Montpellier : "Les commerces c'est la vie parce que le commerce c'est la ville".


Publié le 23 Nov 22 à 11 :39 

Métropolitain

Voir mon actu

Suivre ce média

Les fêtes de fin d’année sont une période cruciale pour les commerçants., en précisant les stratégies mise en place.

Un Livre Blanc de la CCI

Depuis plusieurs mois, les travaux de rénovation de la place de la Comédie, la réalisation de la ligne 5 de tramway et les modifications du plan de circulation de la ville n’ont cessé de provoquer questionnements, inquiétudes et parfois colères. Consciente des différents impacts sur l’activité des commerces du centre-ville de Montpellier.« Certaines réponses, avec un travail en commun, sont déjà en route. D’autres sont plus longues à mettre en place et c’est normal » a pointé récemment André Deljarry. Le président de la CCI Hérault plaide toujours pour l’apaisement en mettant en avant un contexte plus global : « On ne peut pas occulter les problématiques au niveau national avec la baisse du pouvoir d’achat, l’inflation, la crise énergétique, un changement profond des mobilités… Ce sont d’ailleurs toutes les villes de France qui changent leurs mobilités ». Et d’appeler à voir plus loin : « Bien sûr. pour continuer à faire en sorte que Montpellier reste attractive. Les commerçants se battent au quotidien. il faut donc continuer à les accompagner, c’est ce que nous essayons de faire de la meilleure façon ».La Ville ayant fait appel à un cabinet pour travailler à améliorer l’attractivité du centre, André Deljarry tempère : « Tout le monde souhaiterait aller plus vite mais la rapidité nous fait parfois commettre des erreurs. La réflexion avec un cabinet permet de réaliser des choses définitives avec une action forte et réaliste permettant de répondre totalement à ce que nous avons écrit dans le Livre Blanc. C’est pour nous une bonne démarche mais il faut être maintenant rapide et agile dans les possibilités de nos demandes. Nous devons ensemble préserver cet écrin qu’est le centre-ville de Montpellier ».

« La question du commerce est prioritaire dans le mandat »

Conscients de la grogne, André Deljarry et Michaël Delafosse se voient régulièrement avec un état d’esprit commun. « Nous n’avons pas été élus à nos postes respectifs pour plaire à tout le monde mais pour répondre aux choses importantes que sont l’attractivité et l’animation de la Ville de Montpellier » confiait le président de la CCI. Michaël Delafosse abonde : « Si on est élu pour plaire cela veut dire que l’on n’est pas élu pour faire. Nous, nous avons été élus pour faire et nous faisons des choix ».

André Deljarry, Marcel Salerno et Michaël Delafosse, trois hommes importants pour le commerce du centre-ville de Montpellier./. « La question du commerce est prioritaire dans le mandat qui est le mien. Je rappelle avoir fait annuler le projet de méga centre commercial Shopping Promenade de 110 000m2 en périphérie de la ville, deux fois la taille d’Odysseum sur l’avenue de la mer. On essaye de faire en sorte que la place de la Comédie revienne au coeur de la carte, qu’elle soit un lieu de rencontre, de partage et de vitalité des commerces. Les commerces c’est la vie parce que le commerce c’est la ville. Nous nous efforçons de les soutenir. Je pense que si nous avions laissé faire, nous n’aurions pas la même fréquentation du centre-ville » pointe Michaël Delafosse.Quand certains avancent un état des lieux catastrophique, le maire les balaye en s’appuyant sur plusieurs données : 4 millions de visiteurs dans le centre historique de Montpellier entre janvier et août selon MyTraffic, 800 000 nuitées supplémentaires par rapport à 2019 qui était une année record, programme du Corum complet jusqu’en juin prochain… « Nous avons du monde et beaucoup de prestige » souligne-t-il en mettant en avant également la récente session du Conseil constitutionnel, le sommet européen des ministres des Affaires étrangères ou encore la venue par deux fois du président de la République… en glissant au passage qu’Emmanuel Macron pourrait prochainement revenir à Montpellier.Vidéos : en ce moment sur Actu

Une période cruciale

Pour l’heure, ce sont d’abord les fêtes de fin d’année qui s’annoncent. Et pas question de les laisser de côté ou de sombrer dans une certaine morosité. Dès ce week-end, Coeur de Ville en Lumières, les illuminations, le marché de Noël et, le week-end suivant les Fééries du Peyrou, feront rentrer Montpellier dans cette période cruciale pour les commerçants dont beaucoup réalisent 25% de leur chiffre d’affaires annuel. Des commerçants qui, à travers leurs associations et notamment le Comité Plein Centre porté par la CCI Hérault, organiseront de nombreuses animations pour faire du centre-ville de Montpellier une destination shopping incontournable à l’approche des fêtes. dont le fond de commerce a été acquis récemment aux enchères par la SERM, a été proposé aux Nouvelles Grisettes, offrant ainsi une incroyable visibilité durant les fêtes à une trentaine de créateurs d’Occitanie. Pendant six mois, le lieu servira encore de pop-up store avec d’autres marques avant de trouver un locataire tout autre.« Nous sommes dans un fonds de commerce mythique au propriétaire légendaire, Marcel Salerno, dont la responsabilité de le faire vivre, en lien avec le propriétaire, est aujourd’hui à la SERM. Tout cela doit aller vite. Avant d’aller ferrer d’autres enseignes pour avoir quelque chose d’extrêmement qualitatif dans la durée, nous sommes allés chercher une très belle énergie de la ville » précisait Michaël Delafosse lors du lancement du pop-up store des Nouvelles Grisettes.Le maire, qui n’indiquera pas le loyer accordé, complète : « Tout cela est allé très vite, on a pu le faire en bonne intelligence car il n’y a rien de pire qu’une enseigne fermée ». À ses côtés, loin de la colère témoignée à l’issue de la vente aux enchères désormais sans doute ravi d’avoir trouvé en la SERM un locataire solvable, Marcel Salerno, pleinement concerné par la question, acquiesce ces propos.

Des commerces indésirables

Par cette opération, Michaël Delafosse envoie également un signal. « Suite au Livret Blanc remis par le président Deljarry, nous avons une demande très forte de traiter la vacance commerciale. Nous renforçons le droit de préemption urbain et nous allons nous doter d’une foncière commerciale pour en faire en sorte de ne pas laisser n’importe quoi s’installer n’importe où » appuie-t-il.Depuis quelques mois, le maire de Montpellier ne cache pas sa colère quant à certaines activités. « En ce moment, il y a des commerces qui ne font pas du bien à la ville. Deux dark stores et des épiceries de nuit sont des points de nuisance. Avec le préfet Moutouh, avec qui nous travaillons très bien sur ces sujets, nous procédons à des fermetures administratives de commerces qui déqualifient notre ville. D’ailleurs, personne ne s’est intéressé sur comment on a pu autant les laisser prospérer » interroge-t-il.

Aller chercher les grandes enseignes

Malgré les valeurs véhiculées et la symbolique affichée, le pop-up store des Nouvelles Grisettes n’affiche pas le prestige attendu dans un tel emplacement. Goûtant peu aux hamburgers et autres kebabs, Michaël Delafosse vise une certaine qualité de commerce. Afin de prospecter, la Métropole de Montpellier sera désormais présente dans les salons spécialisés où se rencontrent les grandes enseignes. « Nous allons dans les salons de tourisme ou d’urbanisme mais nous sommes inexistants dans ce type de lieu pourtant nous ne manquons pas d’arguments pour en faire venir » constatait Michaël Delafosse.Une fois les fêtes passées, que tous espèrent pleinement réussies, une campagne d’attractivité des commerçants du centre-ville sera menée par la Ville. « Nous sommes pleinement mobilisés même si le contexte est plombant et malgré les difficultés que peuvent rencontrer les uns et les autres mais, raison de plus, la résignation n’appartient pas à notre registre de sentiments » lance le maire.Cet article vous a été utile ? Sachez que vous pouvez suivre Métropolitain dans l’espace Mon Actu. En un clic, après inscription, vous y retrouverez toute l’actualité de vos villes et marques favorites.