Lyveat, une application à la conquête des villes moyennes


Depuis la fin du mois d’avril. Au choix : pizzas, burgers, salades ou plats italiens. Dans cette commune chic du sud-est de la France, située à une demi-heure de Nîmes et d’Avignon, l’arrivée du service est saluée par les professionnels de la restauration comme des habitants et vient combler un vide béant. Peu connue des citadins, Lyveat est l’application qui défie, depuis plus d’un an, les ogres Uber Eats, Deliveroo et autres Just Eat, sur un terrain de jeu spécifique : les villes de 5 000 à 60 000 habitants, là même où les géants ne sont pas – ou peu – présents. Just Eat change de modèle et passe au salariat Derrière cette initiative se trouvent Enzo Chagny et Maxime Villeneuve, des amis d’enfance ayant grandi à Echallon (Ain). En 2019. « C’est un grand vide, un désert même en milieu rural. » Ils citent en exemple Oyonnax, où résident pourtant 22 000 personnes, sans compter les villages alentour. Les jeunes diplômés flairent un marché porteur et, en quelques mois, créent Lyveat. Le lancement de la plate-forme de commandes a lieu le 4 février 2020.

Annonces dans les médias locaux

Depuis, tout s’est accéléré pour la start-up, qui compte désormais 35 salariés. Elle est présente dans 120 agglomérations « intermédiaires » (Etampes, Rambouillet, Foix, Lons-le-Saunier, Bain-de-Bretagne…), dont 8 en Ile-de-France. Tandis que ses concurrents assurent des courses dans un rayon moyen de 3,5 kilomètres, Lyveat annonce des déplacements jusqu’à 20 km, moyennant 1 euro du kilomètre et des frais de prise en charge de 2 euros, somme facturée au client. La pandémie de Covid-19 et les nouvelles habitudes de consommation ont consolidé la croissance de l’application 100 % française, qui se développe au rythme d’une dizaine de nouvelles villes par mois.

La jeune pousse veut garantir une meilleure rémunération aux livreurs, qui perçoivent la totalité des frais de livraison

Sa stratégie ? Des commerciaux qui se rendent dans les bars et restaurants à la rencontre des gérants, des annonces dans les médias locaux et sur les réseaux sociaux. « Nous avons clairement dû nous réorganiser très vite. Dès le premier confinement , il a fallu se remettre en question et répondre à des attentes. Parfois, nous avons même aidé les partenaires à se digitaliser », explique Maxime Villeneuve. La géographie n’est pas la seule ligne de démarcation. La jeune pousse veut garantir une meilleure rémunération aux livreurs (la plupart se déplacent en scooter ou en voiture), qui perçoivent la totalité des frais de livraison. « Quand on facture quatre euros de livraison, ce sont quatre euros pour le livreur », assure M. Villeneuve. Kévin Khek, auparavant au service d’un concurrent, travaille depuis sept mois pour la société. « Dès le premier mois, j’ai gagné 1 500 euros. J’ai vu la différence », affirme celui qui s’installe à Uzès pour poursuivre son activité en voiture. La saison estivale et touristique s’y annonce prometteuse. « Je suis très motivé. Il m’est arrivé de gagner jusqu’à 3 500 euros en travaillant en soirée et le week-end. » Il vous reste 31. La suite est réservée aux abonnés.