L'isolement des talibans rend la rponse au tremblement de terre en Afghanistan plus difficile


Le groupe islamiste la ligne dure gouverne un pays appauvri, en proie une grave scheresse, une faim gnralise et une crise conomique, et o les effets de dcennies de conflit se font encore cruellement sentir. Une ramification rgionale de l’tat islamique a galement revendiqu plusieurs attaques majeures, remettant en question les promesses des talibans d’apporter la paix et la stabilit en Afghanistan une fois qu’ils auraient vaincu les troupes soutenues par l’Occident et forc les soldats de l’OTAN se retirer. Le tremblement de terre risque maintenant d’exposer les limites d’une administration largement isole du monde extrieur et manquant cruellement d’argent et de ressources.

Alors que l’aide humanitaire continue d’affluer, l’aide ncessaire au dveloppement plus long terme de l’Afghanistan a t interrompue lorsque les talibans ont pris d’assaut Kaboul en aot dernier. Pour renforcer la colre des Talibans, des milliards de dollars de rserves afghanes restent galement gels l’tranger alors que l’Occident fait pression pour obtenir des concessions sur les droits de l’homme, en particulier pour les filles et les femmes. « Les sanctions imposes aprs la prise de pouvoir par les talibans.. et l’effondrement conomique rendront incroyablement difficile l’acheminement de l’aide mdicale et alimentaire ncessaire et le soutien la reconstruction », a dclar Ashley Jackson, codirecteur du Centre on Armed Groups et expert des relations entre les talibans et les civils.

Jusqu’ prsent, une poigne d’hlicoptres vieillissants ont fait des allers-retours vers certaines des zones les plus touches, transportant les blesss et acheminant des vivres et des mdicaments. Les talibans ont lanc un appel la communaut internationale et plusieurs pays ont promis une aide humanitaire, dont une partie arrive dj. Les agences d’aide internationale apportent galement leur soutien sur le terrain.

Cependant, l’assistance technique, y compris les quipes de recherche et de sauvetage spcialises qui pourraient arriver rapidement de l’tranger, n’avait pas encore t dploye jeudi. Selon deux responsables des Nations Unies et une source pakistanaise s’exprimant mercredi, des quipes de Turquie et du Pakistan taient en attente. « Les Nations unies n’ont pas de capacits de recherche et de sauvetage (elles-mmes) en Afghanistan et la Turquie est ‘la mieux place’ pour les fournir », a dclar l’envoy adjoint des Nations unies en Afghanistan, Ramiz Alakbarov, qui coordonne les oprations humanitaires.

. » La Turquie et les Talibans n’ont pas rpondu aux demandes de commentaires sur la question. Une confrence de presse des Talibans Kaboul prvue pour jeudi matin a t annule.

La raison pour laquelle les demandes n’ont pas t faites n’a pas t prcise, bien que le bureau humanitaire de l’ONU (UNOCHA) ait dclar que les autorits talibanes avaient indiqu tard mercredi que les oprations de recherche et de sauvetage taient termines 90%. mais l’un d’eux a not que si la plupart des maisons endommages taient petites, c’tait possible.

Pendant les 20 annes suivantes, de nouvelles routes ont t construites et les villes se sont dveloppes, stimules par l’aide au dveloppement malgr une insurrection persistante des talibans et de leurs allis militants qui ont tu des milliers de civils et de soldats du gouvernement. Une grande partie de la province de Paktika est cependant reste sous le contrle du rseau Haqqani, un groupe djihadiste redout qui constitue aujourd’hui un lment cl du gouvernement taliban, et a donc toujours t considre comme un territoire haut risque. Le manque d’investissement a contribu la mdiocrit des infrastructures dans et autour de l’picentre du tremblement de terre.

. Le risque de glissement de terrain aprs les secousses tait lev et de nombreux btiments de la rgion taient mal construits, principalement en boue, ce qui les rendait plus susceptibles de s’effondrer. Certains villages sont perchs flanc de colline.

« Nous ne pouvons pas atteindre la zone, les rseaux sont trop faibles, nous essayons d’obtenir des mises jour ». porte-parole du plus haut commandant militaire taliban dans la province de Paktika, en faisant rfrence aux rseaux tlphoniques. Jens Laerke, porte-parole de l’UNOCHA, a dclar mercredi que le ministre de la dfense avait envoy 45 ambulances Paktika, tandis que le dpartement provincial de la sant de Paktika avait dpch huit ambulances et une quipe de mdecins. Les fortes pluies et le vent ont entrav les efforts, les hlicoptres tant apparemment incapables d’atterrir, a ajout Laerke.

Les informations en provenance des lieux jeudi taient fragmentaires, mais les mdias ont cit des habitants dcrivant comment ils ont aid les talibans rechercher des survivants, en dterrant des corps des dcombres, y compris ceux des enfants. Les groupes d’aide ont dclar que les hpitaux, dj mis rude preuve par la malnutrition, devaient maintenant faire face un norme afflux de personnes blesses dans le tremblement de terre. Au lendemain de la catastrophe, certains groupes d’aide ont appel la communaut internationale mettre fin l’isolement des talibans, arguant que l’aide humanitaire ne suffisait pas sortir le pays de la crise.

Certains hauts dirigeants talibans font l’objet de sanctions pour cause de terrorisme, ce qui complique la rhabilitation. « La question est de savoir si cette catastrophe va amener la communaut internationale s’interroger sur les cots nfastes que ses politiques entranent pour les Afghans ordinaires », a dclar M. Jackson.

Adnan Junaid, vice-prsident de l’International Rescue Committee pour l’Asie, a ajout : « La communaut internationale doit.. tablir une feuille de route qui dfinit des stratgies pour reprendre l’aide au dveloppement, fournir un soutien technique la banque centrale et, en fin de compte, librer les rserves de change de l’Afghanistan. » .