La liste du RN en tête avec 33,67 % dans le Cantal : les réactions politiques


À l’issue des élections européennes qui se sont tenues ce dimanche 9 juin, la liste du Rassemblement national arrive en tête (33,67 %) suivie de celles de Hayer et Raphaël Glucksmann. Réactions

Bruno Faure (LR)

« Le score de LR est une déception. J’espérais tenir cette position dans le Cantal. Nous nous effritons un peu. Je retire un peu de satisfaction du fait que nous faisons deux fois le résultat national, cela montre que dans le Cantal, nous tenons nos valeurs. Mais les Français ont eu cette volonté d’envoyer un message fort au gouvernement, et c’est la suite logique de la campagne menée par le président, qui, à force de réduire les élections européennes aux enjeux nationaux, s’est exposé à la sanction des Français. S’il avait laissé sa candidate mener sa campagne sans intervenir, sans, par exemple, envoyer son premier ministre débattre avec Bardella, les résultats auraient été différents. D’aucuns sont surpris quant au délai suite à la dissolution annoncée par Emmanuel Macron, constitutionnellement, c’est 20 à 40 jours, là, on peut imaginer que l’accueil des Jeux olympiques précipitent les élections législatives. Donc il faut s’adapter vite pour se mettre en piste. »

La liste du RN en tête avec 33,67 % dans le Cantal : les réactions politiques

Bardella largement en tête devant Glucksmann et Hayer à Aurillac

Pierre Mathonier (PS)

« Le score d’Aurillac montre que l’extrême droite rassemble un peu moins de 30 % des électeurs. C’est un score historique à Aurillac, on n’a jamais connu ça. C’est le choix des électeurs, je le respecte, nous sommes en démocratie. Il se dégage un parti qui va devenir un acteur important de l’avenir de la France. Du côté du PS, Glucksmann a doublé son score par rapport à 2019, c’est une bonne nouvelle, il se trouve devant la candidate de la majorité présidentielle Valérie Hayer, c’est le seul petit rayon de lumière pour moi. Quant à l’équipe municipale, nous allons continuer à faire de notre mieux dans une politique de proximité pour éviter que toutes les craintes exprimées par les Aurillacois ne soient pas une réalité. C’est un enjeu très fort. Il y a une certaine réalité du quotidien exprimée dans ces votes, le pouvoir d’achat, la crainte du déclassement, l’insécurité. Ce sont des vrais sujets, pour autant je m’interroge quant à l’avenir, quand je compare avec l’Italie et le gouvernement Meloni. Il faut donc répondre aux inquiétudes. La dissolution va rebattre les cartes, mais nous ne sommes pas à l’abri d’un premier ministre RN. »

Gilles Lacroix (RN)

« Au niveau national et au niveau local, le RN a été choisi dans les mêmes proportions, avec une participation qui n’est pas négligeable, ni nationalement, ni dans le Cantal. Nous dépassons en nombre de voix, en France, celles de Marine Le Pen à l’élection présidentielle. Les électeurs ont exprimé le rejet de la politique politicienne, les gens se sentent méprisés, on ne les écoute pas, c’est un ras-le-bol de Macron, et de la politique menée aujourd’hui. Nous n’avons jamais été au pouvoir, il est temps que l’on puisse montrer de quoi nous sommes capables. Dans le monde rural comme dans le monde du travail, les sujets sont les mêmes : retraites, agriculture, on l’a constaté dans la rue. Nous avons mené une campagne convaincante, le peuple est souverain et a droit à la parole, il s’est exprimé, et ce sont les droites patriotes qui répondent à leurs inquiétudes. Au niveau local, nous sommes un département majoritairement LR qui aurait dû lutter contre la Macronie, ce qu’il n’a pas fait. Je pense que c’était prévisible. La dissolution, on s’y attendait, le dossier pour dépôt en préfecture est déjà prêt. »

À Mauriac, la ville bascule : Jordan Bardella détrône la liste du camp présidentiel

Nicolas Authier (Renaissance)

« Ces élections montrent deux choses. Malgré toutes les difficultés rencontrées pendant une campagne de partis axés anti-Macron, nous restons 2e au niveau national. Ce n’est pas terrible, mais c’est un moindre mal. Le score du RN dans le Cantal est à mon sens, incompréhensible. Comment un département qui bénéficie tellement de l’Europe, pour son éducation, son tourisme, son agriculture, a-t-il pu voter à cette hauteur pour un parti nationaliste anti-Europe ? C’est une déception énorme. C’est une défaite généralisée pour les Français et pour les habitants du Cantal. Est-ce qu’ils s’imaginent qu’ils vont encore pouvoir bénéficier des millions d’euros avec un parti nationaliste anti-Europe ? La réponse est non ! Ils ont voté pour des gens qui n’ont même pas voté pour la PAC ! « 

Stéphane Fréchou (EELV)

« C’est une déception, évidemment, on n’a pas été à la hauteur des enjeux, notre parti n’a pas réussi à être audible et à replacer la question climatique et la question sociale au cœur des débats. C’est un aveu d’échec. Le bruit, la fureur et l’extrémisme sont plus porteurs en France. En occident, il souffle un vent nationaliste. Mais aujourd’hui, l’annonce de la dissolution est une décision dramatique. Le président nous impose des élections législatives, et à trois semaines du scrutin, la vraie question reste : comment arriver à s’organiser pour faire en sorte que l’extrême droite n’accède pas à Matignon dans un contexte international que nous connaissons, l’Ukraine, le Moyen-Orient… Il ne s’agit pas de considérer qu’il est banal de servir le marchepied à l’extrême droite pour gouverner. Je ne doute pas que les écologistes vont batailler pour éviter que l’extrême droite accède au pouvoir, en menant une analyse structurée. »

À Saint-Flour, un vote confirmé pour le RN (35,09%), le camp présidentiel distancé

Pierre* (LFI)

« La tendance départementale suit la tendance nationale : ce sont les plus démagogues et les escrocs politiques qui ont eu le vote des Français. Nous nous en sommes rendu compte en tractant, les gens pensent vraiment que le RN va leur offrir une meilleure vie, alors que c’est un parti qui par exemple a voté contre la hausse du SMIC. Il y a une méconnaissance. Le gouvernement et les médias de masse ont une grande responsabilité dans ce résultat, ils ne permettent pas d’approfondir les sujets, ils déroulent le tapis rouge au RN, car ça fait du buzz et de l’audimat, et on passe à côté des vrais sujets. Nous sommes prêts pour le combat, à nous mobiliser sur le fond. »

(*) Cet « animateur de groupe d’actions » LFI dans le Cantal a souhaité rester anonyme.

Propos recueillis par Anna Modolo