réseaux sociaux certes, mais avec cette volonté encore plus forte d’aider les victimes. Et un détour par la politique ne semble pas inenvisageable.Loin de lui l’idée de se présenter à l’élection présidentielle comme Jean-Marie Bigard (« Faut pas pousser », ironise-t-il), mais il n’exclut pas de faire profiter la politique de son expertise et de ses expériences digitales. « Si un jour on me propose d’être député ou d’avoir un rôle à jouer au gouvernement ou à l’Assemblée nationale sur la problématique du cyberharcèlement, pourquoi pas? »