La grève des conducteurs de TER prolongée en région, au moins, ce mercredi


Le mouvement débuté le 14 septembre, à l’initiative de la CGT, impacte quatre trains régionaux sur cinq. Seule la zone du Languedoc et du Roussillon est impactée. Le mouvement devrait se poursuivre.

La grève des conducteurs des trains régionaux liO entre aujourd’hui dans sa deuxième semaine. Les dépôts consultés ont voté ce mardi, la reconduction du mouvement entamé le 14 septembre. La veille, à Narbonne, les discussions avec la direction régionale de la SNCF n’avaient pas permis de débloquer la situation très pénalisante pour les usagers.

Problèmes d’effectif

Selon la CGT, à l’origine de cette grève menée à l’échelle du Languedoc-Roussillon – et n’impacte donc pas Midi-Pyrénées – la circulation de quatre trains sur cinq est perturbée. « Ce lundi, sur 250 trains prévus, 50 ont circulé » indique Thierry Barnier, le représentant régional du syndicat chez les conducteurs. « Cela varie d’un jour à l’autre » objecte-t-on du côté de la direction régionale où l’on n’avance aucun chiffre. L’importance de la mobilisation des conducteurs n’est toutefois pas contestée.

« Depuis le début on est entre 65 et 70 % de grévistes. Cela oblige la direction à privilégier les trains domicile travail du matin et du soir, celles du littoral au détriment des lignes de l’arrière-pays notamment. Mais notre objectif n’est pas de faire souffrir les usagers » insiste Thierry Barnier. La région Languedoc-Roussillon compte aujourd’hui 230 conducteurs de trains. Soit une trentaine de moins que ne nécessite la production ferroviaire actuelle selon le syndicat majoritaire. Cette question des effectifs est centrale dans le conflit. « Coté Languedoc-Roussillon, il manque aujourd’hui cinq conducteurs. C’est lié à l’abandon en cours de formation ou à des démissions. Et il y a onze départs prévus sur l’année. Aujourd’hui la variable d’ajustement ce sont les conditions de travail qui se dégradent » énumère Sébastien Mourgues, secrétaire général de la CGT Cheminots.

« Il faut savoir qu’il faut entre un an et demi et deux ans pour former un conducteur » ajoute Thierry Barnier selon lequel, la direction sera contrainte de diminuer le nombre de trains, faute d’un effectif suffisant. « Pour l’été prochain on nous a promis le rouge écarlate » déplore-t-il.

Nouveau round de négociations

Ce mardi un nouveau round de négociation était prévu en début de soirée. « Les discussions se poursuivent. L’objectif c’est de sortir au plus vite de ce conflit » commentait-on du côté de la direction. Dans les trains qui circulent, les usagers commencent à faire entendre clairement leur lassitude. « C’est une honte. Je suis abonné. En ce moment je me fais engueuler tous les jours par mon chef. Des trains sont supprimés et il faut parfois attendre une heure pour en avoir un autre », témoigne Gary. Hier, cet agent hospitalier qui effectue la liaison Sète Montpellier tous les jours a pu raccrocher celui de 16 h 54 auquel la SNCF avait ajouté une rame pour accueillir tous les voyageurs.

65 000 voyageurs transportés

Selon les chiffres de la Région, autorité organisatrice des transports, les lignes TER ont transporté sur ses trente lignes près de 65 000 voyageurs en Occitanie en 2021. Elle assure la circulation d’environ 550 trains par jour et dessert 281 gares. Dans son plan de développement des mobilités douces, l’objectif est d’augmenter cette fréquentation de 20 % d’ici 10 ans et de passer à 105 000 usagers réguliers. Une nouvelle convention TER est en cours de négociation entre la collectivité et la SNCF. « Dans ce contexte, le message envoyé au Conseil régional est catastrophique » estime la CGT dans un communiqué publié en fin de semaine dernière. « Cette question n’est pas nouvelle, la présidente de la Région a toujours été claire. Il faut être en mesure de répondre à ses demandes » estime Sébastien Mourgues.