Napoléon ou la France ivre de sa puissance


Deux siècles, presque jour pour jour après la mort de Napoléon, le 5 mai 1821, quels enseignements géopolitiques peut-on tirer de son « aventure », et ceci sans tomber dans la nostalgie ou l’anachronisme ?«J’ai refermé le gouffre anarchique et débrouillé le chaos. J’ai ennobli les peuples et raffermi les rois. J’ai excité toutes les émulations, récompensé tous les mérites, et reculé les limites de la gloire  ! » Dans « Le Mémorial de Saint Hélène » qui contient les propos de l’empereur recueillis par le comte de Las Cases, Napoléon n’est guère porté à l’autocritique.

En réalité, en particulier sur le plan international, son bilan est nettement moins flatteur. Il suffit de comparer les cartes de l’Europe en 1815 après la fin du Congrès de Vienne, et en 1789 à la veille de la Révolution française. Les frontières de la France se sont simplement rétrécies.

Napoléon ou la France ivre de sa puissance

Certes pas de manière considérable. L’objectif du Congrès de Vienne était – pour plagier la célèbre formule sur l’Otan de Lord Ismay (son premier Secrétaire général) – de garder la Grande-Bretagne « in », la Russie « out » et la France « down », mais pas humiliée.