La vaccination s'ouvre à tous les Français, le stock de doses est-il suffisant ?


Doctolib a prévenu qu’il ne pourrait pas répondre à toutes les demandes au regard du « nombre encore limité de doses de vaccins, notamment Pfizer et Moderna ».

La vaccination s'ouvre à tous les Français, le stock de doses est-il suffisant ?

Top départ pour la vaccination de tous les adultes en France. A partir de ce lundi, il n’y a plus de critères d’âge ou d’état de santé pour être éligible à la vaccination contre le Covid-19, « étape clé » pour éviter un rebond de l’épidémie alors que les restrictions s’allègent peu à peu. « Je suis totalement convaincu qu’on va voir beaucoup de monde se faire vacciner », a estimé sur LCI Alain Fischer, le « monsieur vaccins » du gouvernement, qualifiant ce nouvel élargissement de la campagne d’« étape clé » pour protéger la population et « retrouver une vie de plus en plus normale ». Les candidats doivent néanmoins s’armer de patience : les réservations, qui ont démarré jeudi, arrivent de manière « progressive » sur les plateformes internet spécialisées (Doctolib, Keldoc, Maiia), selon le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Trop peu de doses malgré l’accélération ?

la France devrait avoir reçu au total 76,7 millions de doses cumulées. Insuffisant selon la maire de Nantes, « il faut aller encore plus vite », a en effet estimé Johanna Rolland sur France 3. Il y a « encore trop de gens » en attente d’un rendez-vous, a-t-elle jugé. Le nombre de professionnels mobilisés permettrait de « vacciner plus. La question c’est l’approvisionnement », a assuré la présidente de France Urbaine, fédération qui regroupe les métropoles, communautés urbaines, communautés d’agglomération et grandes villes

La menace de nouveaux variants

« Sans vaccination massive, l’épidémie pourrait repartir », car « l’arrivée de nouveaux variants plus transmissibles » fait grimper la proportion de la population qui doit être vaccinée « pour empêcher la circulation du virus », prévient aussi dans le JDD Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l’Institut Pasteur. Une prudence justifiée, selon Alain Fischer, qui observe que « les courbes vont dans le bon sens » mais qu’«on n’est pas tout à fait à l’abri » d’une reprise. Les indicateurs sanitaires ont continué de s’améliorer dimanche, avec 8.541 cas positifs recensés à travers le pays, tandis que 16.775 malades du Covid étaient soignés à l’hôpital, dont 2.993 en services de soins critiques, le chiffre le plus faible depuis fin janvier.

« Quinze jours cruciaux »

dans certains endroits peu denses où en sera la France le 14 juillet ? La suite est en revanche plus incertaine, et les autorités sanitaires veulent éviter que la vaccination ne plafonne cet été à un niveau insuffisant. Le mot d’ordre est donc de faciliter la vaccination des personnes isolées et de motiver les plus jeunes par « des campagnes d’information ciblées », pour le Pr Fischer. En revanche, la « vaccination obligatoire », recommandée par l’Académie de médecine, serait « la dernière option en cas d’échec » et n’est « pas la priorité », a-t-il estimé. Autre levier pour accélérer la protection collective de la population : la vaccination des adolescents, après le feu vert vendredi de l’Agence européenne du médicament (EMA) au Pfizer/BioNTech pour les 12-15 ans. La Haute autorité de santé (HAS) doit se prononcer en milieu de semaine pour la France. Si l’ouverture aux 16-18 ans est « une affaire de jours », selon Alain Fischer, pour les 12-15 ans, « le comité d’éthique a été saisi de cette question » et le choix du calendrier (dès l’été ou à la rentrée) « est plus une question pratique de disponibilité de doses et d’organisation », a-t-il ajouté.