Les ETF se lancent à la conquête de la finance responsable


Les trackers, forts de leurs 7 000 milliards de dollars d’encours sous gestion, pouvaient-ils ignorer l’investissement responsable, devenu incontournable en quelques années seulement ? Quand une classe d’actifs devient si proéminente, elle ne peut faire l’impasse sur aucune thématique. D’autant plus si celle-ci est plébiscitée. À cet égard, la crise de la Covid-19 semble d’ailleurs avoir joué un rôle de catalyseur.

Ainsi et selon les données compilées par UBS, les encours sur les ETF ESG s’élevaient à environ 50 milliards de dollars il y a deux ans. Actuellement, ils ressortent à 200 milliards de dollars. En 2020, en pleine crise sanitaire, 120 nouveaux trackers ESG ont été commercialisés. Tandis que les flux entrants sur les ETF ESG se sont avérés supérieurs en proportion à leur poids dans la masse globale des trackers.

« Nous pensons que ce sont les prémices d’une tendance lourde sur les marchés », souligne David Zylberberg, expert en investissement responsable chez UBS France. Actuellement, les investisseurs institutionnels sont les premiers acheteurs d’ETF, en général et d’ETG ESG, en particulier. Mais les encours détenus par les investisseurs particuliers progressent très vite.

Une offre d’ETF ESG importante et diversifiée

L’offre de trackers ESG vise à répondre à toutes les attentes et prend d’ailleurs plusieurs formes. Ainsi, il existe des ETF sectoriels, investis sur des indices thématiques, comme la transition énergétique, les énergies propres, les nouvelles mobilités ou l’égalité femmes-hommes. D’autres ETF, de façon plus classique, excluent des secteurs spécifiques (pétrole, gaz, tabac.). Certains trackers suivent, quant à eux, la version ESG d’indices traditionnels (CAC ESG, MSCI KLD 400.). Enfin, et c’est assez nouveau, il existe également des trackers positionnés sur des indices à impact dont l’évolution dépend d’effets positifs mesurables et concrets. « UBS AM propose une large gamme d’ETF ESG à ses clients ainsi que des ETF issus de partenariat comme ceux se focalisant sur les obligations de la Banque mondiale », précise David Zylberberg.

Mais dès que l’on évoque l’investissement responsable, deux écueils se dressent. Le premier tient à la multiplication des labels, agences de notation et avis sur la question. Ainsi, selon un sondage effectué par UBS, beaucoup d’investisseurs peinent encore à y voir clair. Et éprouvent dès lors des difficultés à traduire en actes leur intérêt pour l’ESG. « La réglementation européenne SFDR est actuellement en train de mettre en place un certain nombre de mesures permettant aux investisseurs de s’y retrouver », rappelle justement David Zylberberg. Lequel conseille donc actuellement aux indécis de s’adosser à un gérant de patrimoine suffisamment au fait de ces questions.

Le second écueil porte sur la performance de l’investissement responsable. Sur ce point, différentes études montrent que les stratégies de gestion (actives ou passives) suivant un biais ESG surperforment en moyenne leur équivalent traditionnel sur le long terme. Selon une étude iShares pourtant sur le premier trimestre 2020, les indices durables ont battu les indices traditionnels à 94%. Sur 2020, ce ratio ressort à 84%.