Les Forums Star Wars Universe • La Fédération Impériale


On change de camp !
<>Chapitre suivant>>. La sentence et, pis encore, le ton sur lequel elle était prononcée, acheva de serrer le cœur de Leia. Ce qu’elle voyait n’avait aucun sens. Mon Mothma avait toujours été l’âme de la Rébellion, la plus déterminée de ses fondateurs. Elle avait personnifié à merveille le combat mené contre l’Empire pendant près de trois décennies. Pour la jeune princesse d’Aldérande, elle avait été un modèle, une voie à suivre. Et voilà qu’elle semblait avoir perdu espoir. Sa force de conviction avait laissé place à la mélancolie. Assise derrière un bureau de verre blanc, dans la lumière crépusculaire qui baignait cette pièce où des tapisseries aux armes de la Nouvelle République avaient été installées à la va-vite pour masquer les symboles impériaux, elle se morfondait face à son incapacité à gérer la crise actuelle. S’il s’était agi d’une invasion impériale ! Là, elle aurait sans doute retrouvé son tempérament, mélange de flegme et de détermination. Elle serait redevenue Mon Mothma, telle que la galaxie la connaissait. Mais le mal était différent, cette fois. L’agression ne venait pas de l’extérieur. C’était la Nouvelle République elle-même qui était malade, qui connaissait sa première grande crise gouvernementale. Certes, les Impériaux y étaient étroitement mêlés. Les victoires simultanées de Kuat et de Bilbringi avaient marqué l’opinion. Mais le plus grave était la capture de l’amiral Ackbar, le Commandeur Suprême de la Nouvelle République, en qui Mon Mothma avait placé son entière confiance. Leia. déplorait également cette perte. Comme la plupart des partisans du jeune régime. Cependant, les conséquences de cette défaite dépassaient largement le champ personnel, ou même stratégique. Gial Ackbar était encore vivant, et il existait un espoir – mince, certes – qu’il puisse un jour reprendre son poste. Seulement. la Nouvelle République devait lui désigner un remplaçant. C’était là que la situation s’était passablement compliquée. Dans la hiérarchie de la Nouvelle République. Il ne s’était guère distingué sous la Rébellion, mais avait gagné, après Endor, une réputation de bon organisateur ainsi que le prestige d’un commandant victorieux en raison de la défaite qu’il avait infligée à l’arrogant Sander Delvardus, lorsque le « Suprême Général » avait tenté de conquérir Sullust. À la suite de cela, Sovv avait rapidement gravi les échelons, jusqu’à devenir amiral aux commandes d’une des quatre grandes flottes de la Nouvelle République. Les mauvaises langues disaient qu’il devait plus cet avancement à ses liens avec le conglomérat sullustéen SoroSuub, fournisseur de la flotte, qu’à ses propres talents. Et c’était une hypothèse que Leia ne pouvait pas totalement repousser. Sian Tevv, dirigeant de la compagnie et représentant de la planète au sein de la Rébellion depuis l’époque de la bataille de Yavin, était très doué pour soutenir ses protégés. Bien sûr. Crix Madine ou Hiram Drayson – avait fait grincer quelques dents. Mais il avait créé un certain consensus. Au sein de la flotte, il n’avait guère de rivaux, car personne n’imaginait confier le poste à l’amiral Firmus Nantz, qui s’était attiré de nombreuses antipathies. Parmi les autres éventuels prétendants, Rieekan était vu comme trop proche de Leia, et Drayson comme l’homme de confiance de Mon Mothma. Quant à Madine, malgré son implication depuis bientôt dix ans au service de l’Alliance Rebelle. qui lui valait quelques inimitiés. Sovv avait donc recueilli plusieurs soutiens de poids, dont celui de Borsk Fey’lya. C’est alors qu’un autre candidat s’était déclaré, quelqu’un dont les prétentions ne pouvaient être écartées d’un revers de la main. Ni plus ni moins que le co-fondateur de l’Alliance Rebelle et ex-sénateur de Corellia, Garm Bel Iblis. Représentant d’un secteur de premier plan, ennemi personnel de l’Empereur, Bel Iblis était célèbre avant même la fin de la Guerre des Clones. La perte de sa famille, tuée par les agents impériaux, et sa réputation de jusqu’au-boutiste lui avaient attiré une certaine sympathie. Surtout. capable de remporter la victoire face à des forces bien plus imposantes que les siennes. Ce n’était pas pour rien que la défense de Coruscant lui avait été confiée, au moment où la Nouvelle République s’attendait à ce que la prochaine attaque de Thrawn s’y déroule. Le général, fidèle à lui-même, s’en était pris directement à son rival pour le poste. Sovv, disait-il, avait fait preuve de stupidité en se repliant juste avant l’assaut sur Tangrene, lorsqu’il avait appris les défaites de la Nouvelle République sur Kuat et Bilbringi. Lui, Bel Iblis, avait détruit cette même base quelques années plus tôt, avec seulement trois cuirassés dépassés sous ses ordres. Avec une flotte telle que la sienne, Sovv aurait pu créer une tête de pont dans les régions impériales, s’en prendre au Secteur Corporatif et s’assurer que l’Empire ne puisse pas trop profiter de la victoire. Des arguments pertinents qui avaient rencontré un certain écho chez les militaires, et bien au-delà. Le tonitruant Corellien disposait d’un charisme que n’avait pas le Sullustéen, avec sa mauvaise maîtrise du Basic. Des voix s’étaient élevées pour appuyer sa candidature, divisant jusqu’au Conseil Provisoire. C’est là que s’était joué le dernier acte du drame, la veille, lorsque la réunion censée assurer la nomination de Sovv avait échoué, faute d’accord à la majorité des deux-tiers. Mon Mothma avait mal pris l’affaire. Elle avait soutenu le Sullustéen au début de sa campagne, sans voir arriver les protestations. Sa propre inimitié avec Bel Iblis n’avait rien arrangé. Les deux fondateurs de la Rébellion, aussi orgueilleux l’un que l’autre, étaient toujours à couteaux tirés malgré le retour du Corellien dans le giron néo-républicain. Elle souhaitait toujours la nomination de Sovv, mais, à présent, disait-elle. Elle ne voyait plus comment y arriver. Leia ne répondit pas immédiatement. Elle avait son opinion sur la question, bien sûr. Garm était pour elle une figure familière. Et il était surtout indéniablement plus talentueux que Sien Sovv. Mais comment l’exposer à Mon Mothma ?, commença-t-elle. Les partisans de l’amiral Sovv accusent ceux du général Bel Iblis de soutenir les ambitions personnelles d’un homme plutôt que la bonne cohésion de la Nouvelle République, tandis que dans l’autre sens. Nous savons ce qu’il en est. Nous aurons du mal à les convaincre de soutenir l’autre camp. En revanche, nous pourrions proposer un troisième nom. Je ne le connais pas beaucoup… Mais on m’a rapporté beaucoup de bien à son sujet. Il s’est montré des plus efficaces depuis que nous avons perdu Gial. C’est un vétéran disposant d’une longue expérience, qui s’est battu sur Endor aux côtés de l’Alliance et a repoussé l’Empire de son système avec des forces largement inférieures à ce dont disposaient les Impériaux. Il est réputé pour sa compétence et a toujours combattu l’Empire, ce qui devrait plaire aux soutiens de Garm. Et ceux de l’amiral Sovv ne pourront pas l’attaquer sur ses objectifs politiques, puisque c’est nous qui le proposerions. Mon Mothma secoua la tête avec tristesse. Il a rejoint la Nouvelle République bien trop récemment pour cela. Et Dornéa a beau être un système prospère. Ce n’est pas Corellia, ou Sullust. Nous sommes encore trop faibles pour nous priver du soutien de mondes aussi prospères en écartant leurs candidats d’un revers de la main. remarqua Leia. Le Diktat est plutôt proche de l’Empire. acquiesça la présidente du Conseil Provisoire sans quitter du regard sa conseillère. Le sous-entendu était clair : « le général Bel Iblis n’est pas un bon candidat, lui non plus ». Leia s’en voulut de s’être ainsi laissé mener par le bout du nez. Elle soupira et reprit, plus offensive :, alors nous devons envisager de soutenir Garm. Je sais quels sont vos différents avec lui, Mon, mais il faut que nous puissions les dépasser. Il a en partie raison sur ce qu’il avance. L’amiral Sovv est contesté dans les rangs. Nous sommes dans la même situation que lorsque les Rogues sont partis pour libérer Thyferra, il y a trois ans : aux yeux de l’opinion, ils représentaient plus l’esprit de l’Alliance que nous. C’est la même chose avec Garm aujourd’hui. Mon Mothma acquiesça doucement, mais Leia sentit qu’elle n’était pas convaincue. reprit-elle, savez-vous ce qui se passera ? On m’accusera d’avoir nommé un humain à la place occupée auparavant par un non-humain, alors même qu’un non-humain était plus légitime pour prendre ce poste. Les cicatrices de l’Empire sont encore trop vives pour que nous prenions ce risque. L’argument était de ceux qui agaçaient Leia, et elle ne se fit pas prier pour le faire savoir. que devrions-nous faire ? Confier le commandement de notre armée à quelqu’un de moins compétent, sous prétexte qu’il est non-humain ? Nous ne pouvons pas attribuer des rôles selon les espèces et les origines. Ce genre de raisonnement est dangereux, surtout alors que nous sommes en guerre, à un moment où l’ennemi a repris l’avantage.La présidente du Conseil Provisoire resta silencieuse pendant plusieurs secondes. bien sûr. Mais tous les conseillers ne le verront pas de cette façon. Notre équilibre politique est trop précaire pour que nous risquions une nouvelle crise. Le plus simple serait que le général Bel Iblis accepte de servir comme conseiller de l’amiral Sovv, afin de respecter la préséance de celui-ci. Mais vous savez comme moi qu’il n’acceptera pas. Leia devait admettre que le compromis était raisonnable… et qu’elle était malheureusement du même avis que Mon Mothma. l’interrompit la Chandrilienne. Il est fier d’être Corellien jusqu’à la moelle. Il a symbolisé leur indépendance pendant la Guerre des Clones, puis sous l’Empire. Il est aussi l’un des plus beaux exemples de leur propension à se montrer têtus jusqu’à l’obsession. Cette fois, le constat fit sourire Leia., votre rendez-vous est arrivé, annonça une voix masculine. Le directeur Malltick des Industries Soro-Mall. Faites-le entrer. Leia, ajouta-t-elle en revenant vers son interlocutrice, si vous pensez qu’il y a la possibilité d’inciter Garm à accepter un compromis, faites votre possible… Peut-être que le respect qu’il éprouvait envers Bail Organa l’incitera à écouter sa fille. Mais n’ayez pas trop d’espoir. contra la jeune femme avec un sourire. rappela Mon Mothma d’un ton ferme. Ces paroles raisonnaient encore dans la tête de Leia lorsqu’elle quitta le bureau de la Chandrilienne. Elle sentait que le nœud du problème était là. Mon Mothma n’avait jamais pardonné à Garm Bel Iblis d’avoir abandonné la Rébellion après la destruction d’Aldérande. Le Corellien l’avait accusée de se prendre pour une nouvelle Palpatine, une insulte des plus offensantes pour celle qui avait défendu la cause rebelle dès le premier jour. Et Leia ne pouvait s’empêcher de garder un peu de rancune pour Bel Iblis, elle aussi. l’aide qu’un militaire de cette envergure aurait pu apporter se serait révélée précieuse. Certains combats auraient pu mieux tourner… Et elle savait que Mon Mothma pensait de même. Et elle a perdu un fils sur Hoth, songea-t-elle en entrant dans ses appartements. Peut-être pense-t-elle, au fond d’elle, que Jobin serait encore en vie si Garm nous avait apporté son soutien dès le début.Si c’était là la cause de son obstination à rejeter les services de Bel Iblis, Leia pouvait le comprendre, à présent. Elle était mère, elle aussi. Elle entra dans la chambre des jumeaux. L’après-midi était bien avancé et c’était l’heure de la sieste des deux nourrissons, qui allaient sur leurs trois mois. Winter était assise dans un fauteuil à côté d’eux et épluchait des rapports – ou plutôt, elle les enregistrait, grâce à sa mémoire quasi-infaillible. Après des années à infiltrer les rangs de l’Empire et à mener des opérations secrètes, la surveillance de deux nouveaux-nés ne l’occupait pas assez pour qu’elle renonce à se tenir informée des dernières nouvelles. Mais elle n’était pas seule. Il y avait un autre visiteur, observant les jumeaux, appuyé sur le bord de leur berceau. Sa présence ne surprit pas Leia. Elle avait perçu sa présence avant même d’atteindre ses quartiers. Luke Skywalker tourna légèrement la tête et sourit en voyant approcher sa sœur. Il donnait l’impression d’être apaisé, même si Leia sentait quelques fêlures sous son vernis de tranquillité. Des failles qu’elle n’avait pas ressenties jusque lors. Était-ce l’effet de ses pouvoirs qui se développaient peu à peu, ou s’agissait-il d’un changement chez Luke ? Elle n’aurait su le dire. D’un signe de tête, il l’invita à le suivre, ce qu’elle fit après avoir jeté un coup d’œil aux jumeaux, curieuse de ce qu’il pouvait avoir à lui dire. Il la conduisit sans un mot vers le salon, la pièce que Leia préférait dans ses appartements. Niché dans l’une des nombreuses tourelles qui saillaient le Palais Impérial, il offrait, grâce à une immense baie vitrée. Le spectacle était particulièrement beau à l’heure du coucher du soleil, ce qui allait encore devoir attendre quelques heures. Mais même pendant le reste de la journée, il était facile de se laisser prendre au jeu de l’observation des interminables files de speeders du trafic aérien ou des vaisseaux de livraison qui approvisionnaient de leur noria incessante ce monde incapable de se sustenter à lui-même. Quand Leia entra à la suite de son frère, une femme observait ce panorama. La Conseillère ne l’avait jamais rencontrée, mais il suffit d’un coup d’œil sur quelques détails – rousse, sportive, approximativement son âge, un sabre-laser à la ceinture – pour deviner de qui il s’agissait. Son premier réflexe fut de se tourner vers Luke pour lui demander des explications. C’étaient là ses instincts protecteurs de mère qui avaient pris le dessus. Luke ne se souvenait-il pas que cette femme, Mara Jade, lui avait avoué vouloir le tuer, à peine quelques mois plus tôt ?, auprès de ses enfants, en sachant qu’elle était autrefois l’un des agents les plus mortels de l’Empereur ? Sa colère devait être palpable, car Luke et son invitée se tournèrent vers elle d’un air inquiet. Mais Leia étant ce qu’elle était, ses instincts diplomatiques reprirent vite le dessus. dit-elle en sachant que son interlocutrice avait parfaitement perçu les sentiments exprimés à son égard. Mara Jade la fixa étrangement. je comprends. Elle hésita, et ajouta. Leia se morigéna pour sa réaction. Elle connaissait par son frère les grandes lignes de l’enfance de son invitée et aurait dû prévoir cette réaction. assura la Conseillère. L’effet de la fatigue… Et je dois avouer que je ne m’attendais pas à vous trouver chez moi. À en croire mon frère, vous étiez retournée auprès de votre employeur. C’est justement ce qui m’amène auprès de vous. indiqua Luke. Tu devrais écouter ce que Mara a à dire.Leia acquiesça. Revenant à ses devoirs d’hôtesse, elle les invita à s’asseoir. 3PO ? La porte qui menait à la cuisine coulissa, mais sans laisser apparaître le droïde de protocole doré. Leia écarquilla les yeux en voyant jaillir de la pièce son mari, un tablier sale autour de la taille. Je peux savoir ce qui nous vaut ce nouvel uniforme ?, crois-moi, chérie, tu ne veux pas que je te raconte cette histoire, lui répondit le Corellien d’un air sombre. Il fronça les sourcils en voyant leurs invités. Luke. Mam’zelle, ajouta-t-il avec un signe de tête à destination de Mara. Désolé pour la tenue. où est 3PO ?, ne m’en parle pas, de celui-là ! grommela-t-il. Figure-toi qu’il s’est trouvé une nouvelle lubie de spécialiste de l’éducation. Et notre cher professeur, tout pédant comme à son habitude, a décrété que je n’étais pas un bon modèle pour les petits ! Que j’étais incapable de m’occuper d’eux comme il le faudrait., mais je ne voulais pas donner du boulot en plus à Chewie… Il a déjà assez à faire sur le Faucon. Du coup, j’ai voulu montrer à Bouton d’Or que je suis plus que largement capable de préparer le repas des p’tits. Elle fixa le tablier, sur lequel des taches bien fraîches et colorées s’étalaient joyeusement. ça saute aux yeux. Cette catastrophe ambulante… Il m’a suivi en cuisine pour m’assommer de ses conseils. Et il a causé tellement de dégâts que j’ai dû le désactiver pour avoir la paix. Dans ce cas, c’est toi qui vas nous apporter des boissons… Et vite ! Il se raidit sous l’effet de cette saillie, mais ne se rebiffa pas. Une tisane aux fruits sauvages chandrilliens pour toi ? C’était un parfum qu’elle appréciait, mais qui lui rappelait trop Mon Mothma – celle qui le lui avait fait découvrir – pour pouvoir le boire sans arrière-pensées ce jour-là. Avec une touche de brandy. commanda Luke. Si tu as, bien sûr. éluda Mara. Han fit mine de tout noter et salua à la manière d’un domestique. Il se tourna vers la cuisine, mais, avant d’y retourner, jeta un dernier coup d’œil à son épouse. avec Mon Mothma ?, soupira Leia. Il lui adressa un regard désolé avant de disparaître sans un mot de plus. C’était l’un des côtés qu’elle aimait le plus, chez lui : malgré son côté hâbleur, il savait se montrer plein de retenue quand il sentait que c’était ce dont elle avait besoin. Elle prit place dans le siège le plus proche d’elle. L’assise était confortable et lui rappelait les moments douillets qu’elle y avait passé avec Han… Elle s’y serait volontiers affalée, mais ce n’était pas le moment. Mara, quel est le message que vous souhaitiez me faire passer ?, en fait., lâcha Leia. Elle se demanda avec une pointe d’appréhension dans quel genre de bourbier elle venait de s’embarquer. n’est-ce pas ?, oui… Il préfère être qualifié d’homme d’affaires. La contrebande fait partie de ses domaines d’action, mais il a beaucoup d’autres activités légales : la collecte d’informations, l’acquisition de pièces de collection… et le transport de marchandises. sans doute… commenta Leia en glissant en regard à Luke. Sa passivité la surprenait. Avait-il si vite oublié que Karrde l’avait retenu prisonnier. C’est un homme pragmatique. Et prudent. C’est la raison pour laquelle il a évacué Myrkr, quand j’ai contrevenu aux termes de mon contrat avec Thrawn… Il fallut un instant à Leia pour se souvenir que le Grand Amiral avait tenté de faire de Mara Jade son agent personnel auprès du Jedi fou Joruus C’baoth sur Jomark… Sachant qu’elle avait joué un rôle-clé dans la destruction du même C’baoth sur Wayland, « contrevenir aux termes du contrat » n’était qu’un euphémisme. poursuivit la jeune femme. Le mois dernier, il a décroché un contrat de fret avec les chantiers de Sluis Van. Les tarifs étaient suffisamment élevés pour l’intéresser. Seulement, la semaine dernière, on lui a signalé que les chargements livrés par ses vaisseaux arrivaient souvent incomplets. Il a mené son enquête et découvert que trois de ses capitaines avaient passé un marché avec un homme peu recommandable : un voleur de vaisseaux du nom de Niles Ferrier. avec un équipage réduit. Un type sans scrupules qui n’hésite pas à travailler avec les Seigneurs de Guerre impériaux… Si ça paye bien. Qui est le commanditaire. En menant ses investigations, Karrde s’est rendu compte qu’il n’était pas le seul à se faire dérober des marchandises. Plusieurs autres opérateurs ont le même problème et ont diligenté des enquêtes en interne… En recoupant les informations, il a découvert que les chargements partaient vers des mondes-forteresses du Noyau Profond : Hakassi, Kalist VI ou Kampe. Leia comprit aussitôt où Mara voulait en venir. ces mondes appartenaient à des Seigneurs de Guerre différents… Les frères Teradoc, Blitzer Harrsk et Sander Delvardus. Des rivaux. Mais ils n’auraient pas adopté la même tactique s’ils ne travaillaient pas ensemble. Elle jeta un coup d’œil à Luke. Quelque chose que nous ne comprenons pas. Son visage se durcit. Mais il est mort, et rien n’a changé. à travers cette… « Fédération Impériale » ?, admit-il. Mais elle ne me convint pas. Mara et moi avons travaillé avec les utilisateurs de la Force missionnés par Poldrei. Ils ne sont pas du Côté Obscur. ajouta Mara. Thrawn m’a dit que l’Empereur avait d’autres Mains… Et je sens qu’il disait la vérité. formés par Palpatine, déduisit Leia. L’un d’eux aurait pu unifier les Seigneurs de Guerre ?, admit Mara. Et il y a les Inquisiteurs… Certains, comme Antinnis Tremayne, ont été entraînés par Vador en personne. Ils représentent tous une menace pour votre Nouvelle République. Leia ne pouvait qu’approuver. Elle se tourna à nouveau vers son frère., répondit-il avec fermeté. Je vais partir dans le Noyau Profond, et Mara va m’accompagner. Elle connaît les codes impériaux, et a quelques repères dans cette région. Nous nous infiltrerons derrière leurs lignes en suivant les itinéraires des contrebandiers. Avec un peu de chance, nous découvrirons ce qui se prépare. demanda aussitôt la Conseillère à l’ex-Main. répondit-elle. Il veut lui aussi des informations, ainsi qu’un moyen de faire payer Niles Ferrier. Et je suis son employée… Même sans ses sens Jedi, Leia aurait perçu que cette réponse manquait de franchise. Mara voulait peut-être passer pour une simple exécutante sans états d’âme, mais elle était bien plus que cela. insista-t-elle vis-à-vis de son frère. Vous serez en territoire hostile. À nouveau, il affichait toute l’assurance des Jedi, si bien que Leia se sentit céder. que la Force soit avec toi. Il sourit à cette remarque et glissa un regard à Mara. Il y avait dans ses yeux bleus une étrange lueur, et Leia eut envie de le prendre à part pour lui poser une dernière question ; mais avant qu’elle ne le fasse, Han fit à nouveau son entrée, un plateau dans les bras.“Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur.” – Winston Churchill