Le ministre de la Transition Écologique : « Il faut qu’on accélère »


« Bien sûr, nous n’avons attribué que 10 % des sommes. L’instruction se poursuit et chaque semaine va délivrer son lot de lauréats. Par ailleurs, la Première ministre a annoncé que le dispositif serait pérennisé.

Reste à déterminer avec quelle somme et sous quelle modalité. »

Le ministre de la Transition Écologique : « Il faut qu’on accélère »

« Il y a évidemment un peu d’effet d’aubaine avec des projets qui étaient déjà dans les tuyaux et qui vont être mieux soutenus. Il y a des projets qui vont être plus étoffés et d’autres qui n’auraient pas vu le jour sans le fonds vert, en particulier dans des petites communes.

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– Est-ce que ce sont vraiment des projets qui, sans le fonds vert, n’auraient pas vu le jour ? « Il y a évidemment un peu d’effet d’aubaine avec des projets qui étaient déjà dans les tuyaux et qui vont être mieux soutenus. Il y a des projets qui vont être plus étoffés et d’autres qui n’auraient pas vu le jour sans le fonds vert, en particulier dans des petites communes. » – L’un des axes concerne les friches et notre région est particulièrement concernée.

Comment encourager leur reconversion plutôt que d’artificialiser des sols ? « En cinquante ans, on a plus artificialisé qu’en 500 ans. Entre 2011 et 2021, on a artificialisé 250 000 hectares, mais notre ambition est de ne pas dépasser 125 000 hectares entre 2021 et 2031. En parallèle, nous disposons d’au moins 170 000 hectares de friches.

Au-delà des trois cents millions d’euros prévus dans le fonds vert, il faudra demain des outils incitatifs pour faire en sorte d’aller d’abord sur les friches plutôt que de continuer à artificialiser. » – L’un des axes principaux de ce fonds est la rénovation énergétique des bâtiments. Mais il faudrait 400 à 500 milliards d’euros pour entreprendre tous les travaux nécessaires.

N’est-on pas très très loin du compte ? « Nous avons environ 400 millions de mètres carrés de bâtiments publics : 100 millions qui appartiennent à l’État et 280 millions aux collectivités locales. Et dans ces 280 millions, un sur deux c’est du scolaire. Ce ne sera que de la subvention publique et le Parlement a voté un dispositif de tiers financement dont l’idée est de pouvoir lancer des programmes de rénovation thermique sans avancer l’argent.

Cela permet à une commune de demander à l’intercommunalité de financer les travaux ou de s’appuyer sur une SPL ou sur une SEM qui appartient au Département ou à la Région. »

« Nous avons environ 400 millions de mètres carrés de bâtiments publics : 100 millions qui appartiennent à l’État et 280 millions aux collectivités locales. Et dans ces 280 millions, un sur deux c’est du scolaire.

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– Comment aller plus vite dans la rénovation énergétique des logements qui reste un casse-tête, avec les aides de MaPrimeRénov’ qui mettent trop de temps à arriver  ? « Avec MaPrimRenov’, on avait dépassé fin 2022 le million et demi d’appartements ou de maisons dans lesquels des travaux avaient eu lieu. Néanmoins, ce dispositif est victime de son succès, avec environ 15 000 dossiers pour lesquels il y a des retards de paiement, des difficultés… C’est beaucoup, mais c’est à mettre en parallèle avec le chiffre de 25 000 dossiers déposés chaque semaine. Nous sommes en train de faire en sorte de simplifier le dispositif et de rendre plus systématique le recours à des accompagnateurs.

Et est-ce que cette mission, toujours financée par des crédits d’État, ne pourrait pas être déléguée aux Départements ou aux intercommunalités comme c’est déjà le cas pour l’aide à la pierre pour les logements sociaux. » – L’État a déjà été condamné pour inaction climatique. Et en 2022, les efforts engagés par le gouvernement pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre sont restés deux fois inférieurs aux objectifs que la France s’est fixés.

Ne faut-il pas passer à la vitesse supérieure ? « Il y a le fonds vert, le tiers financement, le plan industrie verte qui sera annoncé jeudi. On a lancé un chantier sur l’eau sans précédent, le projet de plantation d’un milliard d’arbres. On est dans cette accélération et il faut qu’on accélère.

La France a été condamnée pour inaction climatique pour ses budgets carbone de 2015 à 2018. Elle a respecté ses émissions en 2019, en 2020, en 2021 et de manière quasi certaine en 2022. Donc nous avons été condamnés pour la fin du quinquennat précédent (de M.

Hollande). »

« On a lancé un chantier sur l’eau sans précédent, le projet de plantation d’un milliard d’arbres. On est dans cette accélération et il faut qu’on accélère.

La France a été condamnée pour inaction climatique pour ses budgets carbone de 2015 à 2018. Elle a respecté ses émissions en 2019, en 2020, en 2021 et de manière quasi certaine en 2022. »

– Le même préfet qui a choisi les lauréats du fonds vert a signé l’autorisation d’agrandir l’aéroport de Lesquin qui suscite une vive opposition.

N’est-ce pas un projet anachronique ? « Nous devons aller vers des mobilités décarbonées, redonner la priorité au ferroviaire, au vélo, aux transports en commun. Nous avons présenté un plan vélo de 2 milliards et la Première ministre a annoncé 100 milliards pour le ferroviaire. Mais dans le même temps, il faut aussi trouver une forme d’équilibre.

Et en l’espèce, ce sont avant tout des travaux de modernisation et de sûreté qui concernent l’aéroport de Lesquin plutôt que des travaux d’agrandissement. Et c’est un peu la même chose pour la mise à deux fois deux voies de la RN2. Quand vous voyez le taux d’accidentologie sur cette route, vous comprenez la nécessité de sortir du statu quo.

» – Un rapport parlementaire préconise de généraliser une tarification progressive de l’eau, tel qu’elle est pratiquée à Dunkerque. Qu’en dites-vous ? « Le prix de l’eau est fixé par les collectivités, mais nous allons demander au CESE (Conseil économique social et environnemental) de faire une sorte d’état de l’art sur la progressivité des tarifs car je souhaite que les élus voient que c’est possible et qu’on liste toutes les raisons pour lesquelles c’est souhaitable pour des raisons climatiques et sociales. » – Comment le ministre de l’Écologie réagit aux déclarations de Marine Le Pen qui a avancé au Havre le 1er mai qu’elle incarnait depuis dix ans la « vraie écologie » ? « C’est tellement ahurissant.

Vous pouvez relire ses 22 propositions pour la présidentielle, aucune ne parle d’écologie. Et aller oser dire que vous incarnez l’écologie quand les mesures auxquelles les Français vous associent, c’est le démantèlement des éoliennes et la nationalisation des autoroutes pour pouvoir en baisser les prix… Une fois de plus, il y a un tel décalage entre le discours et les solutions que le RN incarne et propose. »